Metallica - Death Magnetic

Chronique CD album (75 minutes)

chronique Metallica - Death Magnetic
Du mythique au désaveu. Tel est le sentiment de nombreux fans de Metallica. Une histoire extraordinaire, des albums inoubliables. Mais c'est aussi une histoire de clivage musical. Une séparation consommée par beaucoup lors de la sortie de Load, et encore pire, un écœurement de beaucoup à l'écoute de St Anger (dont la batterie insupportable, gâche des compos relativement bonnes).
Metallica a toujours pu compter sur des hordes de fans grâce à son histoire et ce lien extraordinaire crée par la magie du live. (J'ai personnellement vécu ce moment le 14 août 2008 à Arras, et peine aujourd'hui encore à m'en remettre).
Subsisteront toujours des mauvaises langues pour critiquer la prise d'un nouveau virage musical alors que d'autres qualifieront d'autoparodique les nouveaux morceaux aux influences thrash des débuts. Enfin, d'autres souhaiteront la fin des soli de Hammet alors qu'ils sont ceux qui en demandaient sur St Anger...
Bref, Metallica a toujours sur faire parler de lui depuis plus de 20 ans, ces dernières années plus en mal qu'en bien (cf. l'affaire Napster et le divorce sentimental avec "la génération internet" ou tout simplement les tensions internes au groupe etc.).
Mais les temps ont changés, exit Bob Rock à la production, le "trés à la mode" Rick Rubin aux manettes, les américains sortent le 9 septembre 2008 un album nommé Death Magnetic : l'album de la réconciliation ?

Car, force est de constater que Metallica semble retrouver une inspiration perdue il y a quelques années de cela (Garage Inc. et St Anger en tête).
Ce qui frappe, sans entrer dans les détails mais à l'issue de l'écoute générale de cet album, c'est le côté nostalgique qu'il revêt. Les titres font tous au minimum 6 minutes avec des formations rappelant ce que l'on n' avait pas vu cela depuis "And justice for all".
C'est ensuite l'inclusion d'un instrumental sur l'avant dernière piste "Suicide and redemption", ça n'est pas sans rappeler "Master of Puppets" ainsi que "And justice for all". "That was just your life" tire dans le calme de son introduction les influences des titres d'ouverture durant les années 1984 - 1991.
Les coïncidences ne s'arrêtent pas là avec l'excellent "The day that never comes", dont la formation rappelle irrémédiablement "One" : une introduction proche de la ballade suivie d'une accélération et enfin d'un solo rapide.
On pourrait même pousser le vice à comparer la pochette avec ses prédécesseurs :
-Cercueil de Death Magnetic / Pierres tombales de "Master of Puppets")
-Image au centre de l'image comme sur Ride the lightning et création du mouvement et de l'image sur le centre de la pochette.

Des écoutes plus poussées vont alors mettre en avant de très bons morceaux qui démontrent la grande forme retrouvée et surtout l'alliance de tout ce que Metallica a pu faire auparavant. James Hetfield retrouve ses qualités de chanteur, aussi bien dans le posé que l'enervé ("The unforgiven III" aux allures du Black album, sans tomber pour autant dans l'exagération des roulés "simili-country").
Mais Hetfield est irrémédiablement le bon point de cet album, s'imposant comme un véritable leader tout semble reposer sur sa prestation.

Le cas du jeu de Lars Ulrich est par contre plus ouvert à la critique. Depuis des années il tire la langue à chaque accélération, et sa prestation en août dernier m'avait laissé quelques craintes, certaines parties n'étant plus assurées de la même manière qu'il y a quelques années. Sa force de frappe baisse et son inspiration aussi. Si on retrouve un son moderne allié à un jeu qui a fait le succès du groupe oscillant entre le heavy de "Black album" et le thrash de "Master of Puppets", on peut craindre du jeu de scène, le studio permettant de retoucher à volonté au contraire de l'exigence du live. Les montées de batterie parfaitement calées avec le chant, les tempos lents suivis des accélérations au rythme soutenu calées sur les soli pourront contenter les moins exigeants, mais il manque une étincelle d'originalité certains passages s'avérant monotones.

