Wilderun - Veil of Imagination

Chronique CD album (01:06:15)

chronique Wilderun - Veil of Imagination

Autant les Entombed wannabes, les clones de Meshuggah ou les copies carbones de Slayer on ne sait plus où les ranger: ça dégouline des étagères et occupe de pleins Téraoctets sur nos disques durs. Autant ce n'est pas tous les quatre matins qu'un nouveau venu s'attaque à des monuments comme le Crimson d'Edge of Sanity ou les plus ambitieux des opus d'Opeth.

 

Comment ça, "Si"? T'abuserais pas un peu quand même Xuxu? C'est surtout que tu n'écoutes que des one-geek bands qui se chatouillent l'avant-gardisme au fond de leur home studio dans les bois pendant les longues soirées de l'hiver norvégien. Du coup, forcément, ça leur laisse le temps de s'attaquer aux répertoires les plus exigeants...

 

Du côté de chez Wilderun, si l'on est en mesure de s'attaquer à de tels monuments – mais aussi aux orchestrations fastueuses de Septicflesh, aux œuvres ambitieuses de Disillusion ou encore aux folkeries hollywoodiennes d'Orphaned Land – c'est qu'on sort de la prestigieuse Berklee College of Music de Boston. Et que pour gagner un peu de thune on bosse sur des musiques de film et de jeux vidéo (Wayne Ingram, à la guitare et aux orchestrations, bosse même avec Hans Zimmer dans le cadre de sa Bleeding Fingers Company). Alors si votre truc c'est plutôt les groupes garage avec Steven qui sue sur sa guitare pour reproduire les plus grands riffs à 2 cordes de Max Cavalera, vous vous êtes trompés d'étage: c'est au palier d'en-dessous que ça se passe!

 

Si, sur leurs 2 albums précédents, les Américains étaient plus dans un trip Folk Metal ambitieux – je me fie à leurs dires, ainsi qu'à quelques écoutes transversales de leur Bandcamperies –, Veil of Imagination est l'occasion pour eux de passer une 2e, voire une 3e couche d'orchestrations fastueuses, de chœurs emphatiques et plus généralement d'ornements symphoniques sur leur musique. Le long de ces 8 morceaux culminant souvent au-delà des 8, 9, 11, voire 14 minutes – on parlait Folk, on parlait orchestre, mais il faut aussi parler Prog – on a donc souvent l'impression d'entendre une coopération entre Mikael Åkerfeldt et Dan Swanö visant à composer une B.O. inspirée de leurs œuvres respectives. Et forcément, le résultat « n'est pas sale ». Guitares acoustiques aux cordes délicatement brossées, confessions en chant clair laissant deviner un feu brûlant, poussées d'espoir magnifiquement métalliques, chœurs évanescents captés en des contrées imaginaires, explosions de double et de growl profondément rocailleux, fil d'Ariane narratif et décors peplumesques: on est certes ici en territoires bien connus, mais malgré quelques ficelles évidentes on se laisse happer par tant de gigantisme et de savoir-faire.

 

Et l'on fait des « Oooooh » et des « Aaaaaaah » en voyant passer à gauche quelques réflexes Townsendiens (au début de « O Resolution! »), et à droite un riff plus rock qui nous renvoie vers le Amok de Sentenced (peu après la barre de la minute sur « The Tyranny of Imagination »). Des «???? » également, en découvrant le dénuement à la Léonard Cohen du début de « Scentless Core (Fading) ». Quelques « Mouais... » aussi, quand les violons tissent des broderies sucrées plus dans l'esprit Disney que dans celui du Hans Zimmer précédemment cité. Mais si les cordes sont parfois un peu usées (les éternels débuts délicats démarrant un long crescendo, les breaks / effets de contrastes, les réveils héroïques...), on ne peut retirer à l'album ces nombreux moments où le palpitant s'emballe, ni ces merveilleuses accroches qui, à leur apogée, aboutissent à la création d'un véritable tube (de plus de 8 minutes quand même), « Far from Where Dreams Unfurl », un brin plus Folk que la moyenne, qui évoque d'ailleurs le meilleur du Orphaned Land de ces 10 dernières années.

 

Vous avez des envies de blockbuster épico-progo-extrême-métallique, mais également de nouveauté? Allez donc fissa écouter Veil of Imagination, dont le contenant est à l'avenant du contenu puisque outre un mixage assuré par Dan Swanö, celui-ci bénéficie également d'un mastering par Jens Bogren (ce n'est pas le genre d'argument qui me convainc ni qui sied à une conclusion de chronique joliment troussée, c'est vrai. Mais j'avais oublié de glisser l'info. Là, du coup, c'est fait. C'est maladroit? M'en fous...)

 

 

PS: la sortie chez Century Media date de juillet 2020, mais l'album est sorti en autoprod' dès novembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: si l'on demandait à Mikael Åkerfeldt (Opeth), Kobi Farhi (Orphaned Land), Andy Schmidt (Disillusion) et Christos Antoniou (Septicflesh) de collaborer pour créer une B.O. inspirée du Crimson de Edge of Sanity, on obtiendrait sans nul doute un album ressemblant comme deux gouttes d'eau à Veil of Imagination. Et si ça ne vous fait pas saliver, je ne peux plus rien pour vous...

photo de Cglaume
le 11/12/2020

1 COMMENTAIRE

Alias

Alias le 11/12/2020 à 11:35:52

Mon album préféré de 2019, point.

Les deux précédents étaient sympas aussi, mais celui-ci est juste énorme.

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