Les Modules Etranges - Unheeded Monologue

Chronique Vinyle 12" (33:47)

chronique Les Modules Etranges - Unheeded Monologue

Quelques années après la sortie du brillant Socially Awkward, le duo déchiré breton allait se rependre une dernière fois dans leur coucherie souvent chahutée. Je me souviens écrire en 2013, que le groupe a claqué la porte, toutes affaires cessantes. Et 2 ans plus tard de nous sortir un diptyque (Dusk et Dawn) qui compte parmi leurs meilleures productions.

Unheeded Monologue sera la dernière incarnation (?) du duo à voir le jour et probablement un aboutissement pour chacune des parties prenantes.

Un pan de l'histoire de l'entité repose complètement sur les épaules nues et griffées du couple Azia (Justine)/Jenn (Stéphane).

Tour à tour, des allers-retours, des effleurements, des coups de poings dans la porte, des clés jetées au visage, de l'alcool et du sexe forts, des pleurs, des cris, pour un couple en mode Sailor et Lula façon bondage sans jamais savoir qui domine qui.

Pour cet opus, le groupe prend ses aises en commençant justement par s'afficher en tant que groupe, en accueillant un batteur bien à son affaire et un bassiste toujours solidaire. Azia incarne les titres jusque dans ses respirations tandis que Jenn semble s'amuser à revisiter ses disques préférés, sur des riffs nets et texturés.

 

« Unheeded Monologue » qui ouvre l'album rappelle que les années 80 n'étaient pas que synthétiques. Le titre est sale, comme pourrait l'être un Sonic Youth période Daydream Nation. «The Great Imitator II » a tout pour devenir un hymne tout en traînant cette mélancolie. « Outcast » est la belle surprise de l'album, un titre lancinant, riche, recentré sur la force du duo période « Sad Partying People » du premier opus. « Dark Age » qui referme la face A du vinyle, libère la mélancolie qui règne sur le disque, le groupe, au moment des enregistrements.

 

« Nocebo » ouvre la face B en mode volontaire sur base de riffs plus subtils et décidés. « Such Distance » approche le côté pop du groupe, une pop façon The Cure époque Kiss me Kiss me Kiss me quand Robert Smith s'amuser à changer de registre à chaque titre. « Billiary Obstruction » en réponse à « Outcast » de la face A. En terminus, « Ghost affliction » sonne comme un titre fin d'une époque, leur époque de duo, musicalement, les barrières cèdent aux envies. Belle manière de refermer un chapitre.

 

Le contenu a beau être chiche, 3 titres sur 8 sont « revisités », Unheeded Monologue forme un tout convaincant dans la continuité. La fougue d'un Socially Awkward est révolue, la qualité des titres est bien là, l'envie sans doute moins.

 

 

ndla: Cet album marque la fin d'un cycle. L'histoire, elle, continue...

 

 

photo de Eric D-Toorop
le 03/10/2020

1 COMMENTAIRE

Osiris

Osiris le 04/10/2020 à 20:26:56

Merci pour cette chronique et de l'intérêt que vous portez à notre musique. Je tiens à rectifier deux ou trois détails sans importance : l'album a été enregistré à Nantes et les batteries dans un studio professionnel non loin d'ici en Vendée. Le bassiste qui a participé à la composition d'album n'était plus présent lors de la phase d'enregistrement. Le groupe n'a pas cessé ses activités et a sorti deux albums depuis le départ de notre ex-chanteuse. En vous souhaitant une bonne continuation.

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