Annihilator - Feast

Annihilator - "Feast"
chronique Annihilator - Feast

Je ne sais pas si Annihilator, mais Jeff Waters, lui, il a bien raison de continuer l’aventure, près de 20 ans après ses tous premiers pas (là, un petit jeu de mot tout pourri pour démarrer, ça met en jambes…). OK, la carrière du thrasheur canadien a connu quelques bas (Remains, All For You, Metal…), mais finalement, quand on regarde bien, surtout des hauts. Bien que n’ayant quasiment jamais changé de cap – de line-up par contre, si, Jeff Waters n’ayant réussi à tolérer que Dave Padden ces 10 dernières années, le reste de la bande se résumant à des musiciens de session pour le live –, bref,  « bien que n’ayant quasiment jamais changé de cap » vous disais-je, le thrash véloce, mélodique, fun et bien rock’n’roll du groupe a toujours réussi à faire entendre sa voix, quelle que soit l’époque, sans jamais sentir la naphtaline. C’est l’un des signes qui ne trompent pas: quand on parle d’Annihilator, on parle d’un grand.

 

Allez, arrêtons de tortiller: avec Feast – son XIVe album quand même! – Annihilator nous offre ce qui se fait de mieux en matière de thrash depuis… les 2 derniers albums d’Overkill. Bordel, heureusement que les papys sont toujours là pour montrer le chemin! Quel est donc le secret de cette éternelle jeunesse et de cette pertinence sans cesse renouvelée? Eh bien ma foi, si l’on en croit le contenu de l’opus, c’est avant tout de rester soi-même, de croire en ce que l’on fait, de garder la niaque – et puis bien sûr d’écrire des morceaux qui tuent (sans parler des bains dans le sang de vierges, mais ça revient de plus en plus cher...)!

 

Et c’est bien ce que nous envoie Jeff. Qu’il s’agisse de déchaîner la tornade thrash (exemple parmi tant d’autres: le limite-Slayerien « Deadlock »), d’injecter un bon gros feeling rock plus une pointe d’espièglerie à la zic (un peu d’astuce, d’espièglerie - donc - sur « Smear Campaign » et « Wrapped »), ou d’allier douceur et méchants coups de rein (« Fight The World », « One Falls, Two Rise »), l’homme s’exécute avec efficacité, savoir-faire, une accroche monstre et surtout une classe folle. Et comme il occupe – en studio du moins – à la fois les postes de guitariste et de bassiste, la prestation s’avère uniformément excellente à tous les niveaux, la basse ayant par exemple le droit à la même attention (ou presque) que sa grande sœur à 6 cordes. Du coup, à l'image de la petite protégée de D.D. Verni, Mlle 4 cordes refile un bon coup de ressort à l’album, comme par exemple sur l’excellent « Smear Campaign » qui alterne pur groove fusion ensoleillé à la mode 90s et saccades thrash à te péter l’échelle de Richter. Mais si vous connaissez le groupe, vous savez que là où l’orgie se révèle la plus luxurieuse, c’est encore sur la merveilleuse débauche de leads et de soli, toujours parfaitement intégrés, toujours soutenus par une rythmique en béton. Là-dessus, Jeff ne change pas de main, et du coup son poignet est plus solide que jamais.

 

Les défauts? Attendez que je cherche… Un « Perfect Angel Eyes » un peu trop chamallow peut-être. Quelques refrains moins bandants que la moyenne. M’enfin vraiment  ‘faut traquer la petit bébête dans la meule de foin pour alimenter le paragraphe « Feast – les Flops ». Même la longueur conséquente de certains titres (8:33 pour « One Falls, Two Rise ») n’entache en rien leur efficacité – comme sur les derniers Overkill, tiens, décidément!

 

Non, ce que l’on retient de l’album – en plus de son homogène excellence, de l’espèce de jouissance fiévreuse ressentie au moment d’enfourner la bête dans notre lecteur, et du superbe packaging double CD / pochette 3D – c’est la collection de tubes cinglants qu’on attend chaque fois avec la même impatience (et qui seront à coup sûr réclamés à corps et à cris en live!). « Smear Campaign » d’abord, à la fois profondément rock’n’roll et fonçant pied au plancher. « No Surrender » ensuite, qui alterne décontraction coolos et poinçonnage robotique FearFactorien dans une science accomplie du contraste juteux. On passe les titres qui sont « seulement bons » pour évoquer ensuite « Demon Code » dont le break récurrent et hyper tendu (première occurrence à 0:40) est un modèle d’intelligence thrash. « Fight The World » encore, qui commence en nous léchouillant langoureusement les oreilles avant de nous souffler violemment dans les bronches lors de l’équivalent guitaristique de l’ouragan Hugo (à 1:40). Et enfin « One Falls, Two Rises », qui se la joue thrash-de-fer-dans-un-gant-de-velours en simulant des au-revoir douloureux pour mieux nous attaquer au foie dès 2:24. Vicieux le Jeff!

