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Les interviews Impure Wilhelmina - Interview du 01/06/2017

Impure Wilhelmina - Interview du 01/06/2017 | COREandCO

Membre(s) interviewé(s) :
Michael (chant / guitare) et Mario (batterie)

Les interviews Impure Wilhelmina
Impure Wilhelmina

Impure Wilhelmina est du genre discret, et pas spécialement à l'aise avec la promo...mais Mario (batterie) et Michael (chant-guitare) se sont faits violence avant la sortie de "Radiation".
Des artistes qui n'aiment pas trop répondre aux questions d'un chroniqueur qui n'aime pas en poser : ça donne ça.

 

Alors, faire la promo, c'est pénible hein ?

 

Michael: Oui, je n'ai jamais vraiment aimé ça.

 

Commençons par la plus con et la plus évidente des questions sur votre dernier album : pourquoi "Radiation" ?

 

Michael : Nos titres d'albums précédents, par exemple “I can't believe...”, “L'amour, la Mort, … ”, étaient plus liés au textes qu'à la musique. Pour celui-ci, c'est un peu l'inverse, le terme “Radiation” évoquant une onde qui se propage, comme une onde sonore, mais avec une connotation plus dangereuse. C'est un titre qui donne beaucoup de cohérence à l'ensemble de l'album je crois. Cela nous a d'ailleurs aidé pour l'enregistrement, le choix de ce titre y étant antérieur.

 

Un bon 30 mois entre la sortie de "Black Honey" et celle de "Radiation"...c'est plutôt court non ?! Vous aviez déjà des titres dans les cartons avant la sortie du précédent disque (qui, pour le coup, s'était fait attendre (malheureusement)).

 

Michael : Oui, il nous est arrivé de laisser plus de temps entre deux albums. Je crois qu'il y a deux raisons pour cela. D'une part le line-up est resté le même entre les concerts pour “Black Honey” et le nouvel album, ce qui facilite les choses, et d'autre part, nous ne voulions pas trop attendre après la signature sur Season of Mist en 2015.
Non, pas de titres dans les cartons comme tu dis, juste quelques riffs ou parties que je traînais depuis des années. Le reste a été composé après “Black Honey”.

 

Au fil du temps, vos albums s'adoucissent vocalement, est-ce un choix, le besoin de mieux te faire comprendre, le plaisir de chanter, une contrainte (des cordes vocales plus fragiles), l'envie de faire passer des choses autrement qu'en gueulant ?  On a l'impression qu'il s'agit de la suite logique de "Black honey" qui délaissait déjà le chant "Grr Grr" dont on sentait un certain "ras le bol". 

 

Michael : Un peu tout cela à la fois. En tournée, alterner entre chant clair et “Grr Grr” comme tu dis me nique la voix après 2-3 dates. Et en plus, ce choix pour « Black Honey » a peut-être été motivé par le fait qu'à l'époque je braillais dans Vuyvr, qui est bien extrême, ce qui m'a peut-être poussé à adoucir Impure d'un point de vue vocal.

 

Mario : Je vois ça comme une évolution assez logique. Il y avait déjà au moins deux morceaux sur "Prayers and Arsons" avec uniquement du chant clair, dont le titre d’ouverture «Continental Breed». On a poursuivi sur cette voie-là. Personnellement, j’ai toujours trouvé cette option plus intéressante et ambitieuse. Cela ouvre des possibilités mélodiques infinies.

 

Le chant en français sur la fin de "Race with you" est vraiment réussi ! Mais merde alors, on s'y attendait pas ! Je crois que c'est la première fois...Alors, pourquoi ? 

 

Michael : J'ai 2-3 compositions en français, mais je ne les ai jamais utilisées. Cela s'est fait assez spontanément, y'avait ce morceau, “Race with you” que je ne savais pas comment conclure, et puis j'y ai collé cette fin, et cela renforçait la cohérence du morceau, donc voilà. En cela nous permettait de conclure l'album d'une façon originale et marquante.


Mario : Mais ce n’est pas la première fois ! Il y a aussi l’intro de « The Rope » sur "Prayers and Arsons" : «Crève et meurs et mets fin à tes jours, etc...) ». (NDLR : sans vouloir me dédouaner, je m'étais rendu compte de mon erreur...juste après avoir envoyé les questions)

 

Avoir 20 ans pour un groupe, ce n'est pas rien. Mais est-ce que ça fait quelque chose ? Qu'est-ce qu'on en retient ? Vous aimeriez en faire 10 de plus ?  Et les changements de line-up, même s'ils sont fortuits permettent-ils de relancer la machine ?

