NEUROSIS - Given to the Rising

NEUROSIS - "Given to the Rising"
chronique NEUROSIS - Given to the Rising
C'est toujours une certaine fébrilité qui accompagne la première écoute d'un album aussi attendu que peut l'être celui-ci. On ne présente plus un groupe comme NEUROSIS, si vous êtes habitué au zine vous savez ce qu'il représente, ce qu'il a fait pour toute une scène et vous savez également à quel point ses précédents opus sont magistraux. C'est donc avec une pointe d'excitation et une bonne dose d'appréhension – la même que l'on peut ressentir avant un saut dans le vide, et ce même si c'est la cinquantième fois qu'on le refait – que j'ai joué pour la première fois « Given to the Rising » sur mon lecteur. Très stupidement, avant même de l'écouter, j'avais virtuellement tracé la continuité de la route passant par « Times of Grace », « A Sun that Never Sets » et, la dernière étape « The Eye of Every Storm ». Et bien quelle erreur! Car si l'oeil de chaque cyclone pouvoit laisser poindre une once de lumière qu'on aurait volontiers crû pouvoir s'étendre jusqu'au prochain opus et bien la névrose reprend finalement de plus belle et c'est une plongée dans les profondeurs insondables de leurs psychés torturées que nous ont réservé les NEUROSIS.


Toujours ce son, cette patte, inimitable, inégalée, au moins on est certain qu'on ne nous trompe pas sur la marchandise. Ce nouveau NEUROSIS semble, à l'écoute du riff qui fait son ouverture dans son morceau éponyme, le digne successeur de « The Eye of Every Storm » et son premier morceau 'Burn', toujours en mid-tempo, mais la comparaison s'arrêtera là puisqu'on semble se situer à un cran haut-dessus question aggressivité et noirceur, indéniablement; j'en veux pour preuve la fin de ce même morceau et son riff génialissime, tellement « neurosien ». Cet album va valser entre violence, appuyée mais maîtrisée, et dégringolade psychédélique dans les tréfonds obscurs où errent les âmes de nos amis de Frisco: certains sons rappellent très fortement, dans l'esprit, les expérimentations présentes dans « A Sun that Never Sets » (la fin de 'Water is not Enough' - 'Fear and Sickness' - 'At the End of the Road'), la lourdeur de la prod en plus (c'est dire). On a constamment l'impression que le groupe veut nous écraser sous le poids de leurs compos plus tourmentées que jamais. Et même lorsque l'on a le droit à une intro plus légère c'est pour mieux nous prendre par surprise ('To The Wind') avec un tempo plus soutenu et des breaks schizophrènes au chant lunatique, et lorsque la rage ressort, seule: « To theee wwiiiiiind!! » c'est pour nous offrir un final des plus apocalyptique et tellement jouissif.
Chose un peu nouvelle, on retouve dans ce « given to the Rising » deux interludes - à la mode neurosienne bien évidemment - 'Shadow' et 'Nine' intervenant comme des titres narratifs qui donnent une dimension quasi cinématographique à cet album et quand on connaît l'attrait du groupe pour l'aspect visuel, cela laisse imaginer ce que pourrait donner tout ça en live...Miam. Bien sûr ce n'est pas la principale chose que l'on retiendra de cet album, mais plus une noirceur brumeuse et impénétrable, que l'on peut également ressentir dans l'utilisation du duo vocal du groupe qui ne va jamais chercher dans la voix claire (comme cela pouvait arriver sur « The Eye of Every Storm »)mais uniquement dans le murmure inquiétant ou les hurlements rauques. Le deuxième point est cette agressivité, souvent doublée d'une lourdeur suffocante (« Diiiiiistiiiiiilll!!!! »), dont on avait oublié quels sommets elle pouvait atteindre avec NEUROSIS, et que l'on retrouve avec 'Water is not Enough', la fin de 'To the Wind' ou encore 'Fear and Sickness' et 'Distill'. On peut encore ajouter aux multiples facettes de ce « Given to the Rising » le penchant psychédélique et ses sonorités venues de l'espace, que le groupe développe encore à un niveau supérieur ici.

