Prong - X - No Absolutes

Chronique CD album (44:11)

chronique Prong - X - No Absolutes

Et ça continue, encore et encore. Toujours aussi pêchu, d’accord d’accord…

 

Et non seulement ça continue, mais ça enchaîne nom de nom! Tiens, regardez donc l’action au ralenti: 2012, Prong sort un Carved into Stone carrément costaud. Bam, tout juste 2 ans après, l’encore une fois très bon Ruining Lives déboule sans reprendre sa respiration, bluffant pour l'occasion la foule des observateurs circonspects. En 2015, pas non plus de pause technique au stand pour souffler: le groupe repart pour un tour de piste de plus avec un opus de reprises intitulé Songs from the Black Hole. Et vlan, 2016 ne sera pas non plus l’année du contrôle technique: car c’est  le moment que le groupe choisit pour faire rugir sa grosse cylindrée sur X - No Absolutes, 10e album (…désolé les affamés: X c’est pour « 10 », pas pour « Dorcel ») largement aussi charpenté et inspiré que ses 2 prédécesseurs directs. Là c’est sûr: les américains ont pété leurs freins, et ils n’arrêteront de parcourir nos platines à fond la caisse que quand ils auront cramé la toute dernière goutte de carburant!

 

Et ce rythme infernal ne nuit ni à la qualité des compos, ni à leur quantité, la nouvelle cargaison livrée par le Commandant Tommy Victor contenant pas moins de 13 titres (enfin: 12 + 1 bonus). Au programme de ce tome X, pas de surprise: l’ancrage stylistique du groupe reste toujours peu ou prou aux alentours du barycentre de cette forme métallico-géométrique à part qui combine tranchant Thrash, balloches Hardcore et froideur calculée tutoyant l’Indus (… juste un brin). Les morceaux sont plutôt courts, vont droit au but, mais ne négligent jamais ni le moelleux d’une certaine subtilité, ni le juteux de mélodies particulièrement bien gaulées. La guitare alterne les modes marteau-pilon et scie circulaire, coupant net et ras la jungle sonore ambiante afin que la voix à la fois mâle et veloutée de Tommy y trouve l’écrin sur mesure depuis lequel nous ensorceler adroitement, l’air de pas y toucher…

 

Les Prong-addicts auront à nouveau la fourchette en émoi sur le très bon porte-étendard « Ultimate Authority » qui joue son rôle d’éclaireur à la perfection. Puis la patte du groupe continue de s’exprimer sans que le doute ne puisse persister quant à sa pertinence sur « Without Words », « Ice Runs Through My Veins » (sa lead tournoyante, sa basse rebondie, son – hein? – tambourin!), le plus doux mais imparable « Soul Sickness », l’ultra thrashy & catchy « In Spite of Hindrances », et le tube absolu « Cut & Dry » – autant de morceaux qui prouvent que forte personnalité peut tout à fait rimer avec incroyable longévité. Mais le groupe ne fait pas que rester « sagement » sur la route qu’il a goudronné lui-même tout au long de ses 30 années d’activité. Ainsi nos amis signent-ils l’un de leurs titres les plus sauvages sur le virulent « Sense of Ease » qui se fraye un chemin entre Slayer-pas-content et bon gros Punk. Sur « Belief System », ils nous rappellent que certaines de leurs racines portent bandanas & tatouages, et jouent au bras de fer avec les bwoudaz fouôm Brooklyn… Tandis qu’à l’opposée, sur « Do Nothing » et « With Dignity », ils flirtent largement avec la power ballad (exercice dont je ne raffole habituellement pas) pour un résultat étonnamment convainquant. Si si.

 

Bon, pour faire la fine bouche on regrettera que le morceau-titre soit une nouvelle fois un peu en-dessous de la moyenne (le refrain est un peu trop pépère comparé à pas mal de ses semblables), et on brocardera une fin d’album qui appuie un peu trop sensiblement sur la pédale de frein (« Worth Pursuing »: bof bof, « With Dignity »: bon, mais doux et moins convaincant que « Do Nothing », « Universal Law »: titre bonus un peu fade). Ce qui ne nous empêchera pas d’affirmer que Prong fait partie de ces vénérables anciens qui, tels Overkill, Testament, Death Angel ou Annihilator, foutent à l’amende la quasi-totalité des nouveaux groupes de Thrash, que ce soit en terme d’originalité, de virulence, d’accroche ou de pertinence.

 

30 ans à y croire, 30 ans à créer, 30 ans à botter des culs: maintenant que Lemmy s’est fait « Killed By Death », c’est peut-être bien à Tommy Victor que va revenir le privilège d’incarner la constance, l’excellence et la persistance de notre musique préférée. En tous cas il le mériterait (... ne manque peut-être qu'un endorsement par Jack Daniel's...)!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Ça y est, ça fait 30 ans que Prong pratique son Thrash boosté à l’énergie Hardcore et rehaussé d’un léger vernis Indus. Et vous savez quoi? Ce 10e album provoque tout autant de soupirs de bonheur et de soubresauts handbanguiens que ses meilleurs prédécesseurs. Envoyez-vous « Sense of Ease » ou « Cut & Dry », et jugez-en par vous-mêmes…

 

photo de Cglaume
le 31/03/2016

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 31/03/2016 à 13:20:34

La vache ! T'es généreux toi !!

cglaume

cglaume le 31/03/2016 à 13:42:43

... Non: cohérent avec ma grille de notation ! :P

Xuaterc

Xuaterc le 31/03/2016 à 14:05:10

"Ma grille de notation"... Quand mes collègues prof parlaient de cet objet mystérieux, je me demandais toujours de quoi il s’agissait ;-)

cglaume

cglaume le 31/03/2016 à 15:22:07

C'est une construction mentale directement branchée sur ma moelle épinière, et très légèrement altérée par un brin de réflexion pour objectiver autant que faire se peut...

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 01/04/2016 à 09:46:18

Tommy // pour Lemmy ... m'enfin

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