The Senseless - Interview du 11/04/2012

The Senseless (interview)
 

 

 

(English version available here)

 

 

 

 

Salut Sam! « Happy Ever After » était le dernier titre metal de In The Realm of the Senseless, et il démarrait sur le tumulte d'un public surchauffé – du style de ceux qui remplissent les stades ou les grandes salles de concert. De façon similaire (on va dire...), The Floating World nous laisse entendre la clameur d'un stade en son tout début, sur « Caveat ». Cela est-il censé signifier que les 2 albums sont fortement liés l'un à l'autre?
Tout à fait! Excellent, quelqu'un s'en est rendu compte! Je voulais que le premier morceau parle à ceux qui avaient été rebutés par la vélocité du démarrage du premier album... Mais je voulais également qu'il capte votre attention. Et quoi de mieux pour ça qu'un stade rempli de fans de foot anglais complètement pintés? Je voulais aussi qu'il y ait une certaine continuité entre les albums, que ce soit au niveau des sons utilisés comme des thématiques développées. J'étais un peu inquiet à l'idée de sortir un album que les gens n'auraient pas reconnu comme une production de The Senseless, ce qui peut facilement arriver quand on réalise un album de metal aussi varié que celui-là. Il y a de nombreux points communs entre les albums, dont beaucoup sont cachés. J'aime l'idée qu'il soit possible d'enchaîner mes albums les uns derrière les autres, la transition entre ceux-ci se faisant naturellement, tout en douceur.
 
Etant donné qu'In The Realm of the Senseless incluait un morceau de techno soft (“After Happy Ever”) en toute fin de course, je m'attendais à entendre un morceau de salsa / dubstep / raï à la fin de The Floating World… Mais en fait non. J'imagine que j'aurais dû réaliser que, dans la mesure où tu risquais d'être attendu sur ce terrain, tu as consciemment pris un autre chemin! :) Après tout, ça pourrait être la devise de The Senseless: “N'attendez rien de particulier de nous: nous sommes différents et imprévisibles”… M'enfin bon, est-ce que ça t'a quand même traversé l'esprit de finir ce 2nd album sur une touche inhabituelle?
"After Happy Ever" n'a jamais été composé dans le but d'être "différent". Le morceau a atterri un beau jour comme ça, dans mon crâne, dans son intégralité, avec pour seule singularité le fait que c'était un titre techno et non death metal. Je n'ai aucune idée d'où il a bien pu me venir. Totu ce que je sais c'est qu'il collait parfaitement avec le reste des compos du groupe. J'ai écrit des titres très différents pour The Floating World, mais au final il se trouve que je ne les ai pas utilisés. Il y avait un morceau dans le style Godflesh/Agoraphobic Nosebleed, et j'ai également écrit un titre rock calibré pour les stades qui sonnait tellement bien qu'il semblait être le successeur tout désigné du "Sweet Child of Mine" des G'n'R... Mais ils ne collaient pas avec le reste des compos. J'ai pensé en faire les derniers rebondissements de l'album en les plaçant en toute fin de tracklist, mais ça ne le faisait pas. Et puis l'album se termine sur le morceau titre, qui est déjà lui-même assez spécial! De plus il est toujours prévu que je sorte The Floating World sous forme de CD... Ça se fera sans doute à cette occasion. On verra!
 
