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Les interviews Clutch - Interview du 17/06/2011

Clutch - Interview du 17/06/2011 | COREandCO

Membre(s) interviewé(s) :
Neil Fallon (chant, guitare)

Les interviews Clutch
Clutch

Hellfest 2011. Notre première interview du week-end se fait avec Neil Fallon, leader charismatique (et très sympathique) de Clutch.

Vous avez joué au Hellfest il y a deux ans et vous revoilà....
Oui, on nous a redemandé de jouer cette année. On n'a pas trop joué en France jusqu'à maintenant, c'est un peu compliqué pour nous. Il y a beaucoup de gens ici et que nous rejouions cette année montre que nous devrions probablement plus jouer en Fance. C'est cool !
 

Avez-vous d'autres dates en France ?

Notre première date de la tournée à été d'ouvrir pour System Of a Down à Paris (le 8 juin 2011). On est en train d'organiser une tournée pour  novembre, on espère jouer en France, Espagne et Italie vu que nous n'y avons pas trop joué.


Comment cela se passe-t-il dans votre quartier ? Est-ce que les gens vous reconnaissent dans la rue ?
Non, les gens ne me reconnaissent pas vraiment... Peut-être un peu lorsque Clutch joue.
J'aime jouer du rock mais je n'ai vraiment pas envie qu'on me reconnaisse dans la rue, cela ne m’intéresse pas d'être connu. Je ne vois pas ce qu'il y a d'attrayant là-dedans. C'est très bien d'être anonyme, et une fois qu'on ne l'est plus, on ne peut pas le redevenir.
La réponse la plus courte à ta question est donc non !


Vous jouez au Hellfest, festival très orienté metal / hardcore, ce qui fait de vous un groupe atypique dans la programmation...
On a tourné avec toutes sortes de groupes : Slayer, Marilyn Manson, Sepultura, Iron Maiden, Pantera...On joue où on nous demande de jouer. Je ne suis pas sûr qu'il y ait un festival qui colle vraiment à Clutch. Les personnes qui écoutent du métal sont plutôt puristes à dire « ah, ce n'est pas du métal alors on n'écoutera pas ». C'est aussi pour cela qu'on est là. Mais certains curieux viennent écouter en se demandant quel est ce groupe.
Les festivals permettent de bénéficier d'une certaine exposition. Il y a deux ans on ne savait pas trop à quoi s'attendre vu que nous n'avions pas encore joué en France. Et tout s'est super bien passé !


A propos de la chanson 10001110101, à quoi ce titre fait-il référence ?
J'aimerais pouvoir te dire qu'il y a toute une théorie compliquée derrière ce titre mais le fait est que nous étions en train de jouer, j'ai écrit ces chiffres sur un bout de papier et c'est resté comme titre...
En fait ça a un rapport avec le rythme qui va et qui vient.
Depuis, j'ai rencontré des gens à fond dans la signification de codes binaires qui essayaient de les déchiffrer et qui me disaient « Est-ce que c'est ça ? Est-ce que c'est ce que tu as essayé de dire ? ».
Mais non, c'est juste le hasard !


Vous avez eu un problème avec votre ancien label...
Ils ne nous ont pas payés, tout simplement. Il y a dix ans, les labels aimaient faire des contrats 50%/50% mais en fait ça a plutôt été 100%/0. On leur a donc fait un procès. Le juge a déclaré qu'ils devaient nous payer, mais le label n' a pas pu car ils n'avaient pas d'argent. On a quand même vendu 3 albums à travers eux. Au début ils nous ont donné un peu d'argent mais comme ils ne pouvaient pas suivre ils nous ont donné les masters de nos albums. C'est pourquoi on les a ressortis récemment, notamment le Blast Tyrant avec un CD bonus en acoustique.

Oui, cette réédition est d'ailleurs très bonne ! Et ce CD acoustique très sympa aussi.
En fait, nous n'avions pas trop de B-sides alors on a enregistré quelques morceaux. Nous allions faire un EP acoustique et cette histoire est arrivée. On s'est donc dit qu'on allait les mettre sur ces albums, nous les avons juste retravaillées. Je pense qu'on va le refaire, c'est plutôt marrant.
Jouer acoustique est en fait plus compliqué, c'est une autre approche, on entend la moindre erreur !
Alors que la distorsion peut cacher les petits pains (rires) !!!

Toujours à propos de cette réédition de Blast Tyrant, le packaging est très soigné !
Nick Lakiotes crée la plupart de notre artwork. C'est un designer. L'artwork de la première version de l'album avait été fait par le petit frère de notre tour manager. On fait tout en famille.
Les premiers packagings étaient de mauvaise qualité, ils tombaient en miette. Vu que nous sortions nous-mêmes ce disque, nous avons voulu faire un plus bel objet et le vendre moins cher aux fans. Je pense qu'ils vont plus l'apprécier.

