Major Parkinson - Major Parkinson

Chronique CD album (50:49)

chronique Major Parkinson - Major Parkinson

J’adore Songs from a Solitary Home, le 2e rejeton discographique de Major Parkinson. Vraiment. Il fait partie de ces rares albums qui reviennent régulièrement sur ma platine, et ce d’autant plus facilement qu’un public pas forcément averti peut tolérer ses trois quarts d’heure de Cabaret Nawak Metal/Rock. Alors quelle ne fut pas ma déconvenue quand Twilight Cinema fut venu. Pas que l’album soit véritablement mauvais, non, mais le bougre a transformé le pétillant en velouté, le Nawak givré en Metal tiré à quatre épingles. Or vous je ne sais pas, mais pour moi quand on remplace la garniture de la tarte aux fraises par de la rhubarbe, même si ça reste appétissant, ça n'a plus rien à voir. Et honnêtement je suis quand même plus fraises que rhubarbe… Mais pour en revenir à nos mous thons – comme on dit dans les chalutiers – il semblerait que les Norvégiens n’aient toujours pas achevé leur mue : c'est du moins ce qui ressort des premiers extraits qui ont filtré de Valesa – Chapter I: Velvet Prison, leur nouvel album (à l’heure où je vous écris celui-ci n’est pas sorti), les singles en question suggérant un net glissement vers la « Synthwave ». Mouais, c’est en train de virer à la tourte aux épinards cette histoire…

 

Mais on cause, on se laisse aller, et on s'éloigne dangereusement de ce qu'est censé être une chronique digne de ce nom...

 

Puisque Major Parkinson a dorénavant du mal à nous mettre de la grenadine dans le Tequila Sunrise, adoptons la position de repli classique du Marty McFly metalophile en effectuant une marche arrière dans le temps. Pas de surprise : en partant du 2nd jalon de la discographie du groupe, on sait où une telle manœuvre va nous mener. Direction 2008, jusqu’au terminus Major Parkinson. Et là, joie : il ne s’agit pas d’un ramassis de démos mal dégrossies enregistrées par Gudule, la Tata du bassiste. Non, on vous parle de 13 titres (14 selon l’édition), enregistrés en Californie chez Sylvia Massy (à qui l’on doit le Feathers & Flesh d’Avatar, le Farewell de Oingo Boingo, mais également des albums de R.E.M., Slayer, Tool, ou encore Prince !), et qui ont valu au groupe d'être reconnu comme le géniteur du 11e meilleur album norvégien de 2008 (… oui eh bien on ne ricane pas : c’est vachement bien pour un début !). Et le fond croustille plus encore que cette rutilante forme : car on y retrouve ce Cabaret Nawak Metal inventif, sautillant et doucement barré qui nous avait fait craquer en 2010 ! Yee-Ha !

 

Sur ce premier méfait, Major Parkinson a confectionné un Metal plus Rock que Thrash dont les décors sont plantés quelque-part entre l’Amérique fantasmée des 60s, un cabaret forain servant d’annexe à un asile pour psychotiques légers, un saloon de parc d’attraction ainsi qu'un squat cosmopolite où l’on croise Kontrust, Kultur Shock et Russkaja. Après une intro vintage à base de vinyle crachouillant qui rappelle les couleurs du dernier album de That Handsome Devil, c’est parti pour ce qui semble être la B.O. de la première vraie comédie de Q. Tarantino ! La guitare joue ici une place centrale, elle qui aime les trémolos surf, le pizzicato plutôt que le frottis-gratouillo, ainsi que tout ce qui sort de l’ordinaire (… les stridulations entêtantes de « Meat Me In The Disco » n’étant que l’un des NOMBREUX exemples qui en attestent). Côté chant, Jon Ivar Kollbotn enfile généralement le costume de Mr Loyal pour crooner avec rondeur et gourmandise, sa diction ayant quelque-chose d’à la fois rassurant et polisson. Mais les coutures craquent fréquemment pour révéler un Dr Maboul complètement déjanté, qui s’acoquine alors avec une Lady Gogol tout aussi délicieusement frappée.

 

Si vous connaissez Songs from a Solitary Home, vous imaginerez sans mal le tableau, et n'aurez qu'à prendre en compte cette info cruciale supplémentaire : le rythme de croisière peut être ici qualifié de « raisonnablement frénétique », les pétales de rose ayant généralement du mal à masquer bien longtemps les trépidations du pois sauteur. Car certes, il est vrai qu'on peut se faire des câlins en écoutant « Casanova », « Death in the Candystore » (qui, à vrai dire, est plus sucré qu’apaisé) ou le début de « It’s a Job ». Mais les coups d’éclat offerts par cet album ont plus à voir avec le frémissement vif des bulles du champ' fraîchement sabré qu’avec la feuille de menthe mollement lovée au fond de la tasse de thé. Et l'on s’agite donc frénétiquement sur le Nawak Ska Metal épique de « It’s a Job », sur les zébulonneries punky & punchy de « Silicon Hips », ou sur le foisonnement génial et coquin de « Meat Me In The Disco ». On ne vous en dit pas plus pour vous réserver la surprise, et pour tenter de rester sous la barre fatidique des 3579000 caractères…

 

Maintenant, que ce soit clair : c’est « Major Parkinson », pas « Cap’tain Alzheimer ». Alors on n’oublie pas d’aller fourrer sa truffe dans ce superbe premier album, et on se prépare à trembloter, voir s’agiter plus vivement encore sur 50 minutes de folie douce furieusement bonnardes... Exécution !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: vous avez aimé Songs from a Solitary Home ? Alors ne négligez pas les premiers pas discographiques de Major Parkinson qui, loin d’être des faux pas, offrent 50 minutes de bonheur supplémentaires. Doucement frénétique, incroyablement inventif, et raisonnablement chtarbé, ce premier album propose un Cabaret Nawak Metal / Rock à nœud papillon et caleçon à fleurs qui saura trouver le chemin de vos playlists « Ça bouge, ça surboume, ça éclabousse… Et c’est ça qu’c’est bon ! ».

photo de Cglaume
le 04/12/2022

4 COMMENTAIRES

noideaforid

noideaforid le 07/12/2022 à 14:50:05

Genre d'album qui fait vraiment du bien ! c'est vraiment excellent! Et parler de Sylvia Massy et de Feathers & Flesh, je ne sais pas si ça à influencé mon écoute mais elle a quand même cette touche cabaret reconnaissable quand on le sait du moins.

Xuaterc

Xuaterc le 07/12/2022 à 16:33:58

@Cyril J'imagine que tu connais cette vidéo
https://www.youtube.com/watch?v=6PIP36aczlg

cglaume

cglaume le 07/12/2022 à 18:10:46

@Xuxu: je savais que l’album était sorti (merci les notif Bandcamp), mais je n’y ai pas trempé l’oreille. Tu as raison, il faut que j’écoute !

@noidy: vraiment excellent, c’est le mot ! 🤘

Xuaterc

Xuaterc le 07/12/2022 à 21:41:37

@Cyril, n’hésite pas d'autant qu’il a été enregistré dans la bibliothèque que je fréquentais quand j’étais là-bas

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