Destrage - Are You Kidding Me? No.

Chronique CD album (49:26)

chronique Destrage - Are You Kidding Me? No.

Ça y est: après 2 chroniques flashback passées à parcourir les vieux albums-photos de famille pour vérifier la trombine que Destrage avait à l’époque de Urban Being et The King Is Fat’n’Old, notre rétrospective en arrive enfin à l’album cerise-sur-le-pompon que moult amis et autres connaissances m’avaient vendu comme de la grosse baboule-impossible-que-tu-n’aimes-pas-promis. Are You Kidding Me? No. qu’il s’appelle, ce 3e opus censé retourner le nawakophile comme le pâtissier breton sa crêpe (...ou le hardeur sa collègue de tournage). Et les signes extérieurs de richesse musicale étaient, il est vrai, plutôt rassurants, la galette ayant été adoubée aussi bien par Metal Blade que par Ron Bumblefoot Thal – ce dernier étant invité à gratouiller son appendice multi-cordé sur le titre éponyme.  

 

« Alors? »

 

Certes... L’album est effectivement un feu d’artifice guitaristique, un brillant bouillonnement artistique, un manifeste impatient et éclatant de Metal moderne. Il est régulièrement virtuose, relativement inventif, et même parfois limite Nawak.

 

« Mais…? »

 

Mais il m’a été un poil survendu. Ce qui fait que – contrecoup classique de celui qui s’est fait monter le bourrichon et découvre que la superstar qu’on lui avait promise n’est pas Scarlett Johansson mais Virginie Ledoyen (oui je sais: c’est bien aussi) – ce qui fait, disais-je, que sans être déçu, je suis tout de même un peu moins emballé que ce que j’espérais. En sachant qu'au final ce qui s’avère le plus gênant ici, c’est que la tendance précédemment constatée se retrouve confirmée: il y a indéniablement un côté « Modern Teen Metal » un peu crispant chez nos Italiens. Et puis, comme sur l’opus précédent, si le niveau de l’album est globalement plutôt élevé, ce n’est par contre que ponctuellement que la formation se retrouve vraiment touchée par la grâce. Le groupe semble d'ailleurs en être parfaitement conscient, celui-ci prenant bien garde de placer ses 2 plus grosses cartouches à chacune des extrémités de la tracklist.

 

Mais revenons sur le style pratiqué par Destrage. La formation italienne s'illustre dans un Metal moderne, virtuose et varié qui fait son marché du côté de Twelve Foot Ninja, Periphery, The Dillinger Escape Plan, Protest The Hero et For The Imperium. Et non non, pas vraiment du côté de System of a Down, contrairement à ce que voudrait nous faire gober le sticker sur la couv’. En revanche la virulence occasionnelle de l’objet, la brillance des guitares, les mélodies qui font mouche et la justesse du propos auraient tendance à faire penser que si les membres de Soilwork venaient de sortir de l’université et qu’ils avaient découvert le Metal sur Youtube, ils joueraient probablement une musique ressemblant à ce qu’offre cette sacrée galette. A noter par ailleurs que parmi les nouveautés, on découvre que – à rebrousse-poil de leurs influences Djent/d’jeune – les Milanais intègrent à diverses reprises des plans plus Rock’n’Roll, voire flirtant carrément avec les limites du Stoner (tiens: sur la 2e moitié de « Host, Rifles & Coke »).

 

Les méchants coups de tatane qui impriment durablement leur respectable pointure sur nos popotins reconnaissants, on se les prend donc surtout sur une sélection "réduite" de quelques titres sortant vraiment du lot. Dont le superbe « Destroy Create Transform Sublimate » (un clin d’œil au Destroy Erase Improve de Meshug’?) qui s’achève dans une apothéose de pompe symphonico-Djent et de Breakcore aussi décalée qu’excellente. Dont le morceau-titre, qui pète complètement les plombs à mi-parcours, entre « Lala-Chibidou-lala » hyper speedés et trompettes mexicaines offrant d'excellentes petites escapades impromptues. On pourra également ajouter en guise de décoration annexe à cette brillante short list un « Purania » bien catchy, un « -(Obedience) » sauvé par un gros riff qui laboure bien comme il faut nos champs auriculaires, un « Host, Rifles & Coke » aux guitares qui – là aussi – charclent bien l’humus, et « Where the Things Have No Colour » dont le côté roudoudou est rattrapé par un chouette final symphonico-saccadé.

 

Bon alors, il n’est bon que du bout des lèvres ce Are You Kidding Me? No.?

 

Non non, point de moue snobinarde malvenue: l'opus est vraiment bon. Pas systématiquement génial, un peu trop souvent ado-vénère, mais bon, oui. Voire très bon. Du coup je ne regrette pas l’achat. Je dirais même plus: vivement le prochain!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Are You Kidding Me? No. est le logique successeur à The King Is Fat’n’Old. Trépidant, inventif, bouillonnant de la guitare – par contre un poil « d’jeune », mouarf, eh si – cet album contient quelques pépites qui vont ravir les fans de Metal moderne, expert et un peu barré, surtout s'ils ne sont pas insensibles à Twelve Foot Ninja, Periphery, The Dillinger Escape Plan, Protest The Hero ou For The Imperium.

photo de Cglaume
le 09/03/2016

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