Misþyrming - Algleymi

Misþyrming - "Algleymi"
chronique Misþyrming - Algleymi

Islande, terre de feu. Islande, terre de (Black) Metal. La liste des groupes est étonnamment longue, pour une île aussi petite et une population aussi chiche : Abominor, Almyrkvi, Andavald (c’est tout frais), Asmodeus, Azoic, Carpe Noctem (nouvel album à l’automne), Draugsól, Dynfari, Helfró, Hoafst, Kontinuum, Morð, Nexion, Örmagna, Sinmara, Svartidauꝺi, Ulfúð, Zhrine, etc. Auðn, Solstafir et Svartidauði ne sont pas seuls ! L’Ascension Festival Iceland MMXIX a fait office de porte-voix pour quelques-uns de ces groupes. La première journée de ce fest a d’ailleurs été bouclée par une autre formation autochtone, désormais incontournable en Islande et en train d’asseoir depuis deux-trois ans une réelle réputation à l’internationale : MisÞyrming. Le quator a profité de l’occase pour présenter un set exclusif composé entièrement de leur nouvel album Algleymi, sorti le 24 mai chez Norma Evangelium Diaboli. Vu à Oslo lors du dernier Inferno, il a proposé une performance stratosphérique, d’une puissance et d’une énergie rarement vues. La claquasse.

 

MisÞyrming est jeune, né en 2013 à Reykjavik d’un projet solo, celui de D.G. qui s’occupait alors à la fois du chant, de la guitare et de la basse. Rejoint par H.R.H. à la batterie, D.G., également membre d’une kyrielle d’autres groupes (Martröð, Naðra, O(ISL), Núll, Skáphe, ….) et responsable du Vánagandr Label, sort son premier album Söngvar elds og óreiðu en 2015. Ce dernier est suivi en 2017 d’un split avec Sinmara, duquel ressort l’excellent « Hof ».

 

Grâce à la combinaison des talents de D.G. aux compositions et au chant (en islandais dans le texte*) et de Jamie Gomez Arellano à la production (son Orgone Studios a travaillé avec Ghost, Grave Pleasures, Myrkur, Orange Goblin, Oranssi Pazuzu, Paradise Lost, Ulver, Vltimas, …), Algleymi prend les traits d’une galette percluse de qualités. « Orgia » rassure de suite : la furie expressive et incontrôlable des deux précédentes sorties est toujours là, de même que son chant très caractéristique : criard, strident, dur, inquiétant. La troisième minute n’est qu’une pause, interrompue par des vagues de riffs agressifs et faussement dissonants. Le mix final n’offre aucune transition vers le deuxième morceau « Með Svipur á Lofti » (« With Whips Aloft »), un ptit bijou, avec la même pause qui se déchire deux minutes plus tard sur un passage ultra-rythmé et bien thrashos, duquel se dégage une énergie bestiale. Sept minutes géniales. Et c’est alors que le troisième morceau « Ísland, Steingelda Krummaskuð » (« Iceland, Castrated Dump ») te cueille de suite et te sort les tripes du bide pour te les foutre sur la table. C’est – comment dire ? – viscéral, où tes émotions sont condamnées à rester à vif tout du long. Et pas moyen d’en réchapper. Ces trois premiers titres proposent une densité musicale et rythmique que, personnellement, je n’ai que trop rarement entendu. Sans doute jamais…

 

« Hælið » (« The Asylum »), entièrement instrumental, étonne par l’association d’une guitare éthérée et d’une batterie volontairement sous-mixée, comme étouffée, qui donne à l’ensemble une belle profondeur. Ces 2 mn 30 permettent une ouverte fluide vers « Og er Haustið Líður Undir Lok » (« And When Autumn Ceases »), seul segment mid-tempo, plus mélodique, mais non moins intense et maîtrisé. On voit là une évolution intéressante - sans doute le résultat du passage de Terratur Possessions à NoEvDia - que l’on retrouve également parsemée dans « Allt Sem Eitt Sinn Blómstraði » (« Everything That Once Prospered ») et dans « Alsæla » (Ecstasy), où une rythmique plus lente et lancinante, plus orchestrée (clavier, samples), est habilement enchâssée dans des passages bien contendants au pur ADN Black Metal. Enfin, « Algleymi » (« Oblivion ») conclut l’album par du très lourd, tant la structure de ce morceau est réfléchie et complexe : une double entêtante et omniprésente accompagne des riffs cristallins magnifiés par un travail de prod remarquable. Du high level, moi j'vous le dis !

 

Vous vous en doutez peut-être à la lecture de ces lignes : Algleymi, véritable killer piece, massif et primitif, est mon « AOTY », en tout cas pour ce premier semestre 2019… Et de loin ! Et d’ailleurs, je me demande encore pourquoi je n’ai pas donné la note maximale. De la retenue malvenue, peut-être…

 

 

* une traduction en anglais est proposée dans le livret de l’album.

photo de Seisachtheion
le 04/07/2019

5 COMMENTAIRES

Vincent Bouvier

Vincent Bouvier le 04/07/2019 à 17:29:32

Je plussoie!
Il y a un aspect fortement "épique",non?

Ou est-ce moi qui souhaite le voir, du fait de leur origine islandaise?

Seisachtheion

Seisachtheion le 08/07/2019 à 18:21:31

Yep tout à fait nounours, un souffle épique traverse cet album, spécialement dans l'avant-dernier titre, "Alsæla"...
... et ravi que tu plussoies !!! :p

Seisachtheion

Seisachtheion le 08/07/2019 à 18:27:18

En tout cas, rares sont les impressions tiédasses que laisse cet album parmi les chros qui circulent en ce moment sur la toile. Ils ont bien marqué leurs auditeurs...

iliop

iliop le 13/07/2019 à 16:10:23

trop dansant pour etre bon

Seisachtheion

Seisachtheion le 23/08/2019 à 22:39:38

trop intense pour être mauvais

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