Et qu'en est il de Robert Trujillo ? Trois bassistes laissèrent leur empreinte dans Metallica. Le regretté Burton, l'inoubliable (mais différent de son prédécesseur) Newsted et enfin Trujillo (oublions Bob Rock qui joue sur St Anger). Trujillo étant entre autres l'ancien bassiste de Suicidal tendencies, on est en droit d'en entendre plus de lui... Malheureusement on repassera. Discret, ne faisant pas de vagues, on lui laisse 10 secondes sur Cyanide pour s'exprimer (+ 2 sur l'instrumental). Le reste du temps, peu audible manquant de présence dans la production, on a tendance à l'oublier. La copie sera donc à revoir pour la suite, lorsque le groupe produira ses albums comme il est prévu de le faire. Trujillo devra s'imposer et assurera sans nul doute.

Enfin le cas des soli Hammet ! Parfois lourds, trop rapides, inutiles, leurs présences manquèrent sur St Anger, si bien que sans en faire trop, son retour sur Death Magnetic signe un retour aux sources thrash. Tout n'est pas bon, mais les formations proposées sont faites pour lui, "The Judas kiss" est un régal grâce à l'alliance du riff rythmique. On pourra encore une fois dire qu'il s'autoparodie, brouillonne inutilement ("My apocalypse"), nous sort les mêmes plans...mais c'est efficace.

L'inspiration de ces 4 musiciens mise bout à bout donne de grandes réussites. On peut regretter "The unforgiven III" pour sa mollesse mais son originale introduction au piano, violoncelle et trompette. "All nightmare long" traîne un peu avec un solo peu captivant, et les compos sont quasiment toutes formées sur le même modèle...mais c'est Metallica et ça sonne bien.

Sans pour autant s'emballer, Death Magnetic marque un relatif retour en arrière. Cet album aurait pu se caler entre "And justice for all" et le Black album. Il est aussi un excellent melting pot récapitulatif d'une formidable carrière qui, à en juger la qualité de cet opus est loin d'être achevée.
photo de Tookie
le 09/09/2008

3 COMMENTAIRES

Nimrod

Nimrod le 09/09/2008 à 13:10:43

Perso je trouve que cet album pourrait être le résultat d'un sondage du groupe à ses fans: Qu'est ce que vous voulez que l'on vous serve?
Alors ouai peut-être que les "trues" vont aimer, mais moi ça me donne le sentiment d'un groupe sans âme, limite une pute qui veut bien faire, un vieux jeune qui se teint les cheveux blancs en noir et qui se met à porter des converses.
Mais bon j'ai aimé Load et St Anger donc...

Dios Of Metal

Dios Of Metal le 18/02/2009 à 17:55:52

C'est faible et mou pour du Metallica, après St Anger, ils auraienjt du faire mieux...Il Reste cependant Ths Day That Never Comes, Cyanide, Broken Beat And Scars ou All Nightmare Long pour rendre l'écouté agrable. 6.5/10

cglaume

cglaume le 01/04/2017 à 08:57:27

Vu que les Mets viennent de sortir un nouvel album, il est temps que je découvre "Death Magnetic" :D Plutôt agréablement surpris par quelques vrais bons morceaux ("That Was Just Your Life", "The Day That Never Comes", "All Nightmare Long" et surtout l'excellent "Suicide and Redemption"), j'ai quand même du mal avec certains morceaux sensé signer un "retour" vers le metal qui tabasse, tout ça sonnant trop souvent sec et forcé ("My Apocalypse"). Et puis cette pompe prétentieuse sur "The Unforgiven III"... :( Et bordel que ces morceaux sont looooongs (même si ça ne gêne pas toujours): le schizo "The Day That Never Comes" par exemple aurait pu faire 2 titres tout à fait potables plutôt que ce lourd monolithe. Le côté Heavy Thrash'n'Roll que Metallica a adopté depuis 20 ans est sans doute celui qui lui réussit le mieux, à présent, car moins artificiel. Bon, plus qu'à attendre une demi-douzaine d'années et je jette une oreille sur "Hardwired..." :D

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