La première fois que j'ai lu le nom du 2e opus, je me suis dit: “C'est vraiment un truc typiquement australien cette obsession pour le surf!”. 'Faut dire quand même que le premier album affichait un surfeur sur sa pochette, et que ce nouvel épisode possède un titre qui pourrait sembler être une nouvelle référence à cette activité estivale dont l'un des fondements est de tenir debout à la surface de l'eau. Et puis au final, j'ai réalisé que cela pourrait bien être plutôt un clin d'œil au "Ça" de Stephen King, non ? ("Nous flottons tous en bas…")
Ce titre contient teeeeeeellement de références et de sens cachés! Je voulais qu'il suggère à l'auditeur le fait que, vu la quantité d'informations contenues dans ces seuls 3 mots, il y a sans doute beaucoup à extraire des onzes titres et 35 minutes de l'album! 
Tiens, je vais te donner quelques-unes des interprétations possibles de ce titre: 
* Comme je te le disais, je voulais mettre l'accent sur la continuité entre les 2 albums. Ceci se traduit par la référence faite à l'eau, qui renvoie à la couverture du premier album sur laquelle un surfeur flottait dans les airs juste avant de se faire claquer par une vague. En effet, le surf est un sport où tu passes la majorité de ton temps à flotter, et attendre les moments d'intense action.
* A titre plus personnel, The Floating World me fait également penser à l'Australie. Après tout, ne sommes-nous pas cet étrange petit monde flottant dans l'océan, tout en bas du côté de l'hémisphère sud ?
* Il perpétue la thématique japonaise, tradition héritée du premier album dont le titre était un détournement de celui du film "L'Empire des Sens" ("In The Realm of the Senses" en anglais). The Floating World fait en effet référence aux fameuses estampes japonaises de l'ukiyo-e (aussi connues en anglais sous le nom de "pictures of the Floating World"), qui devinrent populaires de par leur description des scènes de la vie quotidienne, ce que par ailleurs j'essaie de faire moi-même au sein de mes textes, loin des chateaux, serial killers et hail satan habituels! Ces peintures étaient accessibles à une nouvelle classe moyenne et destinée à une consommation plus "grand public" que l'art traditionnel... Ce qui est un autre point commun avec ce que j'essaie de faire. Je veux en effet rendre le metal super-extrême accessible, même à ceux qui ne sont pas à la base des fans de metal. 
* Il porte également en lui l'horreur que le mot 'floating' a acquis depuis que Stephen King a écrit "Ça"! J'ai d'ailleurs essayé de rendre cet aspect "subliminallement explicite" lors des solos du titre 'The Floating World', he he.
* Il a encore deux autres sens cachés, mais là je laisse les gens essayer de les deviner par eux-mêmes. Tout révéler oterait du fun à la chose pour tout le monde. J'adore l'idée que chaque élément possède en fait de multiples sens parallèles qui se combinent à la fois aux niveaux esthétique ET conceptuel, et que cela permette aux auditeurs de retirer quelque chose de nouveau à chaque fois qu'ils abordent l'album sous un angle différent.
 
Depuis ses premiers pas, The Senseless a été catalogué comme un groupe de metal extrême "joyeux". Pourtant, sur The Floating World, bien que tu n'aies en aucun cas commencé à te livrer à des messes noires ni à te prendre trop au sérieux, il semble que les choses se soient quelque peu assombries – peut-être du fait de tous ces problèmes que tu as pu avoir avec les labels. Ainsi “Amazing Pain” se termine sur une touche stoner / blues, certaines des parties de “Magnificent” pourraient presque être qualifiées de “dark melo-death”, vers la moitié de “White flag” (aux alentours de 1:50) le ton devient aussi doux que mélancolique, sans parler de ces moments sombres dispersés au sein de “Let Me Sleep”… Quelle est ton opinion là-dessus ? Les choses se sont déroulées de manière moins “fun” cette fois-ci ?
Complètement. Beaucoup des titres ont été écrits lors de moments fastes, mais vers la fin de la période de répétition, ainsi que tout du long de l'enregistrement, ma vie s'est plus ou moins effondrée. Ce fut la fin d'une relation amoureuse ayant duré 6 ans, mon boulot - que jusque-là j'aimais - s'est mis à moins bien payer et à se transformer en impasse, Berzerker se rapprochait inexorablement du terme de son histoire, et ma collaboration heureuse avec le groupe de death anglais Mithras s'est arrêté en même temps que l'activité live de ceux-ci. Cela a forcément eu un impact sur l'enregistrement... Des chansons joyeuses jouées et chantées par un mec relativement morose au final. A cette époque, c'est tout juste si j'avais pris acte du manque d'intérêt des labels pour tout ce que je faisais. Mon dieu, "Let Me Sleep" témoigne particulièrement fidèlement de mon état d'esprit d'alors! Je m'étais dit que ce serait ma "chanson suicidaire", de celles qui vous poussent à passer à l'acte. Ces accords qui ouvrent le morceau sonnent un peu comme une annonce de fin du monde. 
Chacun de mes 2 albums a tendance à commencer sur un ton joyeux, puis à devenir progressivement de plus en plus sombres, pour se terminer finalement dans les aigüs. Je pense que cela va également se traduire au niveau de la tonalité générale des albums, le prochain risquant bien d'être très mélancolique. 
 
Est-ce que tu peux me dire pourquoi diable tu as ajouté le bruit d'un camion effectuant une marche arrière à 3:59 sur “Let Me Sleep” ? A chaque fois que je m'écoute l'album en extérieur, tu peux être sûr que sur ce passage, je me mets à chercher où ce satané engin peut bien être caché!! Mince, même à la maison je sursaute et crois qu'un camion manœuvre dans ma cuisine!
Hahaha, c'est une alarme de réveille-matin! Je voulais trouver un son qui rappellerait à coup sûr un réveille-matin!! Hahahaha. J'ai demandé à Leon d'insérer ce sample au sein du morceau afin qu'il se faufile jusqu'à l'auditeur tel un son issu de son environnement réel, et qu'il le tire brutalement de sa rêverie musicale. Il semble bien que ce soit l'effet qu'il te fasse, bien que tu entendes un camion et non un réveil!
 
