Overkill - Ironbound

Chronique CD album (57:43)

chronique Overkill - Ironbound

Vous en avez plein le fût (amis viti-cul-teurs bonsoir!) des groupes de thrash revivalistes qui cachent une inspiration aux abonnés absents et un manque de talent évident derrière des pochettes de E.Repka et des enfilades de riffs repiqués sur les vieux albums du grand frère du bassiste? Vous en avez marre de ne pas trouver ne serait-ce qu’une once de personnalité, qu’un début d’idée originale sur les derniers Thrash-Attack, VibrommassoR et Overdeth? Une seule solution: le retour aux valeurs sûres. Ohlala non: rangez-moi donc ces Metallica, Anthrax et Slayer qui ne font plus grand-chose pour entretenir correctement la flamme... C'est plutôt du côté de la 2nde vague du thrash US qu'il faut se tourner pour faire le plein de bons décibels. Et dans le genre, Overkill fait partie du top de la crème des grosses légumes!

 

Pourtant Bobby Ellsworth et DD Verni pourraient se contenter d’entretenir leurs vieux os à boire du bourbon autour d'une table de billard, laissant les lauriers d’une discographie pleine de gros calibres (« Horrorscope », « The Killing Kind »…) virer tranquillement au sépia, et ne sortir la guitare que pour se taper, à l’occasion, un vieux blues entre potes. Oui mais non: les 2 vétérans sont manifestement harcelés par une muse qui n’arrête pas de leur souffler des douceurs thrashy dans le creux de l'oreille, les obligeant à déverser ce trop plein d’énergie dans nos enceintes désabusées par cette putain de vague retro-thrash qui aura plus fait pour nous écœurer que pour nous remettre le pied à l’étrier.

 

Et donc, en 2010, BAAAAFFE!! Ironbound, 15e album du groupe, débarque l’air de rien dans nos platines. Et quelle mandale avec un grand M les aminches! M'enfin cela ne semble pas être une surprise pour tout le monde, certains ayant manifestement vu venir de loin ce retour au sommet: comment expliquer sinon que ce nouvel opus se retrouve sorti chez Nuclear Blast, avec – hé les p’tits jeunes, vous avez entendu ce son? – Peter Tägtgren au mix? Ce dernier avait déjà donné un sacré coup de frais à Destruction, et on peut dire qu’il réussit cette fois encore à se placer en bonne position au générique d’un putain d’album du Grand Retour!

 

Oui, on parle bien ici de "Grand Retour". Car Overkill, sans jamais démériter franchement, a connu des hauts et des moins hauts – les Immortalis et ReliXIV n’ayant pas soulevé les foules d’enthousiasme. Alors bordel, quelle mouche a donc piqué le combo du New Jersey (et où?) pour qu'il nous ponde soudain une pépite aussi chargée ras-la-gueule en énergie coup-de-pied-au-cul-esque? Parce qu'Ironbound, c’est à la fois l’accroche et la fraîcheur des p'tits jeunes qui n’en veulent, les gimmicks et l’assise des vieux routiers qui connaissent les ficelles, et la violence sèche d’une beigne dans la tronche. Tiens: imaginez ce que donnerait l’album de la dernière chance d’un groupe de vieux thrasheurs chargés à bloc d'une énergie crust revancharde, et vous y êtes.

Ironbound botte les culs, violemment, expertement, méchamment... Et aïe que c'est bon! 

 

A vrai dire on pourrait arrêter là la chronique. Mais vous avez bien mérité quelques infos supplémentaires. Ironbound, c’est donc quasiment une heure de thrash virulent étalée sur 10 morceaux qui dépassent pour moitié les 6 minutes… Mais qui paradoxalement passent en coup de vent, comme autant de coups de fouet. C’est une collection quasi-ininterrompue de tubes (même si, allez, on émettra une très légère réserve sur « The Goal Is Your Soul », ainsi que sur « In Vain » si on tient vraiment à chipoter), parmi lesquels brillent le long « The Green and Black », le Motörheadien « Bring Me The Night », la bombe « Give a little » et son refrain excellemment martelé, la course guerrière « Endless War » et ses échappées Maideniennes, l’hymne « Killing For a Living » ainsi que le superbe dernier coup de tatane « The SRC » – taillé pour des au revoir d’envergure. Et les habitués peuvent compter sur les invariants qui font la "patte Overkill". Ainsi la voix de crécelle de Bobby a toujours – voire même plus que jamais – sa splendeur teigneusement acide (quoiqu’il puisse se la jouer "crooner" également – cf. la fin de « Give a Little »). La basse de DD apporte toujours ce supplément de tension électrique lors des breaks, et dynamise à l’extrême une trame rythmique déjà tendue comme (le pantalon d') un DSK devant Madame le juge. Sans parler des solos enflammés qui, alliés à une rythmique de feu, nous collent des étoiles dans les yeux (mention spéciales à « The Green and Black », aux twins de « Ironbound » et à « Endless War »). Bref, avec cette galette sur les oreilles, on se sent heureux comme un mordu de dilatation en stage intensif à la Fistinière...

 

Il y en aurait encore beaucoup à tartiner pour être exhaustif… Mais l’essentiel est là: Ironbound est une putain de claque thrash comme les nouveaux groupes ne savent plus en distribuer. Dix morceaux déments, à forte personnalité, accrocheurs, pleins d’une rage folle et en même temps d’une expérience incomparable. Ironbound est une leçon de thrash comme on en reçoit rarement au XXIe siècle. Prenez des notes les jeunes…

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Ironbound serait sorti en 1985, il serait universellement reconnu comme l’un des grands classiques du thrash. Ironbound est sorti en 2010: il n’est donc QUE incontournable. La rage et la vitesse des p’tits jeunes, la sagacité et la ruse des vieux singes, une énergie suffisante pour composer une douzaine d’albums de crust: Ironbound met tout le monde d'accord!

photo de Cglaume
le 22/02/2013

7 COMMENTAIRES

R.Savary

R.Savary le 22/02/2013 à 14:27:01

Sinon, pour ceux qui l'on écouté, ça donne quoi par rapport au dernier Kreator ??

sepulturastaman

sepulturastaman le 22/02/2013 à 14:54:49

Je lui préfère l'avant dernier. je trouve Phantom Antichrist moins percutant et incisif que Hordes Of Chaos

cglaume

cglaume le 22/02/2013 à 15:18:31

Pas écouté les derniers Kreator, sorry. Par contre le tout dernier Overkill, sorti en 2012, est lui aussi très très bon, bien qu'un demi-poil moins que Ironbound. La chro, bientôt !

R.Savary

R.Savary le 22/02/2013 à 18:05:39

Alrite merci pour les infos. En gros il faut que je choisisse entre Hordes Of Chaos et Ironbound

sepulturastaman

sepulturastaman le 22/02/2013 à 18:10:48

À mon avis prends Akelarre de Criminal.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 22/02/2013 à 18:16:24

Oldschooooool thrash metôôôl !

cglaume

cglaume le 22/02/2013 à 20:04:57

Choisir, c'est mourir un peu... * hips, je vais me resservir de ce vin... *

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