Les Modules Etranges - Dusk

Chronique CD album (40:33)

chronique Les Modules Etranges - Dusk

Après un très convaincant cinquième opus Socially Awkward paru en 2012 et narré ici-même, les nantais nous avaient laisser sur une poignée de titres, dont un très bon « We want blood » en mode 45t translucide ; et quelques égarements personnels sur les réseaux sociaux dont le groupe est très friand.
Si on pouvait les lire à satiété, on attendait plus vraiment de nouvelles musicales.
Dusk qui voit le jour cette année est un album à part dans leur discographie, les auteurs insistent sur ce point. Une première écoute ne peut que leur donner raison.

 

Dusk repose sur le choix du seul Jenn (à l'exception de deux titres), aux commandes à l'époque des enregistrements, qui se fait fort de proposer un échantillon varié et de multiples reflets à ses envies de compositions. Il choisit également de proposer ses titres à différents interprètes. Thalie Némésis, self made goth-rock woman ; Banshee Xuân de Volva Circles, groupe Heavenly/Cold-wave ; le pétrolifère texan fantomatique Frozen In Monochrome ; la dilettante californienne Maren Northway (Countess M) ; l'activiste Charlize Ann Myers (vu aux côtés de Madame B) ; et Nix Crow (Internal Autonomy). Les travaux récoltés sont remis dans les mains de Alex de Internal Autonomy, compagnon de route de longue date – les gallois ont démarrés en 1986 – de Jenn. On trouve une reprise de IA sur Socially Awkward.

 

Effectivement la production de l'ensemble des titres est intéressante et pertinente. Qu'importe si les titres ont été enregistrés, triturés, uploadés, compressés, formatés dans des conditions improbables, le produit rendu fonctionne d'une seule pièce. La volonté de l'auteur de varier les plaisirs et laisser divaguer ses idées, et respectée dans l'esprit et à la lettre.
Des relents punks aux coups de boule indus en passant par des respirations trippées (-hop), le catalogue est vaste. Les 40 minutes semblent courtes pour mesurer les libertés adoptées par l'auteur. Là, où on pouvait s'attendre à des ajouts additionnels, de simples featuring, les chanteuses et chanteurs proposent pour chaque titre un micro-univers propre donnant à l'opus des allures de compilations ou de playlists. Les différents chants renforçant cette impression.

 

Entre-temps, le groupe s'est ressoudé autour du binôme Azia/Jenn. Dusk aurait du être un chant du cygne, un tour du proprio avant de remettre les clés. Il apparaît comme une oeuvre unique, forgée pour durer... c'est là que réside tout le paradoxe de ces modules bien étranges.  

photo de Eric D-Toorop
le 20/02/2016

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