Cette fois, je crois entendre des influences SYL (“In Our Hearts”, “Death To Metal”…) / Devin Townsend (la lead au début de "Far From Over”, “Let Me Sleep” …) beaucoup plus marquées dans ta musique. C'est seulement dans mes oreilles ou bien… ? D'ailleurs, il y a un autre aspect de The Floating World qui me rappelle Heavy Devin: tes textes, qui me semblent plus axés sur tes expériences personnelles, qu'elles soient musicales ou personnelles. J'ai bon ?
Après l'enregistrement, j'ai plus ou moins réalisé qu'en effet, le seul autre gars qui chante dans des styles variés par-dessus du metal qui blaste sans se vautrer lamentablement n'est autre que Devin Townsend. De dirais que musicallement, alors qu'on est parti sur des démarches franchement différentes, on est finalement tous deux arrivés à un même point, et on se fait clairement un vrai plaisir à triturer salement nos influences initiales. Par contre c'est sûr,  il est un musicien largement plus accompli que moi! Lors de I'écriture comme de l'enregistrement de ce 2nd opus, j'ai beaucoup écouté les Deftones, et c'est donc eux qui m'ont le plus influencé pendant cette période. M'enfin ça m'étonnerait que beaucoup de personnes puissent réaliser ça par eux-mêmes à l'écoute de l'album.
Côtés textes, cela parle toujours de mes propres réflexions et expériences. "In Our Hearts" parle du fait de monter un groupe qui écrive un titre qui ait vraiment du sens, "Walk" a en gros été écrit quand mon ancien appart' a failli bruler complètement et que je me suis retrouvé simplement avec le short et le Tshirt que je portais alors, ainsi qu'une stéréo que j'avais pris ce jour là. A chaque titre correspond une histoire personnelle. Je suis bien conscient que d'un titre à l'autre, je me contredis du tout au tout. Nos actes n'ont ni queue ni tête de toutes façons. On utilise la logique mais nous ne sommes pas des créatures logiques et cohérentes. M'enfin je ne me prends pas la tête avec ça. Je balance tout ce qui vient dans mes textes... D'ailleurs si j'agissais autrement, je finirais sûrement par copier quelqu'un d'autre, ou tout au moins son style, ce qui pour moi est le plus grand des péchés que tu puisses commettre. C'est marrant, tellement des mes titres traitent des galères qui m'arrivent. Si j'avais du succès et que je n'avais pas à bosser à côté, je ne sais pas trop à propos de quoi je pourrais bien écrire!
 
Peux-tu nous en dire plus sur le contenu de “Death To Metal”? Il semblerait que tu aies quelques remarques bien senties à adresser à certains des énergumènes qui peuplent la scène metal extrême, non ? :)
Ha! Eh bien, j'ai déjà dit ce que je pensais aux fans de metal sur le premier album, via le morceau "Nothing". Mais ce coup-ci je me suis dit qu'il était temps de s'attarder sur le merdier actuel des nouveaux groupes de metal, ce qui a abouti à l'écriture de "Death To Metal". La plupart des groupes que j'ai pu écouter ces derniers temps ne font que copier les géants qui sont venus avant eux. De nos jours tout le monde veut être un musicien aussi technique que sophistiqué. Vous jouez du metal putain! Vous n'êtes pas censés être des musiciens, vous êtes censés être de dangereux malades. Vous êtes censés être tellement à la masse que c'est tout juste si vous êtes capables de brancher votre gratte. Pendant mon adolescence, les musiciens de la scène metal étaient des putains d'enfoirés bien flippants. J'ai grandi avec Slayer, Dave Vincent (Morbid Angel), Glen Benton (Deicide)... Et de nos jours les gamins grandissent avec quoi? Attack Attack! Y a de quoi s'inquiéter. Ils auraient besoin de tout envoyer chier et de devenir accro' aux drogues dures, goûter un peu au sang de leurs prochains, et alors, ok, ils seraient prêts à revenir et arrêteraient enfin d'essayer de plaire à tout le monde pour se concentrer sur leurs propres démons intérieurs. Je veux dire, merde quoi: où sont passés tous les psychopates?
J'ai eu de la chance. Je me suis mis au metal en 1991, alors que la scène death était en train d'exploser et que je vivais dans une ville pleine de super groupes. Chaque semaine, un nouvel album exceptionnel voyait le jour... The bleeding de Cannibal CorpseIVth Crusade de Bolt ThrowerNecroticism de CarcassLegion de  DeicideExtreme Conditions de Brutal Truth... Et je pensais alors que c'était comme ça dans le metal, que chaque semaine le metal extrême devenait encore meilleur et voyait naître des albums démentiels qui emmenaient la scène toujours plus haut. Ces groupes n'essayaient pas d'être les plus complexes possibles, ils essayaient juste d'écrire les chansons les meilleures possibles - et c'est justement ce que tout le monde a oublié de nos jours. Des CHANSONS. Ils sont trop occupés à montrer à tout le monde à quel point ils peuvent caser une grande quantité de riffs différents et de changements de rythme en un temps minimum - et que dieu les préserve d'écrire quelque chsoe d'accrocheur! 
"Death To Metal" commence par un riff punk, puis part sur un riff grind un peu tordu, continue avec des solos à la Morbid Angel, un break à la Carcass, un tonnerre d'applaudissements, des cloches, du larsen, un public de métalleux abrutis à qui l'on dit qu'ils sont les "craziest motherfuckers", et finit avec des riffs à la Slayer et un petit final death metal. C'est en quelques sorte ma description de ce à quoi ressemble le metal moderne.
 
