CONVERGE - Interview du 24/06/2007

CONVERGE (interview)
 
Pour commencer, comment s'est passé votre concert à Paris hier ? Vous savez qu'il y avait beaucoup de monde qui vous attendait là-bas ?
Ben (batterie) : C'était génial : les groupes étaient incroyables, les gens gueulaient beaucoup, c'était... plein de sueur et énergique.
Nate (basse) : C'est un des concerts les plus chauds que j'ai fait. Il faisait horriblement chaud là-dedans, mais le concert était génial et les kids excellents. A chaque fois qu'on a joué à Paris c'était bien.


Animosity et Rise&Fall sont avec vous sur cette tournée, est-ce que c'est un choix qui émane directement du groupe ?
Oui. On est amis avec Rise&Fall depuis pas mal de temps, on a sorti leur album aux U.S.A, pour Animosity c'est Kurt (Ballou, guitariste de CONVERGE, ndlr.) qui a enregistré leur nouvel album donc c'est comme ça que ça s'est fait.

Est-ce qu'il y a des groupes qui vous ont impressionné récemment avec lesquels vous auriez également voulu jouer ?
Nate : Torche, Disfear...
Ben : Zozobra, Clouds...
Nate : Lesquels on aime encore...? Je ne sais jamais comment répondre à ces questions parce que j'oublie plein de groupes dès qu'on me les pose.


Comment tranchez-vous pour vous dire « ce sera ce groupe là »?
Nate : C'est tout d'abord qui est disponible à ce moment-là. Sur cette tournée on savait déjà qu'on voulait Rise&Fall parce que ce sont de bons amis à nous depuis quelques années, et les Animosity venaient de terminer leur album et ils pouvaient venir en tournée alors on leur a demandé.

Est-ce que c'est un peu spécial pour un groupe comme CONVERGE de jouer en extérieur dans des festivals? Est-ce que vous pensez que l'énergie qui explose sur scène est perçue de la même manière que dans des espaces plus petits ?
Ben : J'aime mieux les petites scènes, quand le groupe est plus proche, l'énergie n'a pas de barrières, il y a une meilleure relation avec les kids. Quand il y a trop d'espace c'est plus dur.
Nate : Je n'ai jamais eu l'impression que notre musique pouvait se traduire dans de gros festivals, je ne pense pas que cela fonctionne aussi bien. On est un groupe de Hardcore et je pense qu'un des ingrédients les plus importants qui fait ce que nous sommes et ce que sont nos concerts est l'énergie entre le public et le groupe. Dans des petits clubs il n'y a plus de différence entre les deux, il n'y a qu'une seule énergie tandis que dans les gros festivals c'est plus le groupe d'un côté et la foule de l'autre. C'est juste comme si on divertissait les gens et eux ne font que regarder tandis que dans des petites salles c'est plus: tout le monde créant quelque chose ensemble et je pense que c'est ce qui est important dans le Hardcore.


Alors vous appréhendez un peu le concert de ce soir ?
Nate : Non, je pense que sera bien. L'année dernière nous avons fait une tournée avec un festival itinérant aux U.S.A qui s'appelle le Sounds of the Underground. Et, bien que ce ne soit pas le genre de concert que nous aimons faire, nous avons appris à jouer dans cette configuration. Et, au bout du compte, si les gens aiment ton groupe, tu montes sur scène, tu te donnes à fond et tout le monde passera un bon moment.