 

 

Parle nous un peu de ta spiritualité, comment la vis-tu dans la musique ?
J'ai été élevé dans une famille catholique-romane très conservatrice. Je n'aimais pas ça, je n'aimais pas aller à l’Église.
Mais être en tournée, c'est une éducation de la vie, on rencontre tellement de gens...Je ne sais pas si on peut parler de spiritualité mais cela permet de prendre en compte et faire attention à ton prochain.
Étant musicien, nous faisons partie d'une tradition très ancienne. Ces festivals, vidéos, albums, fanzines... tout ça est très récent. Pour moi un concert est un peu comme une messe. C'est une expérience transcendantale où le public vit la même expérience. Un album sur CD sonnera toujours pareil alors qu'un concert n'arrive qu'une fois. Bon, il peut arriver qu'un concert soit nul.
Mais c'est toujours une expérience spéciale.


Et vous avez tourné une vidéo dans une église...
C'était plutôt marrant, lorsqu'on tournait je pouvais voir le prêtre dans un coin qui se demandait ce qu'il se passait et pourquoi il avait accepté ! Mais il était plutôt cool avec ça.

 

Est-ce que tu as pris des leçons de chant ? A l’Église peut-être ?
Non, jamais. Pendant des années je n'y ai jamais pensé. Il y a peut-être 5 ou 6 ans j'ai commencé à travailler ma voix mais je n'ai jamais pris de cours. Je pense que j'ai pas mal appris tout seul.  
J'aurais aimé car je suppose que je me serais amélioré plus rapidement. J'ai appris en chantant sur des chansons, comme ceux qui apprennent la guitare en jouant Led Zeppelin.


 Est-ce que vous travaillez à côté de Clutch ?
Non, on ne fait que ça. Et pour moi c'est le succès, je n'ai pas besoin d'une superbe maison ou voiture. De savoir que quand je me lève le matin je n'ai qu'à jouer ou écrire du rock n roll est une chance.
Je me sens chanceux.


Et le fameux "sex, drug and rock'n roll" ?
Non, on est tous pères de famille. Je suis plutôt caféine et café. J'en bois pas mal, et sûrement trop.
Je pense que nous sommes un groupe depuis 20 ans car nous n'avons jamais mélangé les drogues à l'histoire. Il y a tellement d'amis morts, de groupes qui auraient pu être géniaux...
C'est génial de jouer du rock n'roll mais c'est aussi notre travail donc on doit le faire sérieusement.
Si tu ne te contrôles pas dans cet environnement, c'est fini pour toi.
On te propose de la drogue tout le temps, il faut savoir dire non. Si c'est ce que tu cherches, tu trouves...Je suppose que si un mec du groupe avait commencé à se droguer, les 3 autres l'auraient vraiment engueulé.


Comment vivez-vous de votre musique ?
On en vit... Je rentre chez moi et je n'ai pas à me faire de soucis à propos de mes autres jobs car je n'en ai pas. Nos maisons ne sont pas magnifiques mais on a des maisons.
Comme vous pouvez le voir, on ne meurt pas de faim...
C'est de plus en plus difficile de gagner sa vie avec ce genre de musique, c'est sûr que c'est plus simple avec de la pop de merde mais cela ne m’intéresse pas...


Maintenant vous avez tout de même une "petite" renommée, et votre propre label.
Oui mais on a mis du temps à en arriver là.
On ne nous entend pas à la radio. On a gagné des fans en jouant des premières parties, parce qu'ils ont entendu une chanson sur un jeu vidéo ou ont vu une de nos vidéos.
Si tu arrives au point où tu peux vendre ta musique toi-même, il serait stupide de ne pas en profiter.
Internet est très utile pour ça, c'est un peu notre "label".
Tout le monde ne va pas aimer Clutch mais grâce à Internet, on peut trouver ceux qui nous apprécieront. On veut juste sortir notre musique, on ne veut pas signer d'autres groupes en espérant qu'ils deviendront gros, c'est juste une manière pour nous de vendre notre musique de manière efficace.
On va quand même ressortir l'album de l'ancien groupe de hardcore de New York de notre manager. Il y a un an j'aurais dit non, non, non. Mais maintenant qu'on a bien réfléchi, on peut faire les choses bien. Tant que le groupe comprend bien ce qu'il se passe , ça va, car je sais ce que c'est que d'être de l'autre côté de la table. Et je n'ai pas envie d'être dans la position du méchant monsieur du label.


Qu'écoutes-tu ? Il y-a-t-il des groupes qui t'ont marqué récemment ?
Pas mal de vieux blues, jazz, country, hip hop...Pas mal de choses qui ne sont pas du métal.
Un album que j’ai pas mal écouté est celui de Bob Seger mais je pense qu'il est plutôt connu aux Etats-Unis.
Son premier album sorti en 1968, Bob Seger System, est génial.
Généralement j'écoute un album en boucle. Pour l'instant je ne pense qu'à ça pourtant il y en a beaucoup.

 

 

 

Et pour finir, quoi de neuf chez Clutch ? Avez-vous de nouvelles chansons en préparation ?

On a 4 ou 5 chansons, mais juste la musique, pas les paroles !

On a toujours le même processus d'écriture depuis le lycée. On joue, on garde les bons riffs, on jette les mauvais.
Et c'est moi qui ralentit le processus car je suis très lent pour écrire des paroles.... Tandis que les autres peuvent écrire des chansons à la chaîne !!!

Un grand merci à Laure pour la retranscription !!!

photo de Carcinos
le 30/11/2011

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