Récemment, j'ai découvert que l'Australie a bien plus de bons groupes de metal que ce que je pensais. Certains de mes plus grands panards musicaux de l'année passée ont été pris sur des groupes de là-bas, comme Flatstick (RIP :/), BaKStargazerAlarumDarth VegasOne Step BeyondToehider… Est-ce que tu connais et apprécie certains d'entre eux? Y a-t-il encore d'autres trésors cachés à découvrir par chez vous ?
En effet! Haha, j'ai joué avec les gars d'Alarum autrefois, car il faisait parti du premier lineup de The Berzerker qui ait tourné aux US! Des musiciens exceptionnels, qui semblent d'ailleurs devoir tourner hors de nos frontières très bientôt.

Si tu retournes un peu dans le passé, il te faudra écouter des groupes comme DamagedChristbaitMagnaciteBestial WarlustDamaged est sans doute celui qui a eu le plus d'influence sur moi, et je te conseille tout particulièrement leurs 3 premiers albums Do Not SpitPassive Backseat Demon Engines et Token Remedies Research. Ils étaient très en avance sur leur temps, et leurs compos continuent d'être bien supérieures à ce que peuvent écrire nombre de groupes modernes. Il faut aussi écouter les débuts de SuperheistAbramelinDisembowelment... On a eu des groupes vraiment incroyables ici, et l'unique raison pour laquelle ils n'ont pas conquis le monde est juste qu'on se situe bien trop loin de vous. Ils ont eu le malheur de se développer dans l'ère pré-Internet, quand les distances géographiques avaient encore de l'importance.

 

De nos jours, Blood Duster est un peu le parrain de la scène locale. sinon tout le monde connait Psycroptic, ainsi que The Berzerker bien évidemment! Si tu aimes les trucs super tendus, écoute donc Five Star Prison Cell. Pour ma part j'adore The Kill, et je me passe sans cesse leur album Soundtrack To Your Violence. Et je prends mon pied sur Thy Art Is Murder, je ne peux pas résister aux groupes qui blastent comme ça. Mais je suis bien conscient que j'en oubIie des tonnes... J'avoue ne plus être aussi au fait de ce qui se passe ici que je l'ai été par le passé, sans parler du fait que mon point de vue sur le metal australien est plus particulièrement axé sur la scène de Melbourne.

 

J'ai lu une interview dans laquelle tu dis que tu pourrais écrire des albums dans la lignée des 2 premiers tous les ans, si seulement les gens les achetaient… Ta tête recelle-t-elle vraiment autant d'idées prêtes à s'exprimer via ta guitare ? D'ailleurs, j'y pense: peut-être même as-tu de nouveaux titres déjà écrits ?
Complètement. (haha, tiens, pour la peine écoute donc ce titre sans parole que j'ai enregistré la semaine dernière quand j'ai soudain eu une idée de chanson - NDLR: Sam m'a en effet envoyé un titre particulièrement bon, et plutôt triste...). J'ai toujours une foultitude de matériel prêt à être enregistré. En général j'écris comme ça vient, puis je reviens dessus plus tard, avec une oreille plus objective et apte à décider si l'idée est réellement intéressante. Je trouve que c'est quasiment un art en soi que de savoir sélectionner les titres qui conviennent le mieux pour figurer ensemble sur un album. En général, la raison principale pour laquelle j'attends si longtemps avant d'enregistrer un album est que je dois mettre de côté de l'argent pour acheter les équipements nécessaires et me payer le mixage et le mastering. Si je vendais suffisamment, je pourrais facilement réduire ce cycle à un an, chaque album me rapportant de quoi enregistrer le suivant. Quand j'ai sorti mon premier album, je pensais d'ailleurs que mon 4e opus serait sorti à l'heure où je te parle!
A dire vrai le prochain album est quasiment déjà écrit. Il est en grande partie plus lent, plus sombre et plus ambitieux... Une vraie bonne grosse prise de tête pour dépressif! Bien qu'il y ait également certains titres enjoués qui blastent, j'ai bien peur que ce nouvel album ne doive abandonner l'étiquette "happy metal" usuelle. D'ailleurs, pour le sortir, je ferais mieux d'attendre que cette crise économique globale se résorbe, sinon je risque bien de déclencher une véritable épidémie de suicides... Alors qu'au contraire j'ai besoin que les gens restent bien en vie afin d'acheter mes CDs et Tshirts afin que je puisse sortir encore un autre album après ça.
 
