Tree Of Shame - A Series Of Uncomfortable Thoughts And Feelings

Tree Of Shame - "A Series Of Uncomfortable Thoughts And Feelings"
chronique Tree Of Shame - A Series Of Uncomfortable Thoughts And Feelings

Début juillet, les lapinawakophiles se retrouvaient la gorge serrée et la boule au ventre en apprenant, via un communiqué émanant du groupe, que Nuclear Rabbit officialisait la fin de ses activités. Heureusement, pointe de miel dans cette pleine louche d'amertume, ce jour funeste se voyait traversé par un rayon d’optimisme, le groupe rappelant à l’assistance en pleur que Greg Parrish (chant) et Jason Branyan (gratouillage) avaient par ailleurs fondé Tree of Shame.

 

« L’Arbre de la Honte? C’est pas très Bip-Bip---Meuuuh comme patronyme ça...?! »

 

En effet. C'est que ce nouveau groupe ne s'inscrit pas tout à fait dans la grande tradition Nawak du Lapin Nucléaire… Enfin, disons pas aussi radicalement, même s’il lui arrive tout de même de partir franchement en vrilles. Sauf que les 2 zozos qui ont sauté du Lapin à l’Arbre n’ont pas abandonné leurs velléités trans-stylistiques, la preuve: parmi les références que ceux-ci revendiquent ouvertement, on trouve Gojira, Michael Jackson, Killswitch Engage, Audrey Fall ou encore Ministry… Je ‘sais pas vous, mais ça met en confiance! M’enfin après avoir gratté un peu ce brillant vernis « publicitaire », l’écoute du 1er album de la bande – A Series of Uncomfortable Thoughts and Feelings, oui c’est ça – nous révèle un mélange moins foutraque mais tout aussi sexy où l’on croise aussi bien Faith No More que Korn, Kunamaka, Psykup, les Portobello Bones, Life Of Agony, Mucky Pup (dernière mouture) et Stanley Kubi… De la bonne quoi! Sauf que contrairement au zébulons de la chapelle Nawak, qui colportent joyeusement la bonne parole de sa Majesté Toon 1er de par les chapiteaux et les fêtes foraines, Tree of Shame lui, pratique une Fusion introspective à la fois sombre et rugueuse, pleine de rugissements –core, de récriminations plaintives, de distorsion brûlante et de fêlures manifestes. Bref ça ‘rigole pas des masses ici... Ou alors jaune!

 

Le malaise latent qui transpire de la musique de Tree of Shame s’exprime de multiples manières. A travers le chant habité de Greg, of course, mais également à travers un son épais, poussiéreux et suintant des liquides pas clairs. Les guitares sont souvent lourdes et menaçantes (rien que sur les premières secondes de « Tiny », ça déferle façon Dark Death Metal) quand elles ne sont pas carrément frontales (Pan: « No »!). La basse vrombit avec insistance, et l’expression de ras-le-bol général va parfois jusqu’à emprunter le vocabulaire Punk’n’Noise pour nous expliquer que, non, là les cocos, franchement on n’est pas d’accord (… sur « Unseen », avant de partir dans une vieille resucée du « Chic 'N' Stu » de System of a Down). Et des fois que l’on n’aurait pas bien compris le message, une poignée de mini-interludes crispants nous met bien les points sur les ‘i’ – que ce soit les 8 secondes de craquage nerveux ambiant de « Know », les divagations malsaines de « Subject » ou la Haine Pop/Rock acoustique de « Hate ».

 

Du coup la couleur dominante de l’opus avait tout pour me gratouiller dans le sens inverse du poil… Sauf qu’en fait non, pas tant que ça. Parce qu’évidemment, un mélange aussi fructueux de genres et de références juteuses, ça ne peut pas laisser de marbre. Mais aussi parce qu’au milieu des sombres incongruités Metallico-expérimentales pas toujours hyper motivantes, on trouve de vraies petites pépites. Comme « Tiny », qui dose bien espiègleries Pattonniennes et vénèreries énergiques. Comme « Slow Leak », qui allie la fausse douceur de Kunamaka à une accroche lorgnant vers Life of Agony / Mucky Pup. Comme le presque joyeux et indiscutablement enlevé « Man on an Island », qui, une fois de plus, rappelle le Mucky Pup un peu plus sombre des derniers albums. Ou comme le super tube « Fuck Your Hero », qui nous met définitivement le feu à la tripaille.

 

Bon alors non, on ne célébrera pas la sortie de A Series of Uncomfortable Thoughts and Feelings avec la même ferveur que celle provoquée par la découverte de ces rares petites merveilles qui donnent envie d’aller prêcher l’arrivée du nouveau messie de par les rues et les webzines. La faute sans doute à cette teinte rageuse et sombre qui refroidit un brin l’amateur de Nuclear Rabbit que je suis. La faute peut-être également à l’absence d’un ou deux méga-tubes incontournables. On n'aura donc pas forcément envie d'échanger son civet nucléaire contre 2 barils d'arbre de la honte. Sauf que, et de 1) on n'a pas le choix, et de 2) – merde, quand même – ce Tree of Shame est fait du meilleur bois. Alors le groupe peut compter sur moi pour continuer à le suivre et à acheter ses prochaines productions. Lapin qui s'en dédit!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: quand Nuclear Rabbit décide d’arrêter les frais, et que 2 de ses anciens membres partent exprimer leur frustration en pratiquant une Fusion rageuse, sombre, violente et très personnelle (mais  puisque vous voulez des références  pouvant évoquer Korn, Faith No More, Life of Agony, Mucky Pup, Kunamaka ou encore les Portobello Bones...), cela donne A Series of Uncomfortable Thoughts and Feelings, 1er album particulièrement bien nommé d’une nouvelle entité prometteuse nommée Tree of Shame.

photo de Cglaume
le 04/11/2015

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