Gorod - A Perfect Absolution

Gorod - "A Perfect Absolution"
chronique Gorod - A Perfect Absolution

Sur A Perfect Absolution, Gorod déroule un nouveau fil narratif après avoir baigné dans la même saga depuis 3 albums et demi.

Sur A Perfect Absolution, Gorod dégaine pour la première fois sur format long les encore relativement jeunes doigts de Nicolas, nouvel alter égratte de Mathieu Pascal.

Sur A Perfect Absolution, Gorod propose l'apreté des cordes vocales de Julien en lieu et place de la gorge rocailleuse d'un Guillaume ayant définitivement abandonné le navire.

Bref, sur A Perfect Absolution, Gorod modifie notablement les ingrédients qui avaient contribué à créer cet équilibre symbiotique si particulier entre brutalité et mélodie, technicité et groove, fondation sur laquelle repose la délicate dentelle bordelaise (qu'on pourrait à présent qualifier de "sud-ouestienne" vu que Toulouse est de plus en plus représentée au sein de la formation). Mais heureusement, ces quelques battements d'ailes de papillon ne provoquent nulle tempête dévastatrice à l'autre bout de la chaîne créatrice. Et malgré un titre aux couleurs de sortie de confessionnal, le groupe n'a nul péché à se faire absoudre. Ainsi la cuvée Gorod 2012 s'affirme une nouvelle fois comme un très grand cru à même de flatter les oreilles et de combler les attentes des plus exigeants des someliers de l'extrême. 

 
Mais prenons le temps de répondre plus précisément à ces questions angoissées que je vous entends formuler: 
 
* "C'est bien vrai: avec Julien, Gorod ne quitte pas la chapelle death pour le hall d'immeuble urban-core?"
--> Garanti! Certes, on perd un peu en guturalité, et sur les passages les plus "corement éraillés", le contexte technico-mélodique aidant, on se retrouve parfois avec des relents pas désagréables de Darkane en fond de bouche. Mais ce qu'on perd en rocailleux, on le gagne en largeur de spectre, les quelques interventions parlées / murmurées / "chantées" de Julien apportant un vrai plus.
 
* "Et le Nico là: il est pas un peu jeunot quand même?"
--> Tatata: Mathieu a trouvé le parfait remplaçant à Arnaud, et les passes d'armes effectuées par nos deux bretteurs s'avèrent toujours aussi ébouriffantes. Tiens, au hasard: écoutez-moi cet enchevêtrement milli-(que dis-je!?...micro-)métré à 1:10 sur "Elements And Spirit"... Ça vous décolle la pulpe du fond là non?
 
* "Avec tous ces groupes de d'jeunes que nos zigs ont cotoyés en tournée, ils ne se seraient pas mis au djent, au mèchecore ou au mélocore, les Gorod, des fois?"
--> Non, Mathieu - compositeur omniscient - réussit une fois encore son numéro d'équilibriste multipodes, et propose un metal extrême très technique où la guitare est reine, mais qui reste très mélodique et en même temps méchamment death (il est pas rablé mon "The Axe Of God" peut-être?), ainsi que rondement groovy, riche en atmosphère ("Elements And Spirit", le début de "5000 At The Funeral"...) et ouvert aux expérimentations (on en parle plus bas).
 
Bon, je préfère quand même prévenir les zappeurs compulsifs, histoire qu'ils ne loupent pas le coche (en même temps ils ne liront pas une chro aussi longue...): lors des 2-3 premières écoutes, il est possible que vous ne trouviez pas l'album aussi "flamboyant" que ses prédécesseurs. Au tout début, je dois même avouer avoir trouvé les 2 premiers morceaux bons, mais "standards", les affaires sérieuses ne commençant qu'avec "Elements And Spirit", le Nirvana métallique n'étant quant à lui atteint qu'à partir de "5000 At The Funeral", ceci pour une dure de 3 morceaux (... ce qui constitue quand même, au final, une sacrée première impression!). Et puis, magie de l'horlogerie complexe mais parfaitement huilée: petit à petit la logique de l'ensemble devient évidente, jusqu'à ce qu'on se demande ce qu'on avait bien pu se fourrer dans l'oreille lors des premières écoutes...?! Car au final, "Birds Of Sulfur" apparait bien comme ce qu'il est: une superbe ouverture riche en multiples arabesques, et forte en gueule.
 
Et s'il ne fallait retenir qu'une short list des points culminants de A Perfect Absolution, quelle serait-elle?
Personnellement je commencerais par citer "Birds Of Sulfur", qui ouvrira à coup sûr les sets à venir des bordelais. Il faudrait ensuite mentionner l'incontournable et multi-facettes "Elements And Spirit" ("There is only one ..... Gooooooooooood!!"). Et pour finir, impossible de passer sous silence le trio magique "5000 At The Funeral" - et son final grandiosement boulversifiant -, "Carved In The Wind" - excellent de bout en bout, mais tout particulièrement lors de sa poussée rock funky - et "Varangian Paradise" - qui débute à fond sur de la pédale de disto' 80s, et qui finit au soleil, en mode salsa, dans un paroxysme d'inventivité (de culot même!)... Hariba que calor! Juste excellent...
 
Si l'on est uniquement fan de Necrophagist et Sleep Terror et qu'on ne jure que par Process Of A New Decline, on pourra peut-être trouver A Perfect Absolution un micro-pet moins techniquement affolant que le chapitre précédent, Mathieu laissant à mon sens plus souvent parler les ambiances et les émotions (miam les couleurs bluesy de certains soli) plutôt que la pure technique - bref: le fond avant la forme! Mais si l'on n'est pas complètement bouché à l'émeri, on se laissera rapidement séduire par ce nouveau chapitre qui incarne le changement intelligent et progressif dans la continuité, le degré N+1 dans un processus de maturation ayant commencé à un point que la plupart n'atteindront jamais... Bref A Perfect Absolution est un nouveau coup de pied au cul magistral!!! Oscar 2012 du death de qualité.
 
PS: a noter les apparitions de Christian Muenzner (Obscura) and Mike Keene (The Faceless) qui viennent nous chatouiller les oreilles à coups de solos bien placés...
 
 
 
 
 
 
 
 
La chronique, version courte: cela fait déjà 4 albums que Gorod réussit avec une déconcertante facilité à conserver cet équilibre unique ente technique, brutalité, groove et mélodie... Avec en bonus de  juteuses expéditions en territoire non conventionnel. Du grand art, définitivement.
photo de Cglaume
le 28/02/2012

2 COMMENTAIRES

Ander

Ander le 28/02/2012 à 09:58:36

Nice kro! Je l'attend assez impatiemment même si le titre d'ouverture m'a un peu refroidi. :/ Par contre y a pas Guillaume en guest? J'aurais jurer le voir enregistrer des parties de chant dans les reports studio... Et tu parles pas de Benoît! Il a retrouvé du poil de la bête ou bien?

cglaume

cglaume le 28/02/2012 à 10:18:43

En effet, on voit Guillaume sur des vidéos Youtube, et on entend qua ça growle profond par moment. Par contre je n'ai pas le détail des featurings. Mais j'ai posé la question à Mat' et j'attends les réponses de l'itw. Sinon Barby assure toujours un bon vieux matelas bassesque, pas de souci, et Sam tape toujours sur des bambous et c'et numéro 1 ! ;)

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