Michael : Oui bien sur que ça permet de relancer le truc. Par exemple, pour « Radiation », Sebastien (basse) et Diogo (guitare) ont beaucoup contribué aux arrangements et à la dynamique de l'ensemble.
On a fêté les 20 ans du groupe en novembre dernier, avec un concert à Genève réunissant tous les anciens membres. Cela nous a permis de partager quelques souvenirs, de rejouer des très vieux morceaux. Et de faire une sorte de bilan, qui s'est avéré très positif. En effet, cette soirée a été une grande réussite, non seulement pour nous, mais pour le public présent, d'après les échos que j'ai eu. Donc voilà ce que j'en retiens.
Donc 10 de plus, pourquoi pas, pour fêter les 30 ans.

 

En 20 ans, qu'est ce qui a changé pour vous le plus dans le microcosme musical ? (peu importe le sujet : les fans / les concerts / les tournées / les labels / Internet qui a changé le rapport à la musique ou même vos changements de line-up !).


Michael : Internet a changé pas mal de choses, surtout sur la manière de faire de la promo. Pour le reste, pas trop.
Mario : Ça ne fait pas 20 ans que je suis dans le groupe (13 ans quand même!), mais j’ai l’impression que le monde a changé entre temps. Il y a 100 fois plus de groupes qui tournent, qui parviennent vite à se faire connaître. C’est clair qu’internet et les réseaux sociaux ont radicalement changé la manière de faire de la promo, de vendre des disques, de booker des tournées, etc. Je suis toujours frappé comme certains jeunes groupes maîtrisent la comm’. On fait des efforts mais on reste un peu des vieux amateurs dans ce domaine!
 
Est-ce qu'on écrit, on compose après 6 albums de la même manière, avec la même envie ? Si oui, tant mieux, si non, comment fait-on pour raviver la flamme ?


Michael: Je compose en permanence, je ne me suis par arrêté en 20 ans. C'est peut-être ça le truc. En tous cas c'est l'aspect que je trouve le plus stimulant dans le fait d'avoir un groupe de rock.

 

Je n'ai pas les paroles de "Radiation" (et mon anglais n'est pas très bon, comme tout français qui se respecte), mais il semblerait que les mots aient encore pris une nouvelle dimension que leur une gravité soit aussi forte que la musique. Peux-tu m'expliquer comment tu écris, comment tu choisis tes sujets etc.


Michael: J'aime quand les paroles viennent en même temps que la musique, mais ce n'est pas assez souvent le cas. Disons que dans chacun des morceaux, il a un ou deux fragments de texte écrit de la sorte. Et pour le reste, je brode autour à partir de ce noyau central, ce qui est souvent laborieux. Avec cette manière d'écrire, on ne choisit pas vraiment ses sujets, je ne me pose pas avec une feuille blanche en me disant que je vais parler de tel ou tel truc. .

 

Les mots le plus récurrents dans la discographie d'I.W appartiennent souvent aux champs lexicaux de l'enfance et à la douleur, la souffrance. On pense évidemment à l'album  "L'amour, la mort, l'enfance perdue". Est-ce que ces deux sujets, qu'on pourrait relier (ou pas nécessairement) sont des obsessions, des peurs ?


Michael : Ceci prolonge la réponse à la question précédente. En effet, avec ma manière d'écrire, il y a forcément des récurrences dans les thématiques. Alors je ne sais pas si ce sont des obsessions ou des peurs, mais peut-être. Cela renvoie en tous cas à des choses très profondes, et il n'y a pas d'autres manières de faire. Parler d'un sujet qui n'a pas une forte résonance en moi ne m'intéresse pas.

 

La pochette de "Black Honey"  tranchait pas mal avec le reste de la discographie. Pour "Radiation" on est dans un style plus proche des anciennes.
Pourquoi aviez-vous fait ce choix sur "Black Honey" ? Pourquoi être "revenu aux sources" ? Qui a réalisé ce visuel ? Comment s'est passée l'étape du choix ?

 

Michael : Avec « Black Honey » on voulait volontairement casser avec ce que l'on avait fait auparavant, d'ou le choix d'une photographie. Pour « Radiation », on a laissé le champ libre à Nicolas Todeschini et Vincent Chanal, qui ont réalisé la pochette. On retrouve plusieurs éléments qui évoquent nos pochettes précédentes, par exemple le cercle (« Afraid »), la gravure (« Prayers... ») et même des rochers, comme dans « Black Honey ».


Mario : Nico et Vincent ont pas mal galéré avant d’aboutir à ce visuel. Ils n’avaient pas du tout la volonté de « revenir aux sources », comme tu dis. Leurs premiers essais étaient d’ailleurs vraiment très différents. Finalement, tout le monde est tombé d’accord sur cette cover. Pas parce qu’elle est relativement classique dans la forme, mais parce qu’elle est magnifique, profonde et qu’elle colle très bien à notre album.


Ma femme a vu votre dernière photo promo de groupe, elle m'a fait remarquer que vous aviez tous les 4 des lunettes et que ça vous allait bien...et que vous ne faisiez pas "gros cons de metalleux comme certains groupes clichés que [j']écoute".
Il est vrai que de manière plus générale et bien au-delà du look, vous sortez pas mal des clichés (rien que musicalement) . Vous n'avez jamais eu l'impression que, paradoxalement, votre originalité puisse jouer contre vous (pour être booker / partager affiches / auprès du public etc.) ?

