Deftones le 06/09/2013, Zenith, Paris

Deftones (report)
Deftones au Zénithe de Paris le 6 septembre 2013Je m'étais promis de fermer ma gueule.
Mais à l'heure de la rédaction de ce report (le 11/9), c'est clair : je ne suis toujours pas redescendu.

Le 6 Septembre 2013 Deftones faisait un nouveau passage par Paris. Après cet été européen, durant lequel de nombreux festivaliers ont salué un groupe toujours très en forme, revenu au plus haut après avoir connu de nombreux bas ses dix dernières années.

J'en étais.
Un peu par hasard.
Les concerts parisiens : très peu pour moi. Je suis loin, je n'aime que moyennement l'ambiance.
Ceux au Zénith ? Encore moins. Trop grand, trop gros.
Mais là, c'était un cadeau, et...c'était Deftones.

Quand c'est un concert de mon groupe préféré, je ne sais pas vous, mais je pars avec une grosse appréhension.
L'arrivée au Zénith à 19h30 se suit d'une entrée de Lonely the brave.

Avec mon compère (à qui je devais ce fabuleux cadeau), nous nous regardons.
"Hey ça sonne californien !" Nous sommes tous les deux d'accords.
A nous deux, c'est plus de 30 ans de musique, des oreilles averties, un musicien de longue date, un chroniqueur avec une "formation" musicale.
Bah, ils viennent d'Angleterre. V'là les sourdingues. C'est de l'incompétence auditive, et il ne faut pas passer sous silence les honteuses réflexions.
La seule chose de Californie dans leur bagage c'est la marijuana que la bande de Sacramento leur a sans doute refilé en "bonus".

Ce rock, pas hyper couillu, mais très bien interprété devant un public qui ne connaissait pas une seule note du groupe, a reçu un bon accueil.
Le groupe était clairement crispé, le jeu de scène assez pauvre, mais les anglais s'en sont bien sortis. De bonnes mélodies qui restent, mais qu'on oubliera plus tard...
30 minutes sympathiques.

Parce qu'entre temps, lorsqu'un trio arrive sur scène, les quelques 5000 autres spectateurs s'excitent.
Youhou !
C'est la joie, la fête.
Soit Deftones a beaucoup changé, soit j'rate une sensation que je suis le seul boulet de la salle à ne pas connaître.

Three trapped tigers.
Des anglais. Encore.
Tout le monde bande, s'excite et j'vais comprendre assez rapidement pourquoi.
Un peu new-age, bien trippant pour le poilu des Inrocks.
Le style : du synthé-math-rock. Une sorte de And So I watch you so from afar-like avec des synthétiseurs.

Attention, j'aime bien.
Plus doués pour jouer que pour combler les blancs entre les morceaux, les londoniens se débrouillent bien malgré des similarités assez claires entre les morceaux.
Mais il faudra plus que 30 minutes d'une prestation impressionnante à la batterie (bûcheron !!!) pour se faire les oreilles dessus.
Une écoute en rentrant de l'album ne laisse pas la même impression : c'est un peu plus plat en studio.
Toujours est-il que le groupe demande sans doute du temps, mais ne manque pas d'intérêt !

45 minutes d'attente, l'hyperactivité des roadies nous occupe pendant que la trotteuse de nos Flik-Flak tourne.

Et qu'ça crie pour le déploiement du fond de scène avec la conne toute laide sur son cheval dans le clip merdique de "Swerve city".
Et qu'ça s'impatiente.
Et qu'un boulet parle à tout le monde, raconte sa vie, et qu'on s'en branle.
(Passons les commentaires graveleux à faire aboyer les chiennes de garde et déshabiller une Femen (encore qu'il ne leur faille pas grand chose)
Et ça s'éteint !