Bon, les dernières news que j'ai pu lire à propos des sujets qui suivent n'étaient pas très bonnes, mais sait-on jamais: y a-t-il toujours aussi peu de chances pour que, dans un avenir proche, The Floating World fasse l'objet d'une sortie CD ? Et qu'en est-il des labels? Toujours rien de neuf de ce côté obscur de la scène metal ? Tu continues à tracer ta route sans le support d'aucune structure professionnelle ?
J'attends que les téléchargements payants atteignent un certain niveau afin d'être en mesure de faire presser des CDs. On en est aujourd'hui au tiers de ce que je me suis fixé comme objectif. Ma définition du succès minimum nécessaire à un groupe pour continuer à avancer est que celui-ci devrait pouvoir être en mesure de payer lui-même les frais correspondant à la sortie de son album suivant. Il y a effectivement une forte demande pour des CDs, ce qui fait que je les ferai presser au plus tard à la fin de l'année, et je ferai en sorte qu'ils contiennent suffisamment de matériel bonus pour que les gens puissent se dire que ça valait le coup d'attendre. Je juge du bien fondé de ce que j'offre en fonction des ventes et des retours que je reçois, que cela concerne les CDs, les clips vidéo ou le merchandising. Je n'ai pas envie de gaspiller du temps et de l'argent à bombarder le marché de produits inintéressants. D'un autre côté je n'ai pas non plus envie de rentrer dans le cercle stérile qu'emprunte de nos jours l'industrie musicale qui consiste à donner de plus en plus de choses gratuitement en espérant que quelqu'un finira par me payer à un moment ou un autre pour mes efforts. Si les gens apprécient The Senseless, sont fans, et achètent les albums, ils seront récompensés autant que je le pourrai par toujours plus de musique, de compositions, de bonus multimedia... Je ferai mon maximum pour eux.
Pour répondre à ton autre question, je n'ai été contacté par aucun label, et de toutes façons j'ai arrêté d'essayer de les atteindre. Le temps passé à leur courrir après est mieux employé à composer de la musique, distribuer et promouvoir le dernier album, ainsi que discuter en ligne avec les fans. J'ai tout essayé l'année dernière: rentrer en contact avec les labels ainsi qu'avec des personnes que je connaissais personnellement. Personne ne m'a répondu, pas même pour m'envoyer un merci-de-votre-candidature ou un merci-pour-l'enregistrement. Finalement j'aime assez le fait d'avoir un groupe constitué de musiciens underground réputés venant de labels établis ainsi qu'un album fait de la musique la plus heavy, la plus barrée et la plus géniale enregistrée cette année, et que l'industrie de la musique n'en ait rien à battre...
Je regarde l'état actuel de la scène metal et puis je me dis: "si l'industrie pense qu'on ne colle pas avec le metal d'aujourd'hui... Eh bien finalement c'est plutôt bon signe".
The Senseless est fier de n'avoir le support de personne. Pas un magazine, pas un label, pas un website, personne.

Merci beaucoup de nous avoir accordé du temps Sam, et s'il te plait, continue à composer et enregistrer de la musique: le talent et le travail finissent souvent par porter leur fruit au final ! (et même si ce n'est pas le cas, nous ça nous botte ce que tu fais!)
Merci! Rendez-vous ici (https://www.facebook.com/thes3ns3l3ss) pour avoir des news, ici (www.thesenseless.wordpress.com) pour des billets d'humeur, et puis procurez-vous l'album (ou au moins écoutez le) via Bandcamp ici: http://thesenseless.bandcamp.com/album/the-floating-world.
Si vous préférez, vous pouvez aussi le trouver sur I-tunes, Amazon ou CDBaby (http://www.cdbaby.com/cd/thesenseless).
 
