Converge - You Fail Me

Converge - "You Fail Me"
chronique Converge - You Fail Me

En ce jour et peut-être pour toujours, tous ces jours, Converge nous invite lors d´un voyage d´une trentaine de minutes à la frontière houleuse entre la vie, l´amour et la mort, colorée respectivement de blanc, de rouge et de noir.

Durant cette escapade, notre esprit se multiplie afin de faire apparaître des sons et des voies qui n´ont en réalité peut-être jamais existé.

You Fail Me expose alors différentes facettes, diverses couches lors d´un même moment, d´un même instant. Il semble alors facile de s´égarer dans le monde musical et lyrique de cet album.

 

Converge forme avec ce nouvel opus un véritable tout où il est facile de se perdre que ce soit lorsque nous lisons les paroles ou quand nous écoutons la musique. La voix modifiée à l´extrême est très difficilement audible, dans le sens où même accompagnée des paroles dans la jaquette, on ne saurait la situer dans le morceau. Certaine fois, nous croyons l´avoir saisi lorsqu´elle se défile soudainement. De plus, si nous nous sommes perdu au milieu d´un morceau les longs passages musicaux empêchent toute espérance en la redécouverte de la localisation de la voix.

La seconde chanson, "Last Light" est donc en effet la dernière lumière si nous désirons localiser la voix car maintenant le voyage devient plus houleux. Aucune ponctuation, aucun espace entre les morceaux, il suffit de quitter des yeux une seconde les paroles et nous replongeons dans un amalgame de mots. Lorsque l´on nous donne l´espoir de situer de nouveau la voix grâce un moment de calme, la musique vient là petit à petit la recouvrir comme dans "You Fail Me", ou "In Her Shadow" - ces deux cas particuliers à cette logique de perdition, mais si cette idée est à nuances avec en plus "Hanging Moon" nous égarent non plus dans l´ensemble musical ou lyrique mais dans les différentes facettes d´un moment.

Ensuite, de la même façon que la voix, la musique forme un tout indissociable. Aucune pause, aucun espace, aucun blanc entre les morceaux à part les deux cas particuliers. Ainsi lorsque l´on écoute cet album, il est difficile de se situer : est-ce un break (le mot anglais soutient ici mal l´idée), est-ce une nouvelle chanson? Peut-être s´agit des deux à la fois.

L´enchaînement des morceaux - moins façonnés que dans Jane Doe comme par exemple entre "Hell to Pay" et "The Broken Vow" - semble davantage cohérent car au final, il n´y a pas de véritable changement de ton entre les morceaux alors qu´entre "Hell to Pay" et The Broken Vow", le changement de ton est visible notamment au niveau du rythme et des break très reconnaissables car étant entre autre chanté.

Ce type de facture de ton entre les morceaux et dans les morceaux même n´existe pas dans You Fail Me. C´est donc ce qui donne l´idée que l´album s´apparente à un tout ; ceci peut alors ennuyer l´auditeur qui souhaite retrouver le changement, la diversité de Jane Doe (avec entre autre l´excellent morceau "Phoenix in Flames" et son bel enchaînement avec "Thaw").

Il est cependant intéressant de remarquer qu´avec cette album, Converge ne joue plus avec la variété de ton, de rythme ni avec des passages chantés mais avec l´apparition mystérieuse de sons et de voix. Ces apparitions se manifestent assurément dans les deux cas particuliers que sont "You Fail Me"; "In Her Shadow" et dans "Hanging Moon". Il s´agit en faite soit de surimpressions de voix (You fail me), soit de surimpressions de voix et de sons musicaux (In her shadow), soit de surimpressions de sons musicaux (Hanging moon).

L´effet mystérieux de ces surimpressions naît à la fois par un jeu de répétition ainsi que par la façon dont les éléments mystérieux sont agencés c´est-à-dire qu´ils apparaissent ou disparaissent grâce un mixage très lent ; ce qui au final donne l´impression que les sons ou les voix se prolongent alors que la répétition semble (rien n´est aussi sûr) achevé.

 

Converge a dès lors réussi à terminer You Fail Me par une chanson magnifique, admirable (Hanging moon), enveloppée dans le plus beau des mystères de l´album. Nous le retrouvons par ailleurs ce jeu de surimpressions dans les oeuvres de Jacob Bannon (la pochette) avec la main ainsi qu´avec ce qui paraît être la moitié d´un visage de face avec en partant de la gauche, un nez (au centre) et les lèvres (en bas).

1 COMMENTAIRE

Jull

Jull le 02/04/2010 à 06:27:22

mon dieu ce son!!!! mon dieu ces morceaux!!!! mon DIEU ce son et ces morceaux!!!!!

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