Punish Yourself - Cult Movie

Punish Yourself - "Cult Movie"
chronique Punish Yourself - Cult Movie
S'il y'a bien un art qui est indissociable de la musique, c'est le cinéma. Imaginez voir un film sans musique, ou alors avec des thèmes médiocres, cela gâcherez inévitablement l'œuvre sur pellicule. Alors quoi de plus normal pour un groupe de musique que de sortir un album destiné à être une BO d'un film (imaginaire pour ce coup là), surtout lorsque son frontman est fortement attiré par les œuvres cinématographiques.
Seulement là, il s'agit du groupe Punish Yourself, les Toulousains les plus allumés du circuit musical français, à qui l'on doit le super "Sexplosive Locomotive" en 2004 et plus récemment "Gore Baby Gore", tous deux des brulots cyberpunk/indus à forte teneur en drogues hallucinogènes. Qui plus est, cet album se veut être totalement instrumental, la surprise est donc de taille.

Cinquième album des P.Y, "Cult Movie" est construit comme une B.O de film, avec différentes scènes parfois facilement identifiables, des passages de dialogues…le tout à la sauce cyberpunk indus bien sûr. Mais loin de l'imagerie du groupe, qui arbore des costumes de scènes à la sauce Zombis fluos et autres décors de série B et Z, ce "Cult Movie" entraîne l'auditeur dans un film moderne, parfois glauque, mais aussi sulfureux et attirant. Les atmosphères sont lourdes, le plus souvent stressantes et rappellent aisément des films comme Blade Runner, Existenz ou encore Strange Days. La musique est des plus explicites et l'auditeur s'imagine très bien les scènes, les images viennent facilement à l'esprit. L'effet voulu par le groupe est vraiment réussi, et on accroche, si tenté on se laisse porter par le concept et l'aspect instrumental du cd.

Musicalement parlant, malgré le côté instru, on reconnaît assez facilement la touche P.Y, avec des pointes de big-beats, des passages lorgnant du côté du Rock'n'roll, des sonorités indus hardcore... Et l'aspect plus thrash qui commençait à apparaître sur Gore Baby Gore se confirme ici, laissant apparaître des influences (Ministry, NIN) jusque là plus discrètes. De plus, l'expérience acquise par le leadeur avec son projet Cheerleader 69 (autre BO fictive de film) porte ses fruits, donnant un aspect aérien et atmosphérique que le groupe n'avait que très rarement exploité jusque là.
On sent que le travail de composition est énorme, et que chaque morceau a été travaillé minutieusement, chacun dans le but de sonner juste et d'illustrer une scène bien précise du film. On a donc les scènes d'action renversantes ("Blood Is The Key", "Snakeniteredschmuck", "...Badrattlesnakemickey" ), les rencontres/dialogues de personnages et découvertes de lieux, donnant lieu à des morceaux plus atmosphériques et pesant ("Saint Alia of the Knife") etc… Le groupe nous offre même quelques surprises en plus, comme l'utilisation de saxophone et xylophones sur les trippants "Dead Hills" et "Evil Lurks", titres rappelant parfois les univers feutrés et angoissants des films de David Lynch.

Après cinquante minutes d'écoute (et de visionnage), le film arrive à sa fin, le générique défile, et toute la salle applaudie. Je ne peux donc que conseiller l'écoute de cd qui est définitivement hors du commun, à la fois pour le groupe (il s'agit bien là d'un écart pour le plaisir), mais aussi pour l'univers musical des auditeurs. Même si il faut être fortement ouvert esprit pour savourer cette œuvre, il est évident qu'elle perturbera pour un bon moment votre perception de la musique.

P.S : Pour info, le CD est vendu dans un Digipack contenant également une réédition de Sexplosive Locomotive (2004) agrémentées de titres inédits, le tout pour une modique somme…alors lâchez vous et soutenez le groupe. Groupe qui prépare déjà un nouvel album pour 2008…
photo de DreamBrother
le 19/09/2007

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