 
 

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Hi Sam! « Happy Ever After » was the last metal track from In The Realm of the Senseless, and it started with a screaming audience – apparently not one of the kind that fills very small venues. Similarly (let’s say), The Floating World features a stadium crowd singing / shouting at its very beginning, on « Caveat ». Does that mean that both albums are strongly linked to each other?
Yes! Awesome, someone noticed! I wanted a first track that addressed directly the people who were put off by the velocity of the start of the debut album... But I also wanted it to catch your attention. A stadium full of shouting drunken english football fans is guaranteed to catch your attention! I also wanted there to be some continuity between albums, with both the sounds I use as well as the general themes. I was afraid of putting out an album that people wouldn't recognise as The Senseless, which is easy to do when you make a metal album as diverse as this one. There are many points in common between the albums, many of which are hidden, the chanting is more obvious though. I like the idea that eventually you could play my albums one after the other in a row and transition smoothly from one to the next.
 
Given that In The Realm of the Senseless included a soft techno track (“After Happy Ever”) at its very end, I was expecting some salsa / dubstep / raï song at the end of The Floating World… But there were none. I guess I should have realized that as long as people are likely to expect something from you, you will be doing things in a different way! :) After all, it could be The Senseless’ motto: “Don’t expect anything from us: we’re different and unpredictable”… But anyway, did you ever think about offering another unusual ending to this second albums?
"After Happy Ever" was never done for the sake of being different, it was a full song that landed in my head one day with the only difference being it was techno and not death metal. I have no idea where it turned up from. All I knew is that it fit perfectly with the other Senseless material. I wrote some very different tracks for The Floating World but ended up not using them. There was a Godflesh/Agoraphobic Nosebleed style track, and I wrote a stadium rock song which sounded like it'd kick G'n'Rs "Sweet Child of Mine" right off the podium... But they just didn't fit alongside the rest of the material. I thought of placing them at the end just for a twist but they didn't work at all. Besides, the album finishes with the title track "The Floating World", and that's pretty different already! Also, I'm still to release a hardcopy CD of The Floating World... I think I'll throw a twist onto the end of that. We'll see!
 
The first time I’ve heard the name of your 2nd opus, I thought: “It’s really typically Australian this surf thing!”. Actually, the first album showed a surfer on its cover, and this new opus’ title sounded to me as a new reference to this summer activity where standing above water is the basis of all. But lastly I have figured out that it could also be a reference to Stephen King’s “It”, right ? (We all float down here…)
It has sooo many references! I wanted the title to let the listener know, if I can get this much meaning into three words then imagine what I can do with eleven songs and thirty-five minutes! 
Here's a few of the references behind the album title: 
* As mentioned, I wanted a sense of continuity. It references the water theme and front cover of the first album, the surfer  floating in mid-air before being smashed. It touches on surfing being a sport where you spend most of your time floating, waiting, then moments of intense action.
* Personally The Floating World also makes me think of Australia. After all, we're this weird little world floating in the ocean down in the southern hemisphere.
* It also carries on the japanese theme, another tradition from the title of the first album which was a play on the japanese movie about Sada Abe 'In The Realm of the Senses'. The Floating World also refers to the japanese painting style ukiyo, which was a style that gained popularity for depicting everyday life, kinda like I try and do with the lyrics as opposed to singing about castles, serial killers, or satan! Ukiyo paintings were also attainable to a newly-moneyed class and were available for popular consumption... Again, something I'm trying to do. I want to make super-extreme metal that is accessible even to people who aren't into heavy metal. 
* It touches on the horror the word 'floating' has attained thanks to Stephen King's "IT"! I make that subliminally explicit during the solos on the title track "The Floating World", heh heh.
* It has another two meanings as well, but I'll leave that for people to work out for themselves. I can't give everything away here, that'll take away the fun for everyone. I love the idea that everything has multiple congruent meanings that work at an aesthetic AND conceptual level, and that you can get something back each time you look at the album a different way.
 
From the beginning, The Senseless has been labeled as a “happy” extreme metal band. But on The Floating World – even though you haven’t started to organized black masses or to take yourself too seriously – it seems that things have become a little bit “darker” – maybe because of all these problems you got with labels. Actually “Amazing Pain” ends with a stoner / blues feeling, some parts of “Magnificent” could almost be referred as “dark melo-death”, halfway through “White flag” (around 1:50) things are becoming a little bit soft&sad, not to mention the dark moments scattered across “Let Me Sleep”… How do you feel about it? Things were a little less “fun” this time ?
Definitely. A lot of the songs were written during good times, but towards the end of rehearsal and all through recording life was kinda falling apart for me. A six year relationship ended, my amazing job was becoming less well-paid and more dead-end, Berzerker was nearing its end, and my happy stint in UK death metal band Mithras ended as the live band fell apart. This affected the recording... Happy songs played and sung by a pretty unhappy guy. I barely noticed that labels weren't interested anymore with everything else going on. God, especially "Let Me Sleep"! I thought I'd try my hand at writing a make-you-kill-yourself suicide-song. Those big opening chords sound like the world ending. 
Each album tends to start off happy, gets progressively more and more miserable, and end on a high note. I feel this will also be reflected with the progression between albums, and that the next one will be very melancholy. 
 
