Biohazard - Reborn In Defiance

Chronique CD album (55:10)

chronique Biohazard - Reborn In Defiance

Écouter du Biohazard, ça me remet instantanément en tête mes jeudis soirs de lycéen à mater Best Of Trash sur M6. La claque que j’ai reçue à l’écoute de « Punishment » ! L’avènement d’un hardcore bondissant et punchy qui mêlait metal et culture de la rue avec panache. Et cette intro ! Elle est devenue un classique du genre. Je sautais sur mon canapé, devant ma petite télé, puis fissa sur VHS. Lecture en boucle. Jusqu’à usure de la cassette. Les moins de vingt ans ne peuvent pas comprendre…

 

Un peu à la manière des grandes franchises du cinéma (« Adrienne ! »), on attendait donc de pied ferme le dernier opus du Biohazard originel, tout en sachant bien que cela allait forcément avoir un goût de surfait. A grands coups de teasers, infos sur les réseaux sociaux, studio reports, le retour d’Evan Seinfeld dans le 4 majeur de Brooklyn sonnait comme un événement. L’annonce d’un back to the roots pour un groupe qu’on rangeait déjà dans les boîtes à archives. Avec le retour relativement réussi des vétérans du NYHC depuis quelques temps (Sick Of It All, Agnostic Front), il fallait que le Biohazard de 2012 soit bougrement costaud pour être digne de garder New York au rang de capitale du hardcore. Après quasiment sept ans d’absence discographique, sacré défi pour la bande à Billy !

 

Pour s’assurer une production à la hauteur des ambitions de Reborn In Defiance, le combo s’est offert les services de Toby Wright, vieux routard du metal, arborant notamment Metallica, Alice In Chains et Korn sur son tableau de chasse. Autant dire quelqu’un de rompu au travail de sape avec les égos surdimensionnés. Quand on connaît les têtes de lard qui composent le groupe, ce n’est pas forcément un mauvais choix ! En terme de rendu, il faut avouer que la production, bien qu’excellente, reste très fidèle aux standards du genre. Des standards que le groupe a d’ailleurs lui-même contribué à imposer. Ceci au risque de s’enfermer dans une certaine routine de la composition.

 

Car Reborn In Defiance est un pur album de Biohazard, au sens chimique du terme ; ce qui pourrait être perçu comme de bon augure. On y retrouve les mêmes défauts que sur State Of The World Address, pourtant considéré comme l’apogée du groupe (avis que j’avoue ne pas trop partager : Mata Leao est un cran au-dessus). Quels défauts ? Ceux d’un album inégal, entre longueurs dispensables et titres ravageurs entrecoupés de gros riffs coupe faim. La recette reste inchangée, cependant : de l’efficace dans ta face et du groovy qui donne envie. Entre les puissantissimes « Vengeance Is Mine » et « Skullcrusher », Biohazard a pourtant du mal à garder cette énergie qui les faisait tant sortir du lot autrefois. Le poids des années, un peu. 15 ans de Roadrunner-core, beaucoup. Le groupe se prend alors un peu les pieds dans le tapis en s’essayant à des parties mélodiques pataudes et malvenues (« Decay », « Killing Me », « Vows Of Redemption »). Quand on laisse sa place de champion du tough guy style, pas facile de la reprendre. Ceinture très disputée ces derniers temps ! Surtout que l’équipe semble avoir été montée uniquement pour l’occasion puisqu’une fois l’enregistrement terminé, Evan Seinfeld s’en est allé pour d’autres horizons, certainement histoire de se délester de son surplus de testostérone. C’est dommage car on sent que l’envie est encore présente. Avec l’investissement de Billy Graziadei qu’on sent revigoré et un Bobby Hambel immortel, Biohazard pourrait nous jouer les mêmes morceaux pendant encore vingt ans qu’on ne bouderait pas notre plaisir. Certainement l’occasion de voir ces quatre mecs de Brooklyn cogner encore dans la bidoche pendant un petit moment. C’est le souci qu’on a avec les champions, on leur concède moins facilement la facilité. Cependant, même si un Apollo ou un Russe surentraîné vient leur disputer le titre, à n’en pas douter, Biohazard aura toujours un sursaut de talent pour balancer un uppercut bien placé. Fatigué mais pas encore K.O.

photo de Geoffrey Fatbastard
le 14/02/2012

2 COMMENTAIRES

Sam

Sam le 14/02/2012 à 10:24:39

Purée, cette intro avec le bruit du vinyl, c'est super innovant... ^^
...tout comme leur musique.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 14/02/2012 à 20:20:17

A l'annonce de la sortie de cet album, je me suis dit que les Tough Guys de Brooklyn allaient mettre des coups de tatanes à tout le monde et en fait... non, plutôt des coups de charantaises. Du coup c'est moins impressionant forcemment. M'en vais retourner écouter le dernier SOIA qui lui savatte sec !!

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