Kruger - Redemption Through Looseness

Chronique CD album (47 minutes)

chronique Kruger - Redemption Through Looseness
«Tiens, prends ça dans ta gueule !!!». Voilà la phrase qui résume le mieux le troisième et nouvel album des Suisses de Kruger. Après un «Cattle Truck» déjà bien burné et qui vous dézinguait bien les cervicales, les cinq Lausannois ont enfoncé le pied au plancher et nous livrent un album, que dis-je, un rouleau compresseur du tonnerre de dieu.

Toujours dans une lignée proche du sludge d’Eyehategode ou d’un metalcore original, le groupe prouve encore à travers ce cd ses goûts prononcés pour le post-hardcore hérité de Breach ou encore des débuts de Cult Of Luna. Mais les sonorités post-hardcore sont moins rémanentes ici qu’elles ne l’étaient sur «Cattle Truck» et les morceaux s’avèrent donc être beaucoup plus brutaux et directs. Le groupe met le pied au plancher tout au long de l’album, et les rares moments d’accalmie sont brèves et ne permettent que très peu le répit de l’auditeur. Nos petites cages à miel vont en prendre un sacré coup, et ce déjà grâce à la performance du batteur toujours aussi bon et bous gratifiant d’un jeu intense et varié (sacrée double pédale). Le chanteur est encore au top, avec son timbre proche de celui du chanteur de Neurosis, et alternant passages lourds et plus mélodiques avec toujours ce timbre bien gras. Sans oublier une basse plus présente et plus ronde qu’avant, deux guitaristes frénétiques et mélodiques à la fois et un son général légèrement plus gras et brut qu’auparavant donnant cette ambiance glauque et malsaine. Bref tout est mis en œuvre pour nous offrir un album explosif et dangereux pour nos oreilles.

L’album pourrait être coupé en trois parties, une première brutale et destructive, une seconde bien plus calme laissant la place aux influences post-hardcore du groupe et une troisième mixant un peu les deux rappelant le précédent opus.
J’avais dit plus brutal, et je reconfirme. Rien que le début avec «Ammunition Matters» sonne le glas de vos cervicales, c’est l’explosion de décibels et les rares moments où le groupe reprend son souffle sont bien courts, surtout qu’ensuite, ça repart de plus belles. Le second morceau sonne très sludge, avec un son de voix très enfumé et lointain, et une batterie plus qu’imposante. «The Graveyard Party» s’enchaine directement et nous accroche directement la tête au mur avec son break basse/batterie et ses paroles éructées. Trois premiers morceaux constituant un véritable bloc de béton armé qui vient heurter votre tête. Le groupe commence à reprendre son souffle à partir de «Hummers Vs Pedestrians», titre se rapprochant des débuts de Cult Of Luna tout en gardant un son de guitare plus clair. «Holy Fire» fait son entrée, et enfin, on respire. Morceau de plus de huit minutes, ayant des faux airs d’Isis, avec ses guitares aériennes, et des passages instrumentaux de toute beauté. «Army Of Lovers» vient ensuite faire la transition entre le post-hardcore précédent et le sludge du début. Débutant lentement, le morceau se fait de plus en plus tendu et le dénouement se montre bien vite, dans un fracas sonore, déluge de décibels du plus bel effet tout en gardant une mélodie discernable tout au long du titre. Passer «War and Wine», titre rouleau compresseur par excellence, à la fin apocalyptique, on arrive au furieux «Cowboy Song» presque rock’n’roll, mais un rock’n’roll extrêmement lourd de deux minutes et demi. Rock’n’roll de part une basse groovy et des riffs très entraînant. L’album se clôture sur le long et sombre «Crusaders», qui en un titre, résume tout l’album. Mix parfait entre la lourdeur et la saleté d’un sludge, le côté violent et expéditif du metalcore, la mélodie et la tension du post-hardcore.

L’album se termine, on est assommé et époustouflé à la fois. Nos oreilles sont réduites à néant, certes, mais quel pied quand même. Kruger réédite l’exploit de «Cattle Truck», un album riche, dense et déboussolant. Loin de la copie conforme du précédent, ce «Redemption Through Looseness» se veut plus brutal et encore plus homogène que son grand frère. Album indispensable.
photo de DreamBrother
le 15/03/2007

5 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 16/03/2007 à 17:58:34

Perso je trouve la voix un peu monotone

mat(taw)

mat(taw) le 16/03/2007 à 23:40:49

nan tu voulais dire monoCORDE...nan?

Sam

Sam le 17/03/2007 à 08:33:38

Certes cet album est beaucoup plus rentre dedans et brutal, mais a force de vouloir trop faire de démonstration ça part trop dans tous les sens, et au final c'est pas beau! Des solis qui font mal aux oreilles et qui n'ont pas leurs places, des voix en-veux-tu-en-voilà qui deviennent vraiment rébarbatives, on ne retient pas grand-chose si ce n’est le batteur qui (se) fait vraiment plaisir (et ils ont là un sacré atout!). Pour moi Kruger ne réédite pas l’exploit de «Cattle Truck», ce dernier était bien plus posé et assumé. Je ne retiendrai que «Ammunition Matters», qui aurait largement pu se dispenser de sa très courte intro (sur-cliché sorti tout droite des 80’s, combien de groupes de hip-hop s’en sont accaparé ?) qui connote avec l’ensemble de l’album. Une déception pour ma part... un gros sont ne fait pas un bon album.

Sam

Sam le 17/03/2007 à 10:40:51

"un gros SON..."
arffff les fautes d'ortographe...

Bassfan

Bassfan le 22/10/2007 à 00:43:03

Splendide. Un groupe qui ne prend pas de rides et qui garde un son monstrueux pour le plus grand plaisir des oreilles. En live, c'est un événement à vivre absolument. En album, il faut l'écouter à boulé. L'effet est saisissant. Absolument parfait.

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