Au sujet de votre dernier album « No Heroes ». Il a de très bonnes critiques depuis sa sortie et une majeure partie de ceux-ci s'accorde sur le fait que CONVERGE semble plus fort que jamais. D'où tirez-vous toute cette énergie pour continuer à avancer comme vous le faites ?
Ben : (enclin à blaguer, ndlr) D'où vient notre énergie? Haine de nous-même, haine des autres, haine pour le monde entier, haine des interviews (rires)...
Nate : Non on blague !
Ben : Sinon, je travaille mon endurance avec un jeu vidéo de danse dans mon appartement. J'y joue tout les jours, ça me file de l'énergie et de l'endurance (ndlr: on ne sait plus s'il plaisante ou non...)
Nate : Je pense que chacun puise dans sa vie de tous les jours et trouve un moyen de canaliser sa frustation avec la musique. Cet album a été un challenge; il y avait plein de chansons qui n'étaient pas faciles à jouer, en tout cas pour moi. On a écrit cet album dans un laps de temps très court, a peu près un mois avant d'enregistrer on a écrit les chansons. Cet album était passionnant parce que nous ne savions pas dans quelle direction il allait aller et pendant que nous étions en train de l'écrire on était enthousiasmés par les morceaux . Dès qu'on a fini de l'écrire on a commencé à enregistrer et on a continué l'écriture pendant l'enregistrement. Et je pense que l'énergie qui ressort de l'album vient du fait qu'on venait de composer ces morceaux et on était pressés de les jouer, même s'il y a des parties difficiles à jouer, enfin je ne peux pas parler pour les autres mais pour moi oui.
Ben : C'est plus facile maintenant mais c'est vrai que les premières fois elles étaient très dures...
Nate : Ouais en tout cas pour un « punkrocker » comme moi elles l'étaient, peut-être que ça ne l'est pas pour ces black métalleux là-bas (rires)


Avec tous les shows que vous avez pu jouer à travers le monde, quels sont les plus spéciaux pour vous, que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons ?
Ben : Kansas City misère. Nan heu...
Nate : Kansas city? Kevin de Doomriders a joué à Kansas city et c'était son show le plus glacial tu te rappelles de ça? Il y avait un magasin de musique à côté et il a acheté un de ses caissons géants qu'il a essayé de mettre dans ton van...
Ben : ah oui... (rires)
Nate : (s'adressant à nous, reprenant le fil de l'interview, ndlr) oh, désolé .. Sinon l'Islande est géniale, comme la Scandinavie, la première fois que nous sommes allés au Japon aussi.
Ben : ouais, incroyable, notre premier concert à Tokyo, je ne l'oublierai jamais. L'australie aussi, un paradis tropical fait de « fun » et de nanas magnifiques, le bonheur...
Nate : Pour moi, à chaque fois qu'on joue pour la première fois dans un endroit, c'est une expérience nouvelle et ça reste gravé dans ma mémoire. Parce qu'il y a des lieux où on a joué tant de fois que je ne peux même plus les compter, les concerts peuvent y être géniaux à chaque fois mais ça en arrive au point où apprécies moins parce que tu y es venu tant de fois.
Ben : Ouais à chaque fois que tu vas dans endroit où tu n'es jamais allé, même pour là, c'est quoi déjà: Slovénie? Je ne connais rien sur la Slovénie mais je suis impatient d'y aller.


Et peut-être aussi parce qu'il y a aussi beaucoup d'attente de la part des gens dans ces pays...
Nate : Oui, on reçoit beaucoup de lettres et d'e-mails du genre « vous ne venez jamais jouer ici! Quand est-ce que vous venez jouer ici? » Et vraiment j'aimerais pouvoir jouer partout mais évidemment c'est impossible, en tout cas je me sens à l'aise avec le fait que nous jouions dans des lieux où peu de groupes s'arrêtent et les gens y sont enthousiastes parce que quelqu'un vient jouer dans leur ville. Je sais que que ça va sonner un peu prétentieux mais bon... Lors de notre première tournée européenne en 1999 on est allés en Croatie – on n'y est pas retournés depuis mais j'aimerais bien – et les kids étaient là « merci beaucoup d'être venus, tout le monde pense que ce pays est une zone de guerre », et ce concert était incroyable, tout le monde était vraiment heureux. C'est rafraîchissant de jouer dans de tels endroits par rapport à New York city où il y a 50 concerts par soir et tout le monde s'en fout, même si le concert est énorme, tout le monde à New York a vu tous les groupes et s'ils manquent ce groupe ils pourront le voir la semaine d'après, donc c'est cool d'aller dans ces villes où il y a peu de shows.

