Mindfunk - Mind Funk

Chronique CD album (48:30)

chronique Mindfunk - Mind Funk

White Trash, Scat Opera, Look PeoplePsychefunkapus… Ces derniers temps il n’est pas rare que l'édition dominicale de CoreAndCo dédie son nostalgique coup d'œil dans le rétro à cette bonne vieille Fusion des 90s. Alors hop, continuons sur cette lancée. Si je vous dis « Les oubliés de la première division Funk Metal », à qui pensez-vous ? Incubus ? Mordred ? Urban Dance Squad ? OK ok, on parlera bientôt de tout ce petit monde. Mais il en est un autre qui a connu son heure de gloire, d’autant qu’il a porté un temps les espoirs du géant Epic, qui croyait tenir là son Red Hot Chili Peppers rien qu’à lui : MindFunk. C’est d’ailleurs à la pudibonderie de ce gros label voulant accéder aux chaumières les plus reac’ qu’on doit ce patronyme, les Américains ayant initialement opté pour Mind Fuck. Sauf que houlala, dans « fuck » il y a « zizi » : ça risque de faire pleurer le petit Jésus ! Alors que dans « funk » il y a « soleil », « plage », « string » (… et donc « zizi » aussi : bravo !)… D’où Mind Funk, qui se contractera par la suite en MindFunk. Si ce blaze claque bien comme il faut, il a par contre créé un peu de confusion. Parce qu’il pose l’équation Mind Funk = Funk Metal comme une évidence. Ce qui est pourtant franchement discutable. D’ailleurs discutons-en, si vous le voulez bien – mais pas avant une courte pause « retour à la ligne ».

 

Autant le patronyme peut induire en erreur, autant ce n'est pas vraiment le cas de la pochette. Consacrez lui un instant... On est d'accord: tout ça sent les substances psychoactives, les petits éléphants voletant dans une épaisse fumée, les acides consommés à même le plancher du van. Ainsi qu’une chaleur torride, ce rouge brûlant renvoyant aussi bien à l’astre solaire couchant qu’aux roches stériles des déserts les moins amicaux. D’ailleurs quand on découvre Mind Funk avec l’idée de travailler son déhanché du bassin et le swag de sa coupe afro, on se trouve assez vite décontenancé devant la haute teneur de l’album en bon vieux Hard Rock pour road trip (« Ride & Drive »), en Stoner psyché ayant la beuh triste (« Woke Up This Morning »), en décors désertiques et en stetson poussiéreux (« Bring It On » – dont le riff initial rappelle le « There Goes The Neighbourhood » de Body Count, au passage).

 

Putain il est où James Brown ?

 

Alors oui, évidemment, le rattachement de MindFunk à la grande famille Fusion est justifié. D’ailleurs avec « Big House Burning » le groupe accouche d’un morceau pétillant, impatient et malicieux qui fera briller la pupille de n’importe quel fan de Waltari qui se respecte. « Blood Runs Red » renforce sa rythmique de percussions, laisse entrer un soleil joyeux par la fenêtre, et s’envole au firmament de la Fusion espiègle après un décollage (à 2:47) qui laisse entrevoir même aux oreilles les moins affutées le grand sourire arboré par les 5 musiciens. Quant aux adieux, ils se font sur un « Touch You » à la basse méchamment dodue et aux guitares dégoulinant de feeling, ce titre constituant le trait d’union idéal entre les promesses de Funk initiales et la nature résolument Hard’n’Blues’Roll fwouôm YouEsseHey des zigs. Par contre vous l’aurez compris : il ne faut pas cantonner l’opus à une étiquette purement « Funk Metal ». Ses cinq membres tiennent manifestement à brasser plus large. Sans doute cela est-il dû à leurs backgrounds respectifs aussi riches que variés, certains venant de M.O.D., d’autres de Celtic Frost, d’autres d’obscures groupes de Hardcore. Et peut-être aussi au label, qui a dû peser dans la direction artistique et se démener pour que son poulain puisse placer des titres en radio (cf. « Sister Blue », qui n’aurait pu être qu’eau de rose putassière, mais qui s’avère être une merveille de feelgood ballade traînant ses boots sous de vastes cieux bleu-orangés). D’ailleurs le tableau ne se cantonne pas à ces seuls visages, « Innocence » ayant quant à lui la vigueur et la basse fureteuse d’un titre d’Annihilator.

 

A cheval entre plusieurs monde – un peu comme le Skin de Psychefunkapus, qui lui aussi voulait voir plus loin que le bout de son Funk Metal –, Mind Funk réussira à séduire nombre de curieux grâce à la qualité de ses compos et de ses musiciens, mais décontenancera les publics de Faith No More et des Red Hot, sans doute parce qu’il ne collait pas à 100% aux attentes de l’époque. N’ayant pas tenu ses promesses de bankabilité, le groupe se fera par ailleurs éjecter par Epic, d’où le nom de l’opus suivant : Dropped. A noter que si comme moi vous êtes plus fan de mojitos et de palmiers que de Jack Daniels et de cactus, les deux albums suivants risquent de moins vous parler, ceux-ci abandonnant les dernières traces funkiesques pour toujours plus de Stoner, de Grunge, et d’expérimentations psychédéliques…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: contrairement à ce que pourraient laisser penser ce blaze et l’époque qui l’a vu naître, Mind Funk est loin d’être un pur représentant de la vague Funk Metal. Car ici les pédales à effet et la gouaille sont quasiment plus souvent mises au service d’un Hard Rock/Blues/Stoner sentant fort le désert et les substances illicites qu’utilisées pour rendre hommage à James Brown. A cheval entre deux mondes (voire plus), l’album est un OVNI tout particulièrement croustillant qui vous donnera envie de vous lancer dans un road trip incluant aussi bien Malibu Beach que Death Valley.

photo de Cglaume
le 18/07/2021

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