Textures - Dualism

Textures - "Dualism"
chronique Textures - Dualism

Au sein de la planète Metal, le mouvement djent/modern/meshuggcore/[toi aussi invente une étiquette top branchouille] c’est un peu comme la Chine au sein de la scène politico-économique internationale: un monstre affichant une croissance annuelle à 2 – voire 3 – chiffres, une force de frappe phénoménale qui n’a montré que peu de signes de faiblesse, un truc gros comme ça qui commence à en faire râler quelques-uns qui n’aiment pas voir le phénomène déborder doucement mais sûrement sur leur bol de guitare matinal. Et du flot bouillonnant des formations ralliées à cette récente mais fringante bannière, on voit régulièrement émerger d’excellentes formations dont E{c}centric Pendulum, Om Mani ou Clampdown ne sont que quelques exemples parmi une multitude sans cesse grandissante… Sans parler des quelques trublions à la technique sévèrement burnée (tels Periphery, Animals As Leaders) qui apportent également leur pierre à l’édifice.

 

Alors quand on voit revenir des profondeurs du genre les bataves de Textures, pionniers parmi les pionniers qui ont eu à l’époque la géniale intuition d’injecter des plages atmosphériques et du zen dans leurs brouettées de saccades, on s’apprête à accueillir leur nouvel (et 4e) effort avec bienveillance et respect, même si on se demande bien comment ils vont réussir à se démarquer encore de la masse de leurs excellents suiveurs…

 

Mais c’est là la marque des seigneurs: être capable de continuer à tenir sa position de phare dans une mer toujours plus emplie des lumières des nombreux vaisseaux qui y croisent. Comment le groupe procède-t-il pour arriver à ses fins? Sur le papier ça pourrait presque sembler simple. Tout d’abord mettre d’emblée les choses au clair et les points sur les i via un « Arms Of The Sea » magistral qui combine tous les ingrédients du genre – groove invertébré, saccades caoutchouc et postillons core contrastant judicieusement avec de majestueuses aérations, de subtiles caresses et un chant clair sobre et parfait. Appuyer ensuite le propos via un « Black Horses Stampede » fait du même bois, puis, alors que l'audience est mûre, lâcher le premier tube imparable, « Reaching Home », qui sublime le genre et a d’ores et déjà inscrit ses cymbales impatientes et sa lead a vibrato céleste bien profond dans la case Pavlov de notre inconscient (ça va baver dur en concert, dès les 1eres notes de cette intro!). Et paf!

 

Oui mais un grand ne s’arrête pas en si bon chemin, et sur le début de « Sanguine Draws The Oath » (à 0:17!), Textures nous balance LE plan djentétiquement modifié de l’album: un mariage symbiotique démentiel entre caisse claire sur la brèche, séance de morse guitaristique au scalpel, puis lead surplombante brumeuse et chant clair nickel. Ça vous rigidifie un calfut’ en moins de 2 ça mon p’tit bonhomme! Et si le morceau se développe un peu moins heureusement par la suite, c'est oublié dès l’intro ouatée de « Consonant Hemispheres » qui semble échappé des sessions de Terria (oui, c'est ça: de Mr Townsend). D’ailleurs c’est amusant de constater comme à partir de ce moment, l’ombre du canadien se fait sentir sur le reste de l’album, de l’instrumental « Burning The Midnight Oil » à « Stoic Resignation » et « Foreclosure ». Mais revenons-en plutôt au plan de reconquête du trône entrepris par Textures sur Dualism, qui continue par une 2e couche de baffes amenée par « Singularity », autre gros tube de cet album. S’ensuit une période plus nuancée, où le groupe semble chasser sur les terres de Klone, jusqu’au bouquet final de rigueur, « Sketches From A Motionless Statue », varié, grandiose (ce démarrage Hollywoodo-U2-ien mes enfants!) et plein d’une virulence puissamment réaffirmée.

 

Merde c'te chronique-pavé! En plus j’ai suivi le plan track-by-track… Ah le boulet! Bon, tant pis. Je n’en remettrai donc pas une couche sur les performances individuelles des zicos. On saluera quand même l’arrivée de Daniël de Jongh, qui rentre avec aisance dans les pantoufles de son prédécesseur, sa maîtrise de la nécessaire schizophrénie permettant de faire le grand écart entre éructations apoplectiques et caresses vocales(et non pas bucales!) pouvant rappeler Greg Puciato (TDEP)… D’autant que sur « Sanguine Draws The Oath » le sieur part dans des intonations nasales à la Patton, également chères à son homologue ricain.

 

Allez, concluons vite et bien. Au bout de 4 albums, Textures non seulement ne s’essouffle pas, mais au contraire se réaffirme comme un pilier de la scène. Sans pour cela avoir à se transformer, le groupe continue d’offrir du grand, du frais et une vraie démonstration de savoir-faire. Impressionnant … Et le plus important: passionnant!

 

 

 

La chronique, version courte: vous aimez votre djent progressif et atmosphérique? Vous kiffez les leads pleines d’écho qui égrainent la parole divine sur fond de moissonneuse-batteuse rythmique déhanchée? Avec Dualism, vous tenez un mètre-étalon en la matière. 

photo de Cglaume
le 19/03/2012

6 COMMENTAIRES

pier

pier le 20/03/2012 à 13:50:55

album et groupe genial...qui ne passe que trop rarement en france...

hé les mecs bookez une tournée chez nous!!

vkng jzz

vkng jzz le 20/03/2012 à 14:30:23

il m'a déçu celui là, tellement attendu ça retombe un peu comme un soufflé, et surtout l'apport du nouveau chanteur est tout simplement de zero qui fait exactement la même chose que le précédent. Aucune évolution dans leur musique alors que le groupe était attendu et comme tu le disais Cglaume, au vu des groupes reprennant le flambeau en ce moment, on pouvait en attendre plus de la part d'un des pionniers du genre..

cglaume

cglaume le 20/03/2012 à 15:06:29

Perso je m'attendais à être déçu... Alors, vu qu'à mes yeux ils ont fait BIEN PLUS qu'assurer, là je m'en suis pris plein les naseaux !!

pndi

pndi le 20/03/2012 à 19:11:09

bof bof, j'ai énormément de mal avec le nouveau chanteur. de plus la plupart des titres manquent de passages marquants.

Oni²

Oni² le 06/06/2013 à 16:35:11

Très bonne chro pour un groupe qui n'en méritait pas moin, pour moi une des meilleures formations de metal moderne, un plaisir de te lire

cglaume

cglaume le 06/06/2013 à 16:55:27

Merci bien M l'Eternel ;)

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