Les Modules Etranges - Synaesthesis

Chronique CD album (50:16)

chronique Les Modules Etranges - Synaesthesis

Aldébaran, le précédent opus sorti en 2018, repoussait loin les marqueurs Cold-wave/Goth-Rock propre à l'entité et offrait une mue étonnante et décisive pour Les Modules Etranges à l'instar d'un Radiohead qui en son temps, avait surpris l'intelligentsia Pop-Rock avec un Kid A résolument anti-Ok Computer-.
Proposant un registre résolument cinématographique, en noir et blanc avec des gris prononcés. L'album s'affichait comme en points suspendus dans la discographie du binôme lui aussi renouvelé.

Ecouté et redécouvert tardivement par votre serviteur, Synaesthesis aurait du figurer en bonne place dans le top annuel proposé à notre bonne maison. C'est que dans une production annuelle d'albums, toujours plus fournie, ce 8e opus (11, si on compte les EP et un album de featuring) offre un vrai dépaysement. On voyage.

La notion de se réinventer, tellement galvaudé, prend, ici, tout son sens.

 

Avec Synaesthesis, Les Modules Etranges deviennent et grandissent. Dans le son, dans les textures, dans les expérimentations, tout semble plus riche. Comme Tool avec Aenima, Les Modules construisent une pièce aux multiples tiroirs. Puisant dans le folk brumeux, dans l'organique presque charnelle, dans l'Industriel allemand, dans les ritournelles enfantines, dans les percussions primitives, dans le souffle, le chant, les râles et les vieux synthés 70's, l'inspiration semble sans fin.

On devine que la réalisation, ardue, de l'album a été un vrai plaisir.

 

Synaesthesis côtoie Coil et les Residents, Punishment of Luxury le temps d'un « Cotton Candy » ou encore John Carpenter. Le tout croisant le chemin d'une guitare acoustique apaisante aux mélodies sibyllines. Avec tout ça l'ambient expérimental d'un The Orb n'est jamais loin.

 

Synaesthesis redéfinit la notion d'album, à l'heure où les morceaux défilent sur les services de streaming, où l'on parle de -Son – lorsque l'on évoque un titre. Les Modules Etranges propose un étrange (hé oui) concept album inspiré et inspirant comme dans les 70's, les pattes d'eph et les rouflaquettes en moins.

Brillant.

photo de Eric D-Toorop
le 06/03/2021

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