Just tell me: why have you added the sound of a truck going backwards at 3:59 on “Let Me Sleep” ? Each time I listen to the album outside, I am looking for this goddamn truck!! Fuck, I’m even checking it when I’m home!
Hahaha, that's an alarm clock! I was searching for the most recognisible alarm clock sound that I could find!! Hahahaha. I got Leon to mix it into the track so it would sneak up on you and sound like something in the real world, just so it would jerk you uncomfortably awake. Sounds like it has the same effect on you though even if you think it's a truck!
 
I hear a lot more SYL (“In Our Hearts”, “Death To Metal”…) / Devin Townsend (the lead at the beginning of “Far From Over”, “Let Me Sleep” …) influences on your music this time. Is this only in my ears or… ? And actually there is another side of The Floating World that reminds me of Heavy Devin: your lyrics seems to deal more with your own experiences, both musical and personal. Or am I wrong ?
I sort of realised after recording that about the only other guy who sings varied styles over brutal blasting metal without being a cheesy operatic idiot about it is Devin Townsend. I think we've both arrived musically at a similar place from completely different directions, and we're obviously pretty happy to play extremely loose with our influences. Obviously he's vastly more accomplished than me though! I was actually listening to a lot of Deftones and that was probably who I was most influenced by in the writing and recording. Not that anyone could probably hear that, though.
The lyrics always deal with my own thoughts and experiences. "In Our Hearts" is just about trying to make a band that makes a song that actually means something, "Walk" was written about when my old flat nearly burned down and I was just left with the shorts and shirt I was wearing and a stereo I had pulled from the place. Every song has a personal story behind it. I'm aware that I contradict the hell out of myself from one song to the next. People don't make sense. We use logic but we're not logical, consistent creatures. I'm cool with that. I throw it all into the lyrics... If I sing about anything else, then I'm probably copying someone else or someone else's style which I see as being the biggest sin you can commit. It's funny, so many of the songs are about how much work shits me. If I was successful and didn't have to work a job, I'm not sure what I'd write about!
 
Can you tell us more about “Death To Metal” contents? You seem to have some complains to express about some idiots from the extreme metal scene, right ? :)
Ha! Well, I said my piece to the metal fans on the first album with song "Nothing". But I thought it was time to address how shit metal bands themselves are these days, which is why I wrote "Death To Metal". Most bands I hear are just copying the giants who came before them. Everyone wants to be a technical, complicated musician. You're playing metal! You're not meant to be a musician, you're meant to be a mental-case. You're meant to be so retarded that you can barely plug your guitar in. When I grew up metal musicians were scary motherfuckers. I grew up with Slayer, Dave Vincent, Glen Benton... And now kids grow up with Attack Attack? That is a matter of concern. They need to fuck off and get hooked on some serious drugs, get a taste for other people's blood, then come back and stop trying to appeal to anyone but their own demons. I mean, where did all the psychopaths go?
I was lucky. I got into metal in 1991 just as the death metal scene was exploding and I was living in a city with some amazing bands. Every week another amazing album would come out... Cannibal Corpse The bleedingBolt Thrower IVth CrusadeCarcass NecroticismDeicide LegionBrutal Truth Extreme Conditions... And I just thought that's how it was in metal, that every week bands would redefine extreme metal and release groundbreaking albums that would take the scene higher and higher. These bands weren't trying to be as tricky as possible, they were trying to write amazing songs and that's what everyone has forgotten these days. SONGS. They're too busy trying to show everyone how many different riffs and time signatures they can play with, god forbid they play something catchy. 
"Death To Metal" starts with a punk riff, goes into a tricky grind riff with a weird signature, goes for some Morbid Angel solos, a Carcass break, a big crowd scene with thunderclaps, bells, feedback, and a dumb metal crowd being told they are the "craziest motherfuckers", then ends with Slayer riffs and a bit of a death metal breakdown. That's me describing what all modern metal sounds like.

