Dirty Shirt - European Freak Show Tour (6:33 + Dirty Shirt + Dreadful Silence) le 10/09/2013, La Scène Bastille, Paris

6:33 + Dirty Shirt + Dreadful Silence (report)
Mardi 10 septembre. L’affiche proposée ce soir par la Scène Bastille a clairement de faux airs de Nawak Festival. Alliant le metal jouissivement foutraque de 6:33, le circus-core de Dreadful Silence et le Balkanik youpla metal de Dirty Shirt, le programme a largement de quoi rendre turgescent l’appendice caudal (…on va dire) de tout lapin jaune normalement constitué. Et tu m'étonnes, tiens, qu'on frétille d'impatience en attendant d'entrer dans la place! Moins fun mais tout aussi nawak fut l’épopée motorisée des groupes qui, au moment d’acheminer matos et bonshommes jusqu'au lieu de la fiesta, se heurtèrent à la manif du jour – ce qui, au passage, permit à la formation roumaine d’exploser le record de sur-place urbain avec 3 bonnes heures passées à parcourir les 600 derniers mètres les séparant du but ! En la matière, dur de faire mieux…

19h30, le convoi chevelu stationné anarchiquement devant la salle commence à s’ébrouer pour converger vers l’entrée... afin de se faire docilement racketter par les gérants du lieu, qui imposent l’usage du vestiaire à quiconque se trimballe avec un sac plus volumineux qu’un paquet de Kleenex. M’enfin des rumeurs prétendent que la salle va changer de main (enfin plutôt de « tête »)… Si ça pouvait permettre de faire un peu le ménage et de stopper ce genre de pratiques abusives!


A 19h45, il n’est pas loin d’être 6:33 – si si, c’est à cette heure que l’horloge s’est arrêtée quand le bâtiment a été frappé par la foudre, tu n’as pas oublié McFly !? Pas encore beaucoup de peuple pour accueillir les parisiens. En même temps, vu la faible quantité des préventes (snif), l’orga’ s’attendait à ce que l’assistance soit un poil plus clairsemée qu’un soir de match PSG/OM au Parc. N’empêche, le nombre des jambes et des nuques s’agitant aux abords de la scène va vite aller croissant au fur et à mesure de l’avancée du set. A noter que le groupe se produit ce soir-là en configuration restreinte, Dietrisch étant le seul derrière les claviers, lâchement abandonné par un Mr Z. préposé au lever de coude près du comptoir. Le set démarre logiquement sur le « Sun declines, as it did yes-ter-dayyyyyy… » de « Order Of The Red Nose », déclenchant les habituels frissons de plaisir. Quelques petits problème de son vont un brin nuire au début de la prestation, mais pas non plus de quoi fouetter un Garfield, le groupe ayant la patate, – notamment Rorschach, fidèle à sa réputation de Gilbert Bécaud du XXIe siècle. Suit l’incontournable « I Like It » (...pour toi public !), puis l’irrésistible « Her Name Was Boogie » qui ferait zouker un Lazare plus sûrement que Jésus et la Compagnie Créole réunis. Le volume peu élevé des bandes chargées de palier l’absence de Mr Strobl laisse parfois une légère impression de « Il manque quelque-chose là non ? », mais dans l’ensemble l’énergie et la folie déployées par le groupe font que tout ça passe comme papa dans la voisine, d’autant que le catcheur chantant n’hésite pas à descendre dans le public pour taquiner le nawako-métalleux. Petit (façon de parler…) tour du côté d’Orphan Of Good Manners avec « Little Silly Things », puis fin de l’aventure sur « M.I.D.G.E.T.S. » lors duquel certains des zicos de Dreadful Silence débarquent pour foutre le bronx, avant que le dompteur de clowns en chef ne vienne remettre de l’ordre dans tout ça. Fin de l’épisode "nawak masked metal" donc, et une fois encore cette impression de trop peu qu’on avait déjà ressentie à Vauréal ainsi qu’aux Clayes-Sous-Bois… C’est qu’on voudrait entendre « Burn-In » aussi, et puis « Orphan… » tiens (oui, je sais: 45 minutes seulement…) ! M’enfin on fera d’autant moins la fine bouche que l’on apprendra que le groupe a déjà 4-5 nouveaux morceaux en magasin, et que si tout se passe bien il entrera en studio en décembre pour une sortie dans les bacs vers avril. Chouette !