En France, les groupes les plus connus en métal ou Hardcore – je veux dire ceux qui vendent le plus – peuvent à peine vivre de leur musique. Quelle est la situation pour un groupe comme CONVERGE aux U.S.A?
Nate : Quand on fait une tournée, on fait effectivement de l'argent mais en aucun cas ça ne nous rend riche. Nous avons tous des boulots en dehors du groupe. Je pense que c'est probablement plus facile pour un groupe américain de vivre de ce genre de musique, parce que le regard porté sur cette scène est plus important aux Etats-Unis. Ce qui est un peu injuste d'ailleurs parce qu'il y a des groupes européens géniaux. Mais je pense qu'il est très difficile pour la plupart des groupes de hardcore américains de faire de l'argent avec leur musique, c'est dur pour n'importe quel groupe.
Ben : Et particulièrement quand tu ne contrôles pas les aspects de management, quand tu as des managers ou plein d'autres gens impliqués qui essayent de prendre des parts de ce que tu fais. Ce genre de groupes qui ne font pas assez attention ne voient pas leur argent, ils rentrent chez eux les poches vides.
Nate : Aussi, je pense que si tu vends, si ton but est de vivre de ta musique c'est voué à l'échec. Ton but devrait être de faire de la musique et d'y prendre du plaisir et, avec de la chance, les bonnes choses viennent avec.


Qu'est ce qui vous occupe quand vous n'êtes pas à répéter, enregistrer ou à tourner ensemble? Quelles sont vos activités en dehors du groupe?
Ben : Tu veux dire, au foyer? (suit une blague à base de « hooker » que je n'ai pas capté, ndlr)
Nate : Je passe beaucoup de temps avec ma femme. J'ai mon travail, je bosse pour une société de mobilier, des amis à moi « designent » du mobilier personnalisé et je les construis. Je fais du skate, du surf et je joue dans un groupe qui s'appelle Doomriders, j'y consacre pas mal de temps, et avec Converge je suis assez occupé.
Ben : J'ai un nouveau groupe à New York, on n’a pas de nom encore mais on pense à « Dickfire » ou... je sais pas vous avez pas un nom de groupe cool?
Nate : Et pourquoi pas « Cockchicken »? (rires général)
Ben : Pourquoi pas, mais ça ne sonne pas très approprié. (rires) mmm...« Cockchicken »... ouais c'est génial. OK, désolé. (rires)


En parlant de Doomriders? Quelles sont les news des autres groupes dans lesquels vous êtes impliqués?
Nate : Avec Doomriders on écrit un nouvel album, il me semble que cette semaine un double LP live devrait sortir au Japon sur Daybay(?) recordings et on va faire quelques dates aux U.S avec Disfear et après on se concentrera sur le nouvel album, terminer la composition et ensuite enregistrer... Jacob fait un album solo, quelque chose qui mélange des trucs avec des claviers et qui sonne comme un groupe « garage », il fait ça sur son ordinateur avec des riffs heavy. Et Ben, il jamme tout le temps avec quelqu'un...
Ben : Ouais, je suis toujours avec des amis, à faire des concerts, monter de nouveaux groupes avec deux ou trois amis. Avec Cave In on devrait encore faire quelques concerts ou écrire un nouvel album, ça devrait se faire éventuellement, tout le monde est assez occupé dans le groupe en ce moment. Là on fait une pause; chacun a d'autres groupes, une petite amie, une femme, des animaux etc...(rires) des gosses, des gosses en prévision etc... Donc, quand tout le monde sera moins occupé à copuler, éventuellement on se mettra à composer et ensuite à tourner.
Nate : Et, éventuellement, avec de la chance, on fera un nouveau Old Man Gloom, un de ces jours.
Ben : Il y a juste trop de groupes, trop de projets ... On va essayer de faire un album Converge/Cave In qui s'appellerait « Virgin » et d'enregistrer quelques démos mais c'est en cours.


