Rorcal - Vilagvège

Chronique Vinyle 12" (43:42)

chronique Rorcal - Vilagvège

Les suisses reviennent avec un sixième album intense comme on pouvait l'espérer et désespéré comme on pouvait le redouter. Vilagvège signifie Fin du Monde en Hongrois, pour les comiques qui émettent encore un doute ou se risqueraient à des jeux de mots bon enfant ou graveleux. La vérité repose parfois sur des postulats simple. Dans le cas présent, point besoin de name-dropping et de casse-tête pour identifier les genres représentés, Fin du Monde suffit amplement.

Bien sûr cette expression est galvaudée et malmenée à longueurs de clavier par la horde d'écrivaillons qui passent leur temps libre à écrire la musique que d'aucuns jouent. Ça revient aussi généreusement que – la messe est dite -.

 

Dans le cas présent, les cloches n'ont même pas sonnées. Quelle furie, quelle fureur, quelle abnégation ! On entre dans ce disque comme on entre en cours de philosophie avec tout un tas de certitudes, de croyances vivaces, et si la philo apporte une lumière souvent bienvenue sur ces idées, Rorcal pousse invariablement vers l'anéantissement. Dans le contraste jour/nuit, il ne restera que la nuit et encore...

 

Vilagvège, - oui, déjà leurs titres d'albums, c'est une partie de plaisir – se décline en 8 titres étonnamment courts, si l'on se réfère à Heliogabalus raconté ici. 8 morceaux sans titres mais avec des chiffres pas dans l'ordre. Un soupçon d'humanité, le groupe s'amuse et vous invite à reconstituer l'album dans l'ordre... personne ne me dit où mettre « D » vu qu'il n'y pas de « III » mais trêves de considérations d'assemblage... démerdez-vous. À la cinquième écoute, on se dit qu'ils sont gonflés et en plus talentueux, leur sombre désespoir pourrait vite devenir répétitif – quand ils ont une idée, ils l'ont!- même lassant. Au lieu de ça, on redécouvre les morceaux, emportés dans un maelström, les titres sont lents, certainement pour que l'amertume fumée reste plus longtemps dans la gorge. L'ajout de parties de musique classique ou lyrique est un plus indéniable. Si par le passé, le groupe affectionnait le malsain, ici il est de fait plus direct, plus explosif,plus violent.

 

Nul doute que les gaillards doivent être des gens charmants, polis et même attentifs... retour au cours de philo et une anamnèse du tout et de son contraire... tu prônes la violence, l'ultime et forcément tu es plus perçu comme un bon copain avec des goûts bizarres, toujours un sourire au coins des lèvres, l’œil noir.

photo de Eric D-Toorop
le 02/07/2013

2 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 02/07/2013 à 10:49:10

Depuis 2-3 albums, je ne rentre plus du tout dedans.
Sorte de "black pour pas trve", j'peux pas dire qu'on s'ennuie, mais faut rentrer dans ce trip hyper sombre. Même noir-noir.
Tellement noir, qu'à un moment, je ne vois plus rien, je ne comprends plus grand chose et au bout de 2-3 écoutes, j'ai lâché l'album : Rorcal n'est plus pour moi et c'est un peu triste, Mais, là où j'suis pas trop d'accord : ça a beau être direct, j'trouve quand même le résultat aussi bien titre par titre que général très malsain...

Sam

Sam le 02/07/2013 à 15:46:43

"black pour pas trve" pas faux

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