 

Michael : Oui elle joue contre nous, mais c'est parce que la promo n'est pas trop notre truc, du coup on subit quelque peu ce qui est dit sur nous, au lieu d'imposer une image qui nous correspond. Par exemple, on a le terme « post-hardcore » qui nous colle aux basques, alors que je n'ai jamais vraiment écouté de hardcore, bref je ne m'y retrouve pas du tout. Il faudrait vraiment qu'on réfléchisse à notre image. Alors pourquoi pas les lunettes, si ça nous va bien, c'est un début.   

 

As-tu la sensation de jouer dans un groupe vu comme "un peu intello" en jouant ainsi sur des références littéraires (rien que dans le patronyme), de sortir des clichés, d'accorder une grande importance aux textes particulièrement sensibles et fins ? 

 

Michael : Non, je n'ai pas cette sensation. J'essaie juste d'être sincère. C'est marrant, je viens de lire une chronique ou ma voix est décrite comme étant « presque touchante de naïveté ». Donc Kant ou le Douanier Rousseau ?

 

Vous repartez en tournée pour l'automne. Quand on est déjà pas mal rompu à l'exercice, qu'est-ce que vous en attendez ? Au-delà de la présentation du nouvel album ?
Est-ce que c'est toujours aussi "roots" qu'à vos débuts ?


Michael : Presque aussi roots, même si on joue de plus en plus régulièrement dans de vraies salles de concerts et de moins en moins souvent dans le sous-sol carrelé d'un kebab.  
En ce qui concerne les attentes, on va tâcher de se focaliser sur le plaisir d'être (encore) sur scène.


Mario : Disons qu’on travaille à faire des tournée un peu moins roots qu’avant, mais on n’y arrive pas toujours! Je trouve parfois plus dur de tourner dans des bonnes conditions aujourd’hui qu’il y a dix ans. Il y a tellement de groupes sur les routes, la concurrence est rude.


Si vous deviez (re)jouer / (re)faire une (mini-)tournée avec un groupe (même mort depuis), ce serait avec qui ? Et pourquoi ?


Michael : Spontanément je dirais Overmars, que de bons souvenirs, et une tension rarement vue sur scène. Et pour revoir Xavier tout nu.
Sinon, d'un point de vue anthropologique, il eut été intéressant de tourner avec Mötley Crüe au début des années 80.


Votre chanson préférée du dernier album et pourquoi ? Et de toute la disco d'I.W ?


Michael : Peut-être “By ravens and flies”. Elle a été la plus coriace à enregistrer et à mixer, et elle atteint tout de même les 0,05% de ce qu'a pu faire Bathory dans le genre épique.
Sur l'ensemble de la disco d'I.W, ma chanson préférée fait partie de celles qu'on va composer à l'avenir, je l'espère.


Mario : J’ai toujours eu un faible pour "Bones and Heart". Cette chanson m’a accroché dès la première seconde. Je me souviens avoir écouté en boucle la version démo «garage band » de Michael pendant toutes mes vacances d’été 2015, avant même qu’on la joue ensemble !

 

Pour nous donner l'air intelligents, nous demandons fréquemment aux groupes interviewés ce qu'ils lisent actuellement...
Alors, qu'en est-il pour vous ?

 

Michael : Un cours de relativité générale, ça me rappelle ma période étudiante. Comme toujours dans les traités de physique, l'aspect mathématique, assez abordable dans ce cas, donne l'illusion de comprendre les concepts sous-jacents, mais quand on y réfléchit vraiment, cela reste extrêmement contre-intuitif et déroutant.


Et ce que vous écoutez actuellement ?


Michael : En répondant à ces questions, j'écoute “Horizonless”, le dernier album de Loss.


Mario : ‘Optimist’ de Gold (le groupe de Rotterdam, pas celui de Ohé, ohé, capitaine abandonné). Clairement le meilleur truc que j’ai découvert depuis le début de l’année.

 

Quelle est la question à laquelle vous aimeriez répondre mais qu'aucun gars d'un webzine / fanzine / magazine n'a eu l'intelligence et la pertinence de poser ?


Pourquoi la musique triste est la plus belle ?

 

 

 

 

 

 

Il ne pouvait y avoir de meilleure réponse pour terminer une interview d'Impure Wilhelmina.

photo de Toukene
le 26/06/2017

Commentaires

cglaume

cglaume le 26/06/2017 à 22:39:10

Je suis pô d'accord avec la dernière réponse - question: la plus belle musique c'est celle qui fait ZBOÏÏÏNG !!!!!

toukene

toukene le 26/06/2017 à 22:40:35

Désolé, mais c'est le bruit de mon zlip quand on m'annonce un nouvel album d'Impure WIlhelmina.

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