Est-ce que vous pouvez imaginer une vie « post-CONVERGE »? Est-ce que vous pensez que vous continueriez avec une autre forme d'expression artistique ?
Ben : Je serai toujours impliqué dans la musique, c'est clair.
Nate : Ouais, CONVERGE est fait de gens assez créatifs donc je pense que, de toute façon, que CONVERGE existe ou non, on sera toujours en train de créer de la musique ou quelque chose qui aura à voir avec le processus de création musicale.
Ben : Oui, j'aime faire de la musique, je pense que je ne suis pas mauvais à ça aussi, ça veut dire que j'en ferai jusqu'à ce que je meure.
Nate : C'est un peu la seule chose à laquelle je pense être bon aussi.
Ben : C'est un peu comme un chien fidèle: il est toujours là pour toi, pour t'aimer. Et il est aussi là pour que tu l'aimes en retour...
Nate : Ouais ma gratte ne m'a jamais laissé tomber (rires)
Ben : A chaque fois que tu es seul, tu peux choper une partoche au magasin de musique et t'éclater avec tes potes... (Ben s'excuse de devoir nous quitter...: « duty calls », ndlr)


Est-ce que tu pourrais nous dire quelques mots sur le DVD que vous allez sortir cette année ?
Nate : Ouais, bien sûr. On a fait, ça doit faire quatre tournées au Japon maintenant, et on a filmé pas mal de choses, de bonnes vidéos qu'on a pas encore mis sur les précédents DVD's. Et on s'est dit : « Pourquoi ne pas faire un DVD qui soit constitué de prises live qui n'aient pas été tournées aux U.SA? » donc il y aura des trucs venant du Japon, d'Australie, d'Europe et je pense que les vidéos qu'il y aura dessus sont largement meilleures que sur le précédent DVD, je n'étais pas si satisfait que ça du DVD précédent d'ailleurs. J'aimais bien l'idée derrière, mais je pense qu'on aurait pu mieux le réaliser, là, celui-ci est bien meilleur.

Est-ce que tu t'intéresses à la littérature? Est-ce qu'il y a des auteurs ou des livres qui vous inspirent dans les paroles ou l'atmosphère de vos chansons ?
Nate : Oui ! Bon, bien sûr je n'écris pas les paroles. Mais, oui, je lis pas mal. En ce moment je relis « l'histoire du peuple des Etats-Unis », sinon je viens de lire un livre de James Loewen qui s'appelle « les mensonges que mon professeur m'a appris » (« Lies my teacher told me » en V.O, ndlr), qui traite aussi de l'histoire des U.S.A et des mensonges transmis aux étudiants américains, de la manière dont le gouvernement U.S a réécrit son histoire et l'a vendu à ses écoles. Pour, en fait, qu'elle soit enseignée aux enfants de manière incorrecte. Ouais j'aime bien lire des trucs sur l'histoire... Il y a une chanson de Doomriders qui s'appelle 'The Long Walk' qui est au sujet d'un prisonnier de guerre polonais pendant la 2e guerre mondiale, qui était prisonnier des allemands et qui a été emmené en Sibérie. Il s'est echappé et a marché tout du long entre la Sibérie et les Indes britanniques. C'est tiré d'un livre très intéressant. Et sinon on aime tous: Hunter S.Thompson (auteur de « Las Vegas parano », ndlr), Charles Bukowski (« contes de la folie ordinaire » entre autres...ndlr), John Fante... Ce genre de trucs.

Ok, on n'a plus de questions donc on te laisse le mot de la fin.
Nate : Ok, merci pour l'interview et merci à tous ceux qui sont venus nous voir sur cette tournée !
photo de Mat(taw)
le 10/07/2007

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