Et là : Black-out pendant 1h45.
Je me souviens d'avoir perdu mes pompes 3-4 fois.
D'avoir eu deux dreads dans la bouche (mon 2e surnom est Monk, imaginez ma détresse)
D'avoir eu deux bosses sur la tête et un sosie de Ronaldinho qui s'est claqué les gencives sur ma nuque.
D'avoir une serpillière en guise de Tee-shirt.

Je me souviens surtout de Chino Moreno.
Il ne lui a pas fallu une seule seconde d'échauffement. Lui qui a besoin en général de quelques minutes de réglage à tout de suite trouvé sa voix.
Je me souviens qu'il portait encore ces chemises en acrylique : sudation garantie.
Je me souviens aussi l'avoir touché, lui qui a encore eu ce besoin de se prendre pour une sorte de messie musical.
Ses hurlements ont fait mouche, son énergie aussi. Il n'a eu que rarement l'occasion et la capacité de susurrer avec justesse (même sur "Digital bath")
Toujours bien placé, bien vivant. Revenu d'entre les "trop gros pour bouger" comme la musique de Deftones le mériterait.

Je me souviens d'un groupe derrière. Fidèle à lui-même.
D'un Sergio Vega qui a trouvé ses marques, qui bouge 1000 fois plus que Chi (comparé à ces deux dernières années [voilà, c'est fait]), est irréprochable.
D'un batteur qui a joue juste. On en oublierait presque Carpenter, toujours aussi discret, sombre, froid...jusqu'à ce qu'il sorte sa guitare lumineuse, limite fluo.

Quant au son, ma grosse crainte dans ce genre de salle, il est correct.
Moreno a la grosse tête à ce niveau, prenant bien trop le dessus sur ses compères qui survivent péniblement (Delgado doit avoir un sacré niveau sur Winamax, tant il ne s'entend que rarement en live, étouffé par les autres).

Pour le reste que dire ?
Un public qui (devant en tout cas) connait le groupe, est là pour le groupe. Une ambiance chaude, parfois bourrine, avec des cons, comme d'hab, des boulets avec des appareils qui se plaignent que ça bouge, des abrutis qui perdent leur téléphone 10 fois dans le pit.
Mais sans ça : un pur bonheur.

Une ambiance chaude, dont le summum est "Elite" (ou encore "Passenger" plutôt bien interprété et au rythme proche de la version studio contrairement à mon expérience de 2010) jusqu'à la pause salvatrice de "Boy's Republic" (que je n'avais jamais entendu en live) et "Change".
La setlist revisite toutes les périodes du groupe. On reconnait "My own summer" en 2 mesures, tout comme "Feiticera".
Les titres de "Koi No Yokan" font des heureux, s'intègrent parfaitement à la set-list ("Tempest" en particulier) plutôt équilibrée. (l'impasse "Deftones" et surtout "Saturday night wrist" se fait malgré tout ressentir...mais la discographie du groupe commence à peser).

Direction l'arrière pour le rappel.
Un rappel qui se fera avec "Romantic Dreams"...puis, "avec la toute première chanson de notre premier album" annonce Moreno.
"Bored" résonne, suivent "Engine No. 9" "Wicked" et "7 Words" dans une ambiance folle.
Dernière note.
Le groupe ne s'attarde pas très longtemps...

1h50 de concert. On s'en est pris plein la gueule.
Merci bonsoir. Au revoir M'sieur dame.

Et assurément, à la prochaine fois.
photo de Tookie
le 13/09/2013

2 COMMENTAIRES

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 13/09/2013 à 16:20:47

setlist:
Diamond Eyes
Rocket Skates
Be Quiet and Drive (Far Away)
My Own Summer (Shove It)
Lhabia
Rosemary
Feiticeira
Digital Bath
Knife Prty
Elite
Tempest
Swerve City
Poltergeist
Passenger
Regulate (Warren G cover)
The Boy's Republic
Change (In the House of Flies)

Encore:
Romantic Dreams
Bored
Engine No. 9 / Wicked
7 Words
bien cool

Jull

Jull le 14/09/2013 à 13:31:41

Deftones c'est une valeur sure!

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