Solefald - In Harmonia Universali

Solefald - "In Harmonia Universali"
chronique Solefald - In Harmonia Universali

Pour beaucoup, et je le dis tout de suite, je n'en fais pas partie, la cuvée 2003 de Solefald est une déception, trop proche de Pills Against the Ageless Ills, d'"Omnipolis". Un peu à la manière de ceux qui reprochent à Master Of Puppets d'être trop similaire à Ride The Lightning. C'est mal juger ce In Harmonia Universali à la personnalité forte, pour moi l'une des meilleures productions de Solefald. Certes, il ne marque pas de rupture franche par rapport au passé, mais chaque titre est un bijou finement ouvragé et réfléchi. Dès la première écoute du premier titre (chose rare de ma part), j'ai pris conscience de la puissance de la musique que j'avais entre les oreilles. Cet instant est gravé dans ma mémoire pour longtemps, comme le moment où j'ai complètement basculé.



L'album suit un concept, mais au sens où il raconte une histoire, mais chaque titre se base sur une théorie philosophique. Souvenez-vous, il s'agit du sujet d'étude de Cornelius à la Sorbonne. Le son général bénéficie d'un traitement nettement plus métallique que les deux albums précédent, en particulier au niveau de la batterie (qui sonne naturelle et très massive sur les passages très lents) et des guitares largement plus en valeur. Les claviers occupent une part plus restreinte avec des sons plus vintages, allant du grand piano à l'orgue Hammond, ce qui apporte une touche bien présente de feeling 70's. Certains riffs possède une lourdeur qui n'est pas sans rappeler les pères fondateurs. Mais le nouvel élément qui contribue le plus à ancrer In Harmonia Universali, c'est le saxo, dont les parties rappellent sans hésitations Dark Side Of The Moon. Employé avec parcimonie, ses interventions sont toujours une plus-value, à propos. Le break central de "Nutrisco et Extinguo" me file systématiquement les poils.



Le travail sur les parties vocales est encore poussé un peu plus loin, encore plus varié que par le passé. Cornelius déploie un spectre de techniques de chant complètement bluffant, mais qui, je le conçoit, peut être parfois horripilant (si vous supportez les vocaux sur le début de "Epictetus & Irreversibility", tout va bien se passer). Lazare quant à lui est encore plus à l'aise dans le registre clair, parfois opératique. Il se rapproche sur cet album du style de chant qu'il emploie chez Age Of Silence. en plus de l'anglais habituel, on retrouve des paroles en français, en allemand et en norvégien.

Tout en maintenant les standards en terme de musicalité, d'expérimentations, Solefald nous livre un album plus "classique" dans la forme, tant au niveau des riffs, des parties de claviers, mais qui dans le fond, ne démérite pas sa qualification d’avant garde. En laissant presque totalement de côté le black (seul "Sonnenuntergang im Weltraum" peut prétendre en être), le duo montre qu'il est capable de maîtriser sur tout un album un style de composition inédit et original, épique et tordu (je n'en peux plus de me réécouter l'instrumental "Red Music Diabolos, parfait exemple de cela) dans lequel on retrouve les prémices de post-black, de la véritable " red music with black edges".


photo de Xuaterc
le 29/05/2016

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