Setlist 6:33: 1) Order of the red nose 2) I like it 3) I should have known 4) Little Silly Things 5) M.I.D.G.E.T.S


Mais c’est à présent au tour de Dreadful Silence de balancer du gros son pendant 3 quarts d’heure. Alors visuellement, le groupe a une identité très forte : constitué d’un maître de cérémonie à haut de forme mais sans instrument ni micro (ou presque) et de 5 clowns plus ou moins frais psychologiquement parlant, la formation fait son petit effet sur scène. D’autant qu’on a déjà un peu l’impression d’en connaître certains, leur maquillage faisant ressortir certaines ressemblances troublantes (James Hetfield à la guitare de droite, Lemmy à la basse, Michael J.Fox / Malcom « Orange Mécanique » McDowell au chant). Musicalement par contre, la folie du groupe est moins palpable, celui-ci pratiquant un « néo-mosh-core » énervé qu’on pourrait rapprocher – rapidement, mais bon, nos références en la matière ne sont pas nombreuses – de la musique d’un Slipknot. L’avantage, c’est qu’entre ces gros riffs simples, ces saccades de compèt’ et ces mosh parts en cascade, on rentre rapidement dans les morceaux. Le côté dommage, c’est qu’on aurait bien aimé que la musique elle aussi porte un gros nez rouge. Le set débute sur un titre nommé « Godzilla », qui est bientôt suivi de nombreuses autres mosheries (dont l’une construite autour d’un riff ressemblant tellement à celui de « The Beautiful People » que j’ai d’abord pensé à un hommage à Marilyn Manson) jusqu’au titre final où c’est cette fois 6:33 qui débarquera, Rorschach et S.A.D allant pour l’occasion faire des gouzi-gouzis à leurs homologues clowniens.


Puis avec l’arrivée de Dirty Shirt revient enfin le temps d’aller se trémousser devant la scène. Et ce soir nos joyeux roumains vont réaliser un putain d’exploit ! En effet, malgré 1) des balances effectuées dans l’urgence 2) les voix de Rini et – surtout – de Robi terriblement sous-mixées 3) une absence totale de retours (ces 2 derniers aspects étant dûs aux limitations imposées par la salle sur le volume sonore des prestations), le groupe réussira à enflammer l’assistance. Le concert démarre sur « Manifest », très efficace extrait de l’avant-dernier album – que j’avoue à ma grande honte n’avoir pas encore écouté. Puis la pression euphorique monte d’un gros cran sur l’enchaînement « Ride » / « Freak Show » / « Trust Me » / « Bad Apple ». « Trust Me » est l’occasion pour le groupe de nous rencarder sur les entourloupes que le gouvernement roumain mijote dans la région de Roșia Montană (plus d’info ici), ce qui, personnellement, me les (pas le gouvernement, le groupe!) rend encore plus sympathiques – eh oui, on oublie trop souvent que le groove fessu et le metal charpenté peuvent aller de pair avec un tête bien pleine et une conscience alerte ! Suit un autre extrait de l’avant-dernier album avec « UB », un « Saraca Inima Me » tout en douceur, puis un « Rocks Off » explosif qu finira de convaincre les derniers indécis (si toutefois il en restait). Le groupe clôt alors son set sur un 3e extrait de Same Shirt Different Day pendant lequel le public, bien que pour la plupart ne connaissant pas le titre, s'explose joyeusement la gorge sur le refrain "Pit-bull... TERRIER!". L’ensemble des 3 groupes, augmentés de certains olibrius excités (dont votre serviteur), en profite pour se retrouver sur scène histoire de finir dans le n’importe quoi et la bonne humeur le plus complet. Arf, qué calor! Puis qui dit tête d’affiche dit rappel, d’où « Tell Me Why » lors duquel les musiciens descendent dans le public pour nous faire nous assoir / accroupir, puis – à leur commandement : 1…2…3…4… – nous relever comme un seul homme pour repartir de plus belle à jumper / pogoter / kazatchoker comme de beaux diables ! Argh, des dates comme ça mais vous pouvez en balancer 7 fois par semaine: on sera là! Au plaisir de vous revoir ensemble – où dans d’autres configurations – messieurs !

Setlist Dirty Shirt: 1) Manifest 2) Ride 3) Freak Show 4) Trust Me 5) Bad Apple 6) UB 7) Saraca Inima Me 8) Rocks Off 9) Pitbull - Rappel: Tell Me Why
photo de Cglaume
le 20/09/2013

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