Celeste - Misanthrope(s)

Chronique CD album (50:56)

chronique Celeste - Misanthrope(s)

Y a plus assez de groupes comme Celeste. c’est clair. Maintenant je comprends les nostalgiques du punk des 70’s, ceux du Krautrock des 80’s, ceux du grunge de la première moitié des 90’s… Cette sensation que la musique qui nous fait vibrer rentre dans les meurs, qu’elle devient un moyen et non plus une fin, qu’elle est digérée, recyclée, utilisée dans de nouveaux contextes. Alors oui, je réagit un peu tôt, mais ce bon vieux hardcore torturé d’il y a à peine dix ans me manque. Breach me manque, Kiss It Goodbye me manque, Rubbish Heap me manque, Ananda me manque, Uranus me manque, les premiers Shora me manquent ainsi que les premiers Isis. Toute cette époque où le malaise dégueulait des enceintes de nos chaines sans avoir besoin de pousser les extrêmes jusqu’aux 2 ou 666 bpm (c’est selon). Cette époque où on avait pas besoin de se réclamer du black-metal du nord de l’Europe ou du sludge du sud des states pour susciter l’oppression sonore. Cette époque où l’on n’avait ni besoin de se maquiller, ni besoin de porter des toges sur scène, ni besoin de s’administrer un second batteur, ni besoin de virer l’unique guitariste, ni besoin de brancher une nintendo sur l’ampli, ni besoin de vendre son âme à qui que ce soit pour inspirer le malheur, la détresse et le dégoût. Alors oui, j’y vais un peu fort Je parle de tout ça comme si c’était fini et enterré mais force est de reconnaître que les choses évoluent, se développent et qu’il est difficile pour un groupe de rester planté dans un style sans avoir l’air has been. La tendance en matière de musiques noires est à la spécialisation, à l’évolution et il est vrai que ce hardcore tordu et malsain de la fin des 90’s aura eu tendance à se diluer. C’est cyclique, c’est normal et dans ce microcosme musical qui est le notre, il est difficile pour un mouvement de conserver son intégrité et son identité initiale. D’autant plus difficile quand on joue une musique noire, repliée sur elle-même, pessimiste, à la limite du nihilisme et de la misanthropie (sic). La plupart des groupes du genre se sont en effet tournés vers des moyens d’expressions plus radicaux encore (doom, grind, drone, indus, mathcore, etc .), les autres se seront ridiculisés à force de pleurnicher sur scène sans avoir suffisamment rendu maboul leur auditoire auparavant. Résultat : quasi disparition de ces musiques dans la scène hardcore contemporaine. Tout le monde en parle, tout le monde aime et plus personne n’est fichu d’en faire convenablement. Enfin, ça c’est pas tout à fait vrai. Si l’on met de coté tous les (très) bons groupe qui viennent de cette « scène » et qui ont trouvé une autre voix (comme Overmars, Shora ou encore Year Of No Light), on ne peut oublier que Coalesce va ressortir un nouvel album, que les Cortez ressortent eux aussi du brouillard et que Celeste existe, tout simplement. Celeste, c’est noir, c’est mauvais, c’est halluciné, c’est violent, c’est pessimiste, à la limite de la misanthropie et du nihilisme (re-sic). Chaque livrée du groupe met la barre bien plus haut au point qu’on en peut plus de se manger des bouffes. C’est méchant comme le pire des black, gerbant comme le pire des sludge, émouvant que le pire des screamo, violent comme le pire des grind, et entier comme le pire des hardcore. Avec Misanthrope(s), Celeste se hisse sans le moindre problème dans le panthéon des groupes de hardcore les plus sombres qu’il ait été donné d’écouter. Rien à jeter, tout à vomir… J’en ai suffisamment dit. Merci, au revoir.

photo de Swarm
le 13/03/2009

5 COMMENTAIRES

greg

greg le 13/03/2009 à 14:02:13

J'adère assez au propos de l'article, mais c'est toujours difficile de dire si quand on était jeune et avec moins de recul, on faisait la différence entre les bon et mauvais groupes, et si avec l'âge, on s'intéresse aussi ardemment aux nouveaux groupes quand quand on avait 20 ans...
Perso je me tiens au courant avec Nextclues, Pertes et fracas, et STNT. Noise Mag est aussi super. Après entre les enfants, le travail, la famille, la musique qu'on joue, et celle qu'on va voir, a t'on autant de temps que dans nos 18 ans pour se tenir au courant... pas toujours facile...

swarm

swarm le 13/03/2009 à 15:09:24

Très pertinent et très vrai. J'ai d'ailleurs probablement tort quand je dis que certaines choses se perdent. Mais j'assume car je suis frustré de pas me prendre autant de beignes que par le passé, même si je passe effectivement moins de temps à écumer les disquaires (RIP), les distros et les salles de concerts qu'avant.

SwarmOfnails

SwarmOfnails le 14/03/2009 à 01:56:26

Putain, quelqu'un qui enchaine kiss it goodbye et rubbish heap, ca fait ultra plaisir!
Par contre j'aime bien cet album, mais c'est trop le meme que le précedent!

Tookie

Tookie le 14/03/2009 à 12:56:15

Pas vraiment une chronique mais un super article/édito.
Sinon un trés bon album...

frolll

frolll le 02/08/2011 à 20:36:14

"C’est méchant comme le pire des blacks, gerbant comme le pire des sludges, émouvant que le pire des screamo, violent comme le pire des grinds, et entier comme le pire des hardcores."

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