Knives Out! - Black Mass Hysteria

Chronique CD album (36:34)

chronique Knives Out! - Black Mass Hysteria

Ça doit commencer à se voir, à force, qu'on aime messieurs Todd Smith et Jasan Stepp sur CoreAndCo. Il n'y a qu'à voir la quantité d'albums de Dog Fashion Disco et de Polkadot Cadaver chroniqués en ces pages... Il était donc temps de s'intéresser à un autre de ces groupes au sein desquels les deux compères jouent un rôle central: Knives Out!. Présenté à l'époque comme la formation avec laquelle ils ont enregistré leurs morceaux les plus extrêmes, la chose avait de quoi allécher. Pour cette nouvelle aventure, les Bud Spencer et Terence Hill du Nawak se sont acoquinés avec Tom Maxwell (guitariste de Hellyeah, super groupe dans lequel il côtoie Chad Gray de Mudvayne, Roy Mayorga, et jusqu'en 2018 Vinnie Paul), Tommy Sickles (batteur de Nothingface... moi non plus je ne connaissais pas) et David Cullen (bassiste de Polkadot Cadaver, on reste en famille). Et comme cela est écrit plus haut, à côté de la pochette – enfin si Pidji, notre webmaster, n'a pas à nouveau changé le look du zine quand vous lirez ces lignes –, cette association de bienfaiteurs a choisi le registre « Psycho Groove Metal » pour malmener nos enceintes et cavités auriculaires.

 

« Psycho », donc, parce que Todd est plus malsain et énervé que jamais. On sent que l'animal est fâché-tout-rouge, et que ça le démange sévère de s'extirper de sa camisole pour nous agrandir le sourire avec un scalpel. Et « Groove Metal » parce que c'est ce genre musclé et direct, popularisé par Pantera, que nous évoque principalement Black Mass Hysteria, le premier album du groupe. Un Groove Metal cradingue, abrasif, vicelard et brûlant. Et au-delà de la bande à Phil Anselmo, outre Polkadot Cadaver – forcément, avec cette voix – c'est à beaucoup des ténors de la fin des 90s que l'on pense plus ou moins durablement, au fur et à mesure que défilent les 9 morceaux: le Sepultura de Roots, les saccades massives de Fear Factory, la rondeur mécanique de Prong... Jusqu'au assauts Indus de Ministry, qu'évoque immanquablement le tout début de « Swollen Mistress ». Bref: on sent qu'on a plus affaire à des vieux lions nostalgiques (… mais combatifs) qu'à des petits chatons élevés dans le panier moderne du Djent. Et bien que les riffs suintent le meurtre crapuleux et que nombre de moments retors donnent l'impression de se retrouver piégé dans le wagon d'un train fantôme en compagnie du Joker, l'album possède également un net grain Hardcore – ces mosh parts, ces chœurs en support – qui renforce l'impression que la colère est à tout moment prête à culminer en une brutale explosion de violence.

 

Pour autant, cette version non Nawak et musclée de Polkadot Cadaver échoue à nous combler complètement. Éprouvante mais pas suffisamment séductrice pour nous pousser à y revenir régulièrement, l'aventure a beau être intéressante, elle n'est pas aussi captivante que sur les meilleurs albums composés par la paire. Souvent rebrousse-poils, comme hérissés d'échardes, beaucoup de morceaux ne brillent souvent que grâce à leur efficace refrain, comme « Surrounded By Demons », « Blood Everywhere » ou celui très remonté de « Swollen Mistress ». Par contre, à contre-courant de ce discours désabusé, un « Hysteria » se révèle superbement virulent, varié, profond et inspiré, ce qui donne à ce titre de faux airs d'un tube échappé d'un album du cadavre à pois. A lui tout seul il fait de Black Mass Hysteria un « must have » pour les fans de Purgatory Dance Party et Last Call in Jonestown.

 

Ni chef d’œuvre incontournable, ni bouse décevante, ce premier album longue durée – qui sera suivi par un 2e, Left in the Lurch, 4 ans plus tard – s'avère sympa, bien dérangé, « fucking hostile », mais pas non plus référentiel. On recommandera aux béotiens de découvrir l'univers de Todd Smith et Jasan Stepp en commençant par les 2 albums cités à la fin du paragraphe précédent. Les fans confirmés peuvent quant à eux assister à cette messe noire: ils pourront y glaner quelques raisons supplémentaires d'admirer les 2 grands-prêtres du Psycho Nawak à l'américaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: sur le premier album de Knives Out! (side-project monté avec des membres de Hellyeah et Nothingface), Todd Smith et Jasan Stepp se révèlent plus hostiles que jamais: le sourire est plus mauvais, la lame plus rouillée... Pas de trace du Nawak de Dog Fashion Disco et Polkadot Cadaver dans ce Groove Metal vicelard et granuleux. Du coup, sans être non plus tue-l'amour, ces excès de violence tortueuse échouent à nous séduire autant que le reste de la discographie des deux zigotos. Mais ne vous méprenez pas: le coup d’œil – et d'oreille – vaut néanmoins largement le coup.

photo de Cglaume
le 11/12/2019

1 COMMENTAIRE

PogoTiM

PogoTiM le 14/12/2019 à 15:12:12

Indomptable et sauvage. Ca fait du bien ça décrasse un bon coup !
Pour les références je rajouterai un Annihilator qui a lâché les chiens ;)

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