Solefald - Pills Against the Ageless Ills

Solefald - "Pills Against the Ageless Ills"
chronique Solefald - Pills Against the Ageless Ills

En se préparant à rien, on est prêt à tout. C'est là la devise qu'il faut garder en tête avant d'aborder l'écoute d'un nouvel album de Solefald. Ne rien attendre, ne rien espérer. On est forcément déçu sinon. Le groupe qui a accouché d'un album aussi barré que Neonism ne pouvait pas, c'était implicite, livrer un Neonism II. Et le grand écart entre le premier et le second opus des norvégien ne permet en rien de deviner la direction qu'ils allaient emprunter sur Pills Against The Ageless Ills. Fort d'un signature chez Century Media, le label qui avait le vent en poupe dans la seconde moitié des 90's (Samaël, Tiamat, The Gathering...), le duo revient deux ans après avoir choqué l'underground européen, lui laissant à peine le temps de se remettre.



Cornelius a quitté sa Norvège natale pour venir étudier la philosophie à Paris. Cela se ressent sur la réalisation de cet opus. Il s'agit d'un concept album narrant l'histoire de deux frères que tout oppose, Pornographer Cain et Philosopher Fuck, sur fond de critique de la société moderne, en perte de repère et d'idéal de construction. Le premier est un réalisateur de films pour adultes, accusé du meurtre de Kurt Cobain, le second un moine en fin de vie à Paris. Les deux personnages symbolisent la dualité de la civilisation occidentale, ses vices et vertus.



Musicalement, le groupe délaisse la recherche de l'originalité et l'expérimentation à tout prix, pour se concentrer sur la cohérence stylistique. Les structures des titres sont beaucoup plus simples que sur Neonism, partent dans tous les sens, et de ce fait réservent moins de surprises. La musique semble s'être mise au service du concept, les norvégiens ayant déjà prouvé qu'ils maîtrisaient la folie avantgardiste. Je vous rassure, d'avantgarde, il est toujours question sur Pills Against The Ageless Ills, mais plus contenue. Le son est plus synthétique, plus proche de la musique électronique de la fin des 70's, avec des claviers placés en avant par rapport aux guitares.



Les riffs et les parties de synthé ont gagné en simplicité et en classicisme, mais ont pris au passage une forte teinte décadente («The Death of Father», «Hierarch» ), même si le groupe n'oublie pas d'où il vient avec« Charge of Total Affect » qui est un pur brûlot black metal C'est là que s'exprime l'avantgarde sur cet album, avec les parties vocales qui deviennent grandiloquentes. Sur ces nouvelles bases, le groupe a aussi adopté plus de simplicité dans l'écriture: "The USA Don'T Exist" en est le parfait exemple avec son aspect tubesque. Hormis ce titre, et « Hyperhuman » en ouverture, Pills Against The Ageless Ills est un album homogène où aucun morceau ne sort réellement du rang, tous se mettant au service du concept.



 


photo de Xuaterc
le 29/05/2016

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