Décidément, que l'on cherche à tous les niveaux, cet album semble prendre le meilleur de ses prédecesseurs et amener tout ça haut, très haut, là où personne ne pourra jamais les toucher. Et quand tout paraît si simple dans leurs compos, c'est si travaillé, chaque riff si finement ciselé, avec une minutie comparable à celle d'un joaillier suisse, que tout cela nous apparaît naturel. NEUROSIS qui n'avait déjà aucune faille dans leur discographie nous livre ici rien moins qu'un chef d'oeuvre absolu, quasiment parfait. Après cela, il ne nous reste plus qu'à voir ces titres joués en live (au Hellfest au mois de juin, par exemple) et l'on pourra mourir en paix (copyright Thierry Roland).
photo de Mat(taw)
le 14/05/2007

14 COMMENTAIRES

viking jazz

viking jazz le 14/05/2007 à 17:17:01

moi il m'a décu ce disque, finalement il nous on servit un bon album de neurosis ni plus ni moins... je suis un poil sceptique sur la qualité de la prod' également, et les interludes en spoken words sont un peu longuettes parfois vu la puissance de certains morceaux! (dont le premier et le dernier) mon preféré reste donc A.S.T.N.S...

mat(taw)

mat(taw) le 14/05/2007 à 17:49:42

je l'ai écouté une vingtaine de fois cet album, et a la suite avec times of grace, a sun that never sets et the eye of every storm.
C'est bcp plus que du "bon neurosis", c'est l'apogée de tout ce qu'ils ont fait jusqu'ici.

Sam

Sam le 15/05/2007 à 08:45:14

Tiens, je m’attendais à voir Swarm aux commandes…
Malgré les maladresses que j’attribue à "Time Of Grace" (c’est peut-être un atout en fait…), c’est pourtant l’album que je préfère de Neurosis (quoique "Through Silver in Blood" le talonne de près, puis "Enemy of the sun"…). Et il est vrai que j’étais plutôt déçu de leur "The Eye of Every Storm", je trouvais qu’ils faisaient moins de distinction entre Neurosis et le projet solo de Steve Von Till. Donc là oui je suis content de ce retour en agressivité, tout en préservant la voie « mélodique » amorcée par "The Eye of Every Storm". Seulement quelque chose fait que je n’accroche pas à 100%, le disque n’atteint pas ma moelle épinière. Est-ce du à la prod?
Bonne chro totu de même.

mat(taw)

mat(taw) le 15/05/2007 à 12:03:23

les commentaires de sam on pourrait en faire des chroniques bis ;)
L'homme qui aimait dévellopé ses idées en toute circonstance :p

Sam

Sam le 15/05/2007 à 12:09:13

ouais je sais je suis désolé, j'arrive pas à faire autrement... pfffffff. Je crois que Pidji devra installer pour moi un module qui limite le nombre de caractères...

mat(taw)

mat(taw) le 15/05/2007 à 12:45:54

bah nan t'inquiète, quitte à dire ce que tu penses autant que ce soit bien étayé.

swarm

swarm le 16/05/2007 à 02:24:51

argh, j'ai raté le coche, branleur que je suis! Et ben c'est tant mieux parce que je sais toujours pas ce que j'en pense de ce disque moi... Pour le coup l'album est très direct et univoque: ils ont fait du gros copier/coller de riffs sans break, sans enchaînement si ce n'est des longs passages contemplatifs... ça prend bien à contrepied les molasses de Cult of luna ou d'Isis et ça, ça me plait. Mais ça manque de véritables chansons comme "end of the harvest", "I can see you", "locust", etc. Et ça, ça me fait un peu chier.

Voilà pour la chro ter... hé! hé!

swarm

swarm le 16/05/2007 à 02:26:11

j'en oublie la note

Sam

Sam le 16/05/2007 à 09:19:31

ouais c'est assez juste ce que tu dis Swarm, il manque quelque chose...

Little G

Little G le 28/05/2007 à 14:54:29

Très jolie chronique. Je l'ai encore trop peu écouté pour donner un avis construit, mais je suis pour l'instant sceptique sur le chant plutôt repoussant développé sur ce disque, et l'émotion de "The eyue of Every Storm" ne m'est pas vraiment apparue. Mais peut être que fidèle à la tradition les qualités de ce disque se dévoileront à la n ième écoute.

mil

mil le 15/06/2007 à 02:28:45

pourquoi y'a Unsane sur la photo?

mat(taw)

mat(taw) le 15/06/2007 à 09:04:38

bonne question, on va y remédier...

Y Thiên

Y Thiên le 17/12/2007 à 16:19:40

autant the eye of every storm m'avait énormément déçu,given to the rising sonne le retour d'un Neurosis en grande forme!

frolll

frolll le 20/01/2011 à 02:31:08

Honnête, sérieux, Neurosis égal à lui-même. Water is Not Enough et son final dantesque relève la note d'un point. Un peu convenu, en fait, comme album. Malheureux.

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