I have recently discovered that Australia has far more great bands that what I already knew. Some of my greatest musical pleasures of last year have indeed come from Flatstick (RIP :/), BaKStargazerAlarumDarth VegasOne Step BeyondToehider… Do you know and appreciate some of them? Are there other hidden Aussie gems worth checking out ?
Oh yeah! Haha, I used to play with the Alarum guys, they were in the first Berzerker lineup that we took to the US! Amazing musicians, and it sounds like they'll be touring overseas again pretty soon.

If you go back in time a bit you've got bands like DamagedChristbaitMagnaciteBestial WarlustDamaged were probably the biggest influence on me: you gotta hear their first three albums Do Not SpitPassive Backseat Demon Engines and Token Remedies Research. They were years ahead of their time, and their material still crushes so many modern metal bands. Early Superheist as well, AbramelinDisembowelment... We had some unbelievably great bands, and the only reason the entire world wasn't beating a path to Australia's door was because we were just so far away. These bands thrived in the pre-internet days when distance was really a factor.

 

These days, Blood Duster are kinda the godfathers over here. Everyone knows Psycroptic and of course Berzerker! If you like super-tight stuff, Five Star Prison Cell were pretty good. I loved The Kill, I can't stop listening to their album Soundtrack To Your Violence. And I'm getting off on Thy Art Is Murder, I'm a sucker for any band that blasts like that. I've missed out on naming so many great bands, I know... I'm not as in touch with what's happening down here as I once was and my view on Australian metal is biased towards Melbourne bands.

 

I’ve read an interview in which you say that you could write albums like the two first ones once a year if only people buy them… Have you so much material ready to get out of your head ? Maybe there’s even some new The Senseless tracks already done ?
Absolutely. (haha, please note the no-vocals demo I've attached to the mail! Recorded last week when I got an idea for a song. cglaume: Sam actually sent me a great, quite dark track with his answers) I've always got heaps of material ready to go. I tend to write songs and come back to them later, to listen to them objectively and see if they are still interesting, and I think there's a real art in selecting which songs go best together on an album. The main reason I wait so long to record each album is usually because I'm saving up the spare money for equipment, mixing, mastering. If the recordings sold well enough I could just make that cycle yearly and let each recording pay for the next. When I released the debut, I thought I'd have album number four done by now!
The next album is pretty much already written. It's largely slower, darker, and bigger... A real depressing headfuck. Although there's some chirpy blasting tracks, I'm afraid the next album is going to probably lose the happy-metal tag. I should wait until the global economic slump is well and truly over otherwise it will trigger suicide epidemics. I need to keep everyone alive to buy CDs and Tshirts so I can make another album after that.
 
The last news I have read about the following matters were not really good, but let’s see: are we still far from seeing The Floating World released as a real CD ? And what about labels? Nothing new from that dark side of the metal world ? Are you still walking your musical path without the support of any professional structure ?
I'm waiting for the paid downloads to reach a certain level, so they can pay for pressing CDs. I'm about 1/3rd of the way there now. My definition of the minimum amount of required success is that a band should be able to pay for itself by the second album, at least. There is a huge demand for the CDs so they will be done by year-end at the latest, and I'll ensure that they come with something extra to make up for the wait. I'm gauging what I offer by the sales and interest I receive whether it's CDs, music videos, or merchandise. I don't want to spend money and time showering products and gimmicks on a market that just isn't interested. I also don't want to get sucked into the current music industry game of giving away more and more for free and hoping that someone will pay me for my efforts somewhere down the line. If people like The Senseless, are into it, and buy it I'll reward them any way I can with more music, writing, multimedia... Anything I can do for them.
I haven't heard from any labels, and I stopped trying to contact them. Time spent chasing them is time better spent writing music, distributing and promoting the latest album, and chatting with fans online. I tried all last year, approaching labels and people who I knew personally. Didn't get a response from anyone, not even a thankyou-for-applying or a thankyou-for-the-recording. I quite like the fact that I've got a band of known underground musicians from established labels and an album of some of the freakiest, heaviest, greatest music released this year and the music industry doesn't want anything to do with it.
I look at the state of metal and think, if the industry doesn't think we fit into all of that... Then good.
The Senseless is proudly unsupported by anyone. No magazine, no label, no website, no-one.

Thanx a lot for your time Sam, and please, go on writing and recording music: talent and work often bear fruit in the end ! (and even if they don’t, we enjoy what you do!)
Thank you! Head over to https://www.facebook.com/thes3ns3l3ss for news, head to www.thesenseless.wordpress.com for stories, and to purchase the album (or even have a listen to it) head to bandcamp at http://thesenseless.bandcamp.com/album/the-floating-world.
Alternatively try I-tunes, Amazon or CDBaby http://www.cdbaby.com/cd/thesenseless
photo de Cglaume
le 24/05/2012

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