Bref, si vous comptez bien, pas loin de 5 morceaux sur 9 sont de pures tueries, sans oublier que – hormis peut-être « Perfect Angel Eyes » – les autres morceaux sont eux-aussi tout à fait solides.

 

Foin de conclusion verbeuse: sur ce XIVe album, vous allez vous prendre un méchant redressement Feastal, Jeff Waters proposant ici non seulement le meilleur de ce qu’il a toujours proposé, mais encore mieux: le meilleur du thrash tout court. Rien que ça…

 

PS: le CD bonus fourni avec l’édition 2CD rassemble 15 titres parmi les meilleurs du répertoire des canadiens, le tout réenregistré avec Dave au chant. L’exercice est louable, même si le vieux con que je suis continue de préférer les originaux…

PPS: c'est Danko Jones  qui a écrit les textes de « Wrapped », titre sur lequel, du coup, il place quelques lignes de chant 

 

 

 

 

 

La chronique, version courteFeast est – pour moi, et jusqu’à aujourd’hui – le meilleur album de thrash de 2013, et figurera sans problème dans le Top 10 (allez… 5!du genre pour la décennie en cours. Puisqu'on vous dit qu'il est exthrash: courrez l’acheter!

photo de Cglaume
le 10/10/2013

17 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 10/10/2013 à 09:52:18

L'excellente surprise ! C'est dans les vieux pots à confiture qu'on fait les meilleurs compotes.

Cobra Commander

Cobra Commander le 10/10/2013 à 10:22:26

Un jeun de mot moisi dès l'intro... le Lapin est en rut!

Cobra Commander

Cobra Commander le 10/10/2013 à 10:22:49

un JEU...

cglaume

cglaume le 10/10/2013 à 11:12:13

En rut pour l'aventoure, avec lapinihilator !!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 10/10/2013 à 19:17:54

Rien à secouer du groupe mais une chro aux petits croupions ( pour Waters je ne connais que John, désolé) avec en plus un vrai morceau de Danko dedans : yeah.

cglaume

cglaume le 10/10/2013 à 23:17:47

"aux petits croupions"... Toi tu sais parler aux lapins au moins :)))

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 11/10/2013 à 22:22:41

Ouais surtout qu'apparemment la nénette de la couverture en a un sacré de croupion, au naturel.
Tapez Pilar Rubio sur le net ... bande de galopins.

cglaume

cglaume le 12/10/2013 à 00:12:54

On a du mal à réaliser à 1ere vue...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/10/2013 à 12:18:17

Après un deuxième coup d'oeil, aucun doute ne persiste : elle est vavavoum. :)

Thomas Johansson

Thomas Johansson le 02/11/2013 à 18:37:13

"All For You" dans les purges, t'attaques fort lapin. Pour moi c'est juste leur meilleur skeud sorti des deux premiers intouchables! Pour le reste, bon album mais je ne serais pas aussi enthousiaste que toi, notamment à cause des deux boulets du milieu d'album. Chro à venir incessamment sous peu ;)

cglaume

cglaume le 02/11/2013 à 21:01:30

On a toujours eu des goûts plus "parallèles" qu'identiques en matière de thrash :)) N'empêche, 'hâte de lire ta chro ;)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/11/2013 à 21:36:21

Hey !!!!!
Salut Thomas !!!

Thomas Johansson

Thomas Johansson le 02/11/2013 à 22:29:32

Hello Crom ;) . T'es pas fan d'Annihilator ou pas fan de thrash tout court?

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/11/2013 à 23:15:13

Je suis fan de TOI : ça me suffit

Thomas Johansson

Thomas Johansson le 04/11/2013 à 10:32:37

Hey! J'ai un fan! Me voilà comblé ;)

Niktareum

Niktareum le 04/11/2013 à 18:14:12

Idem que TJ sur cet album, moins emballé que toi. Je le trouve trop gentillet par moments, en plus le tout 1er riff est vraiment honteusement repompé sur le break de "No Remorse" et puis surtout cette ballade niaiseuse là... bweark ! M'enfin il est pas mauvais quand même.

cglaume

cglaume le 04/11/2013 à 23:48:11

Tiens c'est marrant ça, je n'ai pas fais gaffe à la repompe du riff en question: 'faut que je me le repasse tiens...

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