Highlord - Hic Sunt Leones

Highlord - "Hic Sunt Leones"
chronique Highlord - Hic Sunt Leones

Jusqu’ici on avait essayé de le cacher. Parce qu'honnêtement, ça le fait moyen sur un site mettant aussi explicitement en avant le mot « Core »... Un peu comme de travailler dans une crèche et de collectionner les godemichets SM. Ou d'être un parti écolo et de ne pas pratiquer le tri sélectif en balançant les déchets encombrants dans les poubelles adéquates de l'Assemblée. Bref, les uns, les autres, pas tous mais quand même: on est un certain nombre sur CoreAndCo à apprécier le bon vieux Heavy Metal des familles. On en a causé l’air de rien, via des groupes métissés comme Exmortus ou Crimson Shadows. On a joué la nostalgie trémolo-ïsante en vous ressortant les vieux Iron Maiden et Manowar. On a honteusement profité de la sortie de The Book of Souls ainsi que de la réédition du premier Gamma Ray. Et puis merde quoi: c’est qu’on s’est encore pris de bonnes grosses claques récemment, notamment avec le très bon Journey into Fear de Deaf Dealer. Alors vivons la tête haute, assumons nos penchants sans plus rougir, et acceptons avec l’assurance du juste ce promo de Highlord... Taïaut!

 

… Mouais, du coup ce n’était peut-être pas ZE album pour un coming out réussi. Pourtant sur le papier, c’était du tout cuit. Parce que ce Hic Sunt Leones est quand même le 8e album d’un vétéran italien œuvrant depuis 1998 pour la cause du Power/Heavy metal, qu’il a été adoubé par Massacre Records, et que quelques invités de marque on fait confiance à la formation (Apollo Papathanasio – Firewind, Spiritual Beggars – et Linnea Vikström – Therion).

 

Alors, bien ou bien?

 

Bah non, pas bien. Et pas seulement parce que les trémolos précieux et un peu pincés de Andrea Marchisio ont tendance à agacer, et que la grandiloquence de la musique brasse un peu trop le sucre et les couleurs vives. Après tout c’est toute une branche du genre qui veut ça. Et puis si l’on n’a pas peur de s’enfiler la discographie d’Angra ou de Gamma Ray, pourquoi ferait-on le trve viking of death devant l’étalage à confiseries de Highlord? Non ici les problèmes sont plus gênants encore. Comme ce synthé sucre candi qui ruine les efforts de la 6-cordes sur nombre de titres (« One World at a Time », « Let There Be Fire »…). Comme cette prod’ touffue mais trop peu claire, qui donne parfois l’impression qu’un chiffon humide a été déployé autour de nos enceintes. Comme ces tentatives récurrentes et pitoyables d’incorporer du growl à la recette (on est TRES loin d’Into Eternity!). Comme ces trop nombreux moments limite embarrassants où l’on se demande si la date de péremption des vétérans ne seraient pas un peu dépassée des fois (le « Whouuuuuu-Houuuuu » et les premiers pas chantés au sein de « Let There Be Fire ». Les clichés barbe-à-papa – putain le final! – de « Once Were Immortal »…).

 

Oh c’est sûr, on trouvera du monde pour apprécier « Be King or Be Killed » et son riff old-Metallica, l’accroche inaltérée de « Let There Be Fire » (… « inaltérée » malgré les nombreux éléments perturbateurs qui tirent la compo vers le bas), un morceau-titre mieux balancé que la moyenne, et « I've Chosen My Poison » qu’une attitude plus nettement Hard Rock et un clavier plus en retrait contribuent à rendre sympathique. M’enfin je vous parie un forfait 24 mois d’entretien de sonotone que si vous découvrez comme moi Highlord avec cet opus, celui-ci ne vous donnera pas envie d’aller fouiner dans le passé d’un ancien combattant qui sonne définitivement plus ancien et « com-» que battant.

 

… Finalement pas sûr qu’on inonde ces colonnes de Heavy va-t-en-guerre et de Power la-main-sur-le-cœur. Bon, il est où mon CD de California déjà?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: synthé sucré + chant endimanché + growl mité + son étouffé + compos cliché = enthousiasme douché! Il faut être un Heavy/Power addict vraiment très accommodant pour prendre son pied sur le 8e album des Italiens de Highlord.

photo de Cglaume
le 15/06/2016

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