Cult Of Luna - THE RAGING RIVER

Chronique CD album (38:34)

chronique Cult Of Luna - THE RAGING RIVER

-Hep hep hep ! Rangez-vous sur le côté ! Bonjour messieurs, Inspecteur Tookie des travaux finis de la Police du bon goût.

-Ho bonjour Monsieur l'inspecteur ! Vous allez être ravis de nous arrêter, vous nous reconnaissez ? On est les Cult Of Luna !
-Si j'vous connais ? Messieurs, c'est bien parce que je vous connais depuis plus de 15 ans que je vous demande de couper le moteur et de me suivre jusqu'au poste ! Et on se magne le cul s'il vous plait !
-Pourquoi tant de vulgarité ?
-J'ai dit s'il vous plait !

 


***Arrivée au commissariat***


-Alors les loulous. On s'est vu y'a pas longtemps avec A dawn to fear
-Que tout le monde avait adoré ! Et vous aussi M'sieur l'inspecteur !
-Ouais ouais, mais j'voudrais savoir ce que vous faisiez en bagnole...
-Ben, on venait livrer un petit EP de 38 minutes qui s'appelle The Raging river. On l'a sorti le vendredi 5 février 2021.
5 titres avec un guest de Mark Lanegan dedans. La classe, ça va vous plaire M'sieur l'inspecteur !
-C'est bon, je le vois venir ton petit numéro Cult Of Luna et on ne me la fait pas à moi ! 20 ans de musiques énervées, 15 années de fanatisme de votre clique et qu'est-ce que je vois ?
Pris en flagrant délit d'excès de vitesse sur l'autoroute de la routine artistique !
-Quoi ? Vous délirez ?
-Non et le pire c'est qu'il y a toute une blindée de fans qui vous suivait les yeux fermés,mouillant comme des pucelles à la moindre note de votre part.
-En quoi le fanatisme aveugle, ou plutôt sourd en notre qualité de groupe musical aurait-il une influence sur notre musique ?
-Rien, si ce n'est que lorsque je rendrai mon rapport public, je vais prendre cher. Et puis c'est qu'il n'est pas du genre de la maison de dire du mal. Et encore moins de vous. Mais The raging river me force à sortir de la tranquillité de mes notes dignes de l'école des fans. Rha à quelques jours de la retraite, j'suis trop vieux pour ces conneries...
-Non mais allez-y Inspecteur. Allez-y, dites ce qui ne vous plait pas ! Mettez-le dans votre rapport. On verra.

 


-Z'êtes prêts messieurs ?
-On faisait de la musique, on se faisait critiquer que vous découvriez les polygones de la Playstation, alors vous ne nous faites pas peur avec votre petit papier.
-Primo j'avais une Sega Saturn et j'regrette pas mon choix ! Deuzio  J'ai aussi fait de la musique !
-Quoi ? Les inspecteurs de travaux musicaux du net ne sont généralement pas de vrais bons musiciens. Un artiste ne perdrait pas son temps à écrire sur les autres et ferait ses propres créations. Faut avoir que ça à foutre !
-Ouais ben déjà c'est super méchant ce que vous dites et j'ai fait du trombone dans l'harmonie municipale de Vaux-Vraucourt en 1995. Et BIM !
-Wha, l'artiste. On est bluffé. Allez, c'est quoi votre compte-rendu des faits ?


Vous avez commis une infraction au pilotage automatique. La jurisprudence Iron Maiden nous apprend que, comme vous êtes assis sur une solide fan-base, qu'après des albums inoubliables, parfois véritablement novateurs, vous avez décidé de multiplier les sorties et "offrez" un disque qui ressemble clairement à du "fan service" au mépris de votre créativité.
Caractère aggravant : votre association de malfaiteurs avec Mark Lanegan, coutumier du fait, puisque particulièrement en vue ces dernières années mais dont la productivité rogne sur l'inventivité.

Il apparait que les suspects sont appréhendés pour :
-le classicisme de "Three bridges".
-Le manque de personnalité de "What I leave behind"
Ces deux titres mis bout à bout peinent à faire décoller cet EP.

-Après un premier quart d'heure d'une intensité plate en dépit de quelques artifices visant à gonfler la puissance, le suspect avoue avoir fait appel à Mark Lanegan après plusieurs années d'admiration. La parenthèse calme et même presque minimaliste d'"Inside a dream" vient briser la monotonie particulièrement bruyante d' "I remember" et "Wave after wave".
S'il sait toujours parfaitement se mettre en valeur avec un son léché, mais éloigné de la quête de puissance notable depuis Vertikal, Cult of Luna s'est laissé aller à quelques facilités de compositions sur un EP qui restera sans doute anecdotique dans une discographie qui était pourtant jusque-là proche du sans faute.


-Ha ouais quand même. Inspecteur, vous n'y allez pas de main morte.

-C'est que ce n'est pas rien. Le fan service c'est quand même moche, c'est presque une insulte à votre talent artistique.

-Non mais ce n'est pas du fan service

-Ça en a toute la platitude provoquée par un déplaisant sentiment de déjà-entendu.

-Inspecteur, vous avez entendu The raging river combien de fois ?

-Il s'agit d'une enquête fouillée de plusieurs semaines avec une accumulation de preuves basées sur vos travaux des deux dernières décennies.

