Headkase - The Worm County Circus

chronique Headkase - The Worm County Circus

Ça va bien faire dans les 2 ans déjà (« seulement » devrait-on dire si on était un peu honnêtes…) que la mission exploratrice CoreAndCo a découvert en l’Australie une corne d'abondance insoupçonnée regorgeant de groupes de metal aussi barrés qu’originaux. Umläut, Darth Vegas, Toehider, BaK, Flatstick, Twelve Foot Ninja, Shanghai, The Senseless… On arrête là la séance de name dropping parce qu’il y aurait de quoi faire tourner les têtes... Et on sait bien que tu as le cou fragile ami lecteur. En plus on a beau gratter l’emballage, secouer le cocotier, rien n’y fait: pas un poil de médiocrité là-dedans. Bordel, c’est quoi leur secret? Le surf? Le boomrang? A moins que ce ne soit le fait de marcher sur la tête?

 

Mais la fée Statistiques veille au grain: elle ne pouvait laisser plus longtemps impunie cette série ininterrompue de nawakeries "qualité premium" sans le moindre accroc. Il manquait l’exception qui confirmerait la règle, le vilain petit canard boiteux, le grain de sable dans le lubrifiant. Et ce manque, c’est Headkase qui a la tâche ingrate de le combler.

 

 

--------------------------------- INTERRUPTION MOMENTANEE DE VOTRE CHRONIQUE ---------------------------------

Alors là, c'est sûr: le lecteur a une envie folle de continuer à perdre son temps à lire une chronique consacrée à un album qui semble tout sauf intéressant… Ami chroniqueur en herbe, profite de ce loupé pour retenir une leçon importante: ne jamais trop déprécier un album / un groupe en début de chronique, parce que tu risques fort de te tirer une balle dans le pied en plus de celle logée dans le dos du groupe. Il faut du suspense, du sexe, de l’aventure pour retenir le lecteur. Et là c’est mal barré. Bon, tirons sur le manche et tentons de redresser la situation…

--------------------------------- RETOUR AU COURS CLASSIQUE DE VOTRE CHRONIQUE ---------------------------------

 

 

Sauf que s’arrêter à ce jugement, ce serait un peu comme de jeter une canette de bière à moitié pleine. Car il y a du bon chez ces six australiens. A commencer par un batteur officiant également chez The Berzerker, et une expérience scénique certaine – en première partie de (Hed)P.E., Killing Joke ou encore Skinlab. Et puis avec 12 ans d’expérience au compteur et un premier EP sorti en 2001, on aurait pu s’attendre à ce que The Worm County Circus, leur premier album, propose une musique quelque peu réfléchie. Sauf qu’il y a 3 points qui pèchent, relativement interconnectés les uns aux autres d'ailleurs: 1) le son de ce premier album – autoproduit, je le rappelle – est franchement brouillon. Rien de rédhibitoire, m’enfin bon, bof bof... Et le mix n’arrange pas les choses vu le tord qu’il fait régulièrement à la guitare lead en la laissant se faire manger par – et hop, j’en profite pour passer au 2e problème – 2) un synthé au son fréquemment irritant, dont les parties sont trop souvent basiques, voire grossières. Là, comme ça c’est dit. 3) Dernière faiblesse notable: tout ça sonne terriblement « d’jeunz », malgré l’expérience accumulée. Et cela se traduit notamment dans le parti pris stylistique qui est de passer à la moulinette nawak (jusqu’ici tout va bien…) une sorte de Slipknot-teen-core particulièrement rugueux – et de fait à mille lieux de la sophistication des groupes cités en tête de chronique. Et j’y tiens: ce jugement est purement musical. Le fait qu’un membre du groupe se trimbale avec un maque de clown et qu’un autre arbore un maquillage rasta-zombie n’influe en rien sur ces propos.

 

Dès lors, comprenez que, après avoir lu que le groupe est généralement comparé à Mr Bungle et Dog Fashion Disco, entendre ce type de coreries pubères, ça déçoive un brin…

 

N’empêche, en plus d’avoir fait le choix d’officier dans la sphère du metal barré – ce qui attirera toujours ma sympathie, soyons clair là-dessus –, le groupe se fend quand même de quelques morceaux franchement bons. Eh oui, malgré tout. Notamment l’excellent « Cocaine And Caffeine » qui rappelle agréablement les excellents Ninjaspy, la touche Bunglo-mexicaine en plus (… et le final Slipknotien en moins…). Autre bon petit carton, « Déjà Vu » commence tout d'abord par irriter – ce chant qui part dans des aigus réguliers, ce clavier à la Charlie Oleg, au début ça grrrrrrr – avant de se révéler complètement addictif. Le groupe a de plus l’intelligence de finir son album sur 2 morceaux qui, s’ils ne réussissent pas  totalement à s’extraire de tous ces automatismes teen-coriens qui m’escagassent méchamment, restent bien dans le crâne – notamment le « Eatin’ or reapin’ or eatin’ or lickin’… eatin’ the flesh-flesh! » de « Hannibal Licked Her »(ouarf) et la petite mélodie néo basique mais efficace de « Come Alive! ».

 

Si vous rêviez d’une version nawak de Slipknot, agenouillez-vous et remerciez les dieux du Barjot-core: Headkase arrive pour exaucer vos vœux les plus fous. Dans tous les autres cas, on constatera que le groupe a certes là une matière première riche en possibilités, mais qu’il reste encore à affiner tout ça au rabot, voire à la disqueuse. M’enfin en début de chronique, on parlait de « vilain petit canard »… Qui sait si Headkase ne finira pas par se transformer en un grand et beau cygne nawak metal?

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courteThe Worm County Circus propose une version nawak de la musique de Slipknot, à laquelle s'ajoute un synthé plus proéminent qu’éminent, le tout enveloppé dans un emballage sonore bien râpeux. Pas alléchant à première vue, mais des morceaux comme « Cocaine And Caffeine » et « Déjà Vu » montrent un potentiel certain…

photo de Cglaume
le 01/04/2013

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 01/04/2013 à 18:03:14

Je note, je note.
Alors : suspense, sexe (c'est là qu'on tire sur le manche ?), aventure, ... manque émotion et saucisse de Toulouse, faut toujours de la saucisse de Toulouse en toute occasion.

cglaume

cglaume le 01/04/2013 à 20:15:27

... Putain t'as raison: j'ai oublié la saucisse de Toulouse... :/

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 01/04/2013 à 21:47:38

t'es vraiment trop sympa, comme mec

cglaume

cglaume le 01/04/2013 à 23:14:12

Tu connais l'album d'où ? C'est pas non plus comme si c'était un gros groupe... (T'es vraiment dur comme mec :))) )

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 02/04/2013 à 01:46:18

héhé, ton texte m'a poussé à pousser, le myspace et les différents mp3 que j'ai pu trouver m'ont fait chier, voilà...
déjà qu'à l'époque de ICP je trouvais les masques ringards, alors là!
respect pour ne pas tomber dans le thrash talking pour ce genre de machin quand même!

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