Origin - Abiogenesis - A Coming into Existence

Chronique CD album (27:59)

chronique Origin - Abiogenesis - A Coming into Existence

Bien que l'expérience n'ait pas toujours été concluante, le fait d'avoir dû remettre le nez dans les œuvres de groupes que j'avais lâchés depuis longtemps – pour vous causer des derniers Nile, Konkhra, Blood Red Throne ou encore Nocturnus – m'a donné envie de prolonger un peu la séance de farfouillage dans la malle à vieux souvenirs. Et pour cela nul besoin d’aller remuer les toiles d’araignée du grenier de mamie Jeannette car, deus ex machina à 3 balles, au milieu de la grosse pile des emails promotionnels reçus l'année dernière, je tombai sur un nom emblématique: Origin. Totem un temps intouchable du Brutal Death technique, révéré jusqu'à Antithesis puis plus chahuté ces dernières années, j'avais intentionnellement zappé le phénomène après m'être heurté au seul album par moi acheté, Informis Infinitas Inhumanitas, trop mastoc pour mes frêles épaules d'alors. Mais comme il n'est jamais trop tard pour bien faire, j'allai profiter de leur dernière sortie pour me remettre en selle et, qui sait, rattraper le temps perdu en enchaînant sur leurs classiques...

 

Haha, fougueux quadra' qui signe sans lire les petites lignes en bas du contrat: ne sais-tu pas qu'il faut jeter un œil au guide de montage avant de se jeter à corps perdu dans la phase d'assemblage, afin d'éviter de se retrouver avec une bibliothèque Ikea bancale dans le salon? Bah oui gros bêta: Abiogenesis - A Coming into Existence n'est pas vraiment le 8e album des Américains, mais plutôt un retour aux origines (Tsim Boum Daaaa!) consistant en:

1) l'enregistrement de titres inédits datant de la période pré-Origin, quand Paul Ryan faisait du bruit dans son garage sous le nom de Necrotomy (1990-1991) puis de Thee Abomination (1992-1993)

2) un remastering de l'EP A Coming into Existence (d'où la pochette et le nom), initialement sorti en 1998

... Du coup ce ne sont pas ces 12 titres très éloignés de la sphère « Tech » qui vont te permettre de raccrocher les wagons!

 

Certes. Mais maintenant qu'on s'est jeté à l'eau, autant en profiter pour vous dire si elle est bonne-et-pas-profonde.

 

Vous qui entrez en ces lieux, oubliez tout ce que vous savez sur le groupe de John Longstreth et Paul Ryan. Car les 8 premiers titres ici proposés ne sont que de brûlants crachats Grind/Death plus proches d'un Napalm Death brouillon que de Suffocation. Enregistrés sur le tard – entre 2013 et 2018 – par un Paul qui s'est chargé non seulement des vocaux, de la guitare, de la basse mais aussi de la batterie, ces titres durent en moyenne 2 minutes, sentent l'artisan sidérurgiste en formation, l'énergie Punk ado trempée dans le Brutal Death monocellulaire, et la prod' mitonnée au fond de l'atelier, entre deux scies circulaires. On a du mal à imaginer que le nom de cette formation va par la suite être prononcé avec délice par les fans de Spawn of Possession et Necrophagist. Mais nuançons un peu, parce qu’hormis les riffs de ponceuse et le harcèlement de caisse claire en mode grave E.T., on entend quand même un solo vers la fin de « Insanity », ainsi qu’un accès de sophistication technico-spatiale sur tout le début de « Bleed As Me » – ce titre n’abandonnant jamais complètement le mode Death occulte poussiéreux tout du long de ses 2 minutes 48. Une fois retiré le voile cracra / squat miteux de la prod, « Mind Asylum » donne lui aussi un petit aperçu de ce que le groupe pourra faire plus tard. Par contre le reste des 8 titres continue de faire dans le gras, avec un petit côté Core’n’Mosh plus prononcé vers la fin – ce qui ne fera toujours pas l’affaire des esthètes à monocle.

 

L’un des titres issu de ce voyage régressif in utero pouvait cependant mettre la puce à l’oreille: « Spastic Regurgitation » sonne en effet parfois comme Deicide à l’époque où celui-ci s’appelait encore Amon. Alors certes, l’utilisation de deux chants – l’un shrieky, l’autre sépulcral – joue en ce sens, ainsi que des lignes dont la dynamique rappelle « Dead by Dawn ». Pourtant, à la découverte des 4 titres de A Coming into Existence, on se dit que le groupe de Glen Benton a quand même dû sacrément laisser des traces chez nos amis. Car dès « Lethal Manipulation the Bone Crusher Chronicles », malgré des pointes blastées bien plus virulentes que chez les plus célèbres des brûleurs de bible floridiens, ce riffing sec et sévère, cette méchanceté acide donnent vraiment l’impression de s’envoyer une grosse rasade de pur jus de Glen Benton. Et l’impression reste la même sur les 3 morceaux qui suivent, le niveau d’accroche n’étant par contre pas toujours au beau fixe – n’est pas Infestdead ou Luciferion qui veut!

 

Alors ami lecteur qui n’aime rien plus que la neurochirurgie pratiquée à plus de 240 BPM, as-tu vraiment envie de t’envoyer un grand godet fumant rempli aux 2 tiers de Death Grind fiévreux, et complété par une bonne dose de Satanic Death autoritaire et bourratif? Non, évidemment. Du coup on se demande bien qui va pouvoir acheter cet album…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: retour aux origines pour Origin (!) qui se déplace ici de 8 positions sur l’axe des abscisses le long de morceaux jamais enregistrés jusqu’ici (datant de 1990 à 1993, quand le groupe n’existait pas encore sous ce nom), puis de 4 positions sur l’axe des ordonnées pour dérouler une version remasterisée de l’EP A Coming into Existence. Un mélange 66% Grind/Death furax / 33% Deicide-like qui risque de surprendre (douloureusement) les fans des Américains…

photo de Cglaume
le 10/02/2020

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