-Et si vous lâchiez nos précédents travaux pour simplement apprécier The raging river pour ce qu'il est : 38 minutes de nous ?

-Continuez.

- 'The Raging River' feels more like a bridge. A midpoint that needs to be crossed so we can finish what we started with 'A Dawn to Fear.' It’s a seamless continuation of the writing process and the creative mindset that has guided us for the last couple of years. It’s been an interesting as well as an introspective way of working, having our instinct leading the way and then having to figure out where it takes us. But not only has it been a linear journey, some aspects of it is clearly circular.

-Putain, pourquoi d'un coup vous me parlez en anglais, vous cherchez à m'baiser c'est ça ?

-Nooon c'est simplement le paragraphe promo qu'a envoyé le label à tout le monde.

-Donc c'est bien du charabia-branlette pour journaliste qui va paraphraser en charabia-branlette pour un pesudo-article.

-C'est plutôt sérieux. On boucle la boucle A dawn to fear mais on ne récupère pas des restes de sessions studio de l'époque comme ce fut pour Vertikal II. The raging river n'est pas non plus un retour comme Salvation ou Somewhere Along the Highway. Il est dans la continuité d' A dawn to fear.
Alors oui, il y a ce côté déjà entendu parce qu'on était sur une dynamique créative : on a composé le plus gros à l'époque du précédent album, on a peaufiné il y a peu. Il y avait eu un article formidable de notre dernier album par un chroniqueur amateur talentueux sur un excellent webzine qui parlait de l'"absorption" du genre et de nos diverses influences depuis des décennies pour les recracher sur nos compos.
Ben là, on n'est plus du tout dans l'absorption. On est doucement entrain de passer à autre chose.
Allégoriquement, "on ferme les portes", c'est à dire qu'on en termine avec nos explorations entamées sur A dawn to fear et on verra où la suite nous mènera. Cette suite n'aura peut-être rien à voir avec The raging river, on ne sait pas, en tout cas, vous pouvez nous croire ou pas, mais on a envie de mettre toutes ces idées derrière nous. C'est ainsi que l'on clôt une "période", ce n'est pas du fan-service.

-Admettez tout de même que certains gimmicks, certaines constructions sont terriblement proches de ce que vous avez sorti dernièrement.

-Vous êtes bouché Inspecteur. Oui, nous l'admettons, c'est inévitable, le corps de nos morceaux datent de 2019, mais pas avec l'objectif de "plaire". On fait parler notre créativité, notre puissance sonore.

-Comprenez alors que l'on puisse seulement trouver ça foutrement bien foutu sans être ébahi face à votre génie. Je ne vais pas cacher une légère sécrétion de liquide séminal sur la deuxième partie de "What I leave behind", qu'" I remember" me donne la sensation de m'enfoncer dans des sables mouvants (alors qu'il parait qu'être englouti par des sables mouvants comme dans les films ça n'est pas possible, dingue non ?) et que "Wave after wave" se dévoile écoute après écoute comme une belle tarte hypnotique. Mais, dans sa globalité, je peine à retrouver la perfection de l'album précédent qui m'avait fait l'effet d'un parpaing lancé à la gueule.

-Et notre premier titre ?

-Classique. Chiant. S'il n'y avait pas un tel son, on jurerait entendre un groupe du Pas-de-Calais tentant de vous imiter. Je pense même que c'est lui qui me plombe l'écoute de tout l'EP. C'est d'un convenu...

-Oh. Et notre collab' avec Lanegan ? Sympa hein ?

-Ouais, vous pourrez l'inclure dans la série Vikings : dans une scène d'enterrement , ou lorsque le héros s'est fait dérouiller dans une bataille, il est assommé et observe les combats autour de lui au ralenti.

-Ha ouais, c'est vachement précis comme image.

-C'est juste que ça arrive comme ça entre deux titres bagarre et que la brume sonore installe ce type d'ambiance. C'est convenu, déjà trop entendu. Un peu chiant pour être honnête...C'est peut-être une question d'ambiance dans laquelle je n'arrive pas à entrer.

-Ces propos sont tout de même un peu brutaux pour un chroniqueur web de province.

-Oui, mais c'est parce que je vous aime que je peux me laisser aller à tant de franchise. Mais j'vous laisse libres.

-Ha ? Alors, tout est pardonné ?

-Je comprends qu'on l'aime. Mais si j'vous laisse y aller c'est juste parce que des inspecteurs comme moi, y'en a des milliers et on s'en branle un peu de nos rapports. Mais j'voulais juste le faire quand même, et puis, en parler ça m'a permis de mieux appréhender votre travail.

-Vous n'avez pas répondu à notre question : personnellement, vous l'aimez notre EP ?

-Il a des qualités indéniables.

-Tournez pas autour du pot. Il est bien notre EP ?

-Ça va. Comme disait mon prof de maths :"bien mais pas top".

-Vous nous aimez quand même toujours ?

-Affirmatif


photo de Tookie
le 22/02/2021

1 COMMENTAIRE

pidji

pidji le 22/02/2021 à 10:08:00

Du COL classique. Un peu trop, je l'ai écouté sans rien retenir, à part "ok c'est du COL". Et surtout, il ne m'a pas donné envie d'y revenir, ce qui est le plus embêtant.

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