Ministry - Filth Pig

Ministry - "Filth Pig"
chronique Ministry - Filth Pig

 

Pour comprendre la démarche empruntée par cette chronique, référez-vous au chapitre 1.

 

De cet album, on retient cette pochette, une des plus réussies et surtout reconnaissables  pour le groupe. On retient le bon mot du père Al, à la sortie… « Indus, je ne sais pas ce que c’est, … du rock avec des machines… ceux qui disent cela ne connaissent rien,  mec, il y’a bien plus de machines dans les derniers albums de ZZ Top ! ». On retient surtout que cet album est sans doute le plus détesté de la carrière du groupe et ce dès sa sortie.

 

L’enregistrement même de cette plaque est sujet à controverses.  Edité en 1996, l’album aurait été enregistré en 1994, relifté en 1995 à quelques mois d’une première sortie officielle… « The Fall » est un titre de 1989. Filth Pig  voit le jour au Texas en 1994 où Jourgensen défoncé comme jamais emmerde tout le monde à commencer par son fidèle lieutenant Barker.  Le patron remixe maladroitement les Red hot et reprend aussi maladroitement Neil Young ou le Grateful Dead entre deux prises. Pour le remix de « Give it away », il annonce fièrement « j’ai laissé courir des poulets sur la table de mixage et là où ils se soulageaient, je montais les curseurs… ».  Le Texas, cette chaleur, la solitude (il vient de se faire plaquer), cette lourdeur… un beau programme pour un album !

 

La pochette est inspirée par les républicains américains, le titre provient d’une phrase lancée à propos de Jourgensen par un membre du parti conservateur anglais, Teddy Taylor (proche de Margareth Thatcher), lorsque le combo défendait Psalm 69 sur les routes d’Europe.

 

Que reproche-t-on à cet album ? Trop de guitares ? Du banjo et de l’harmonica ? du –vrai- chant… ah ben oui, après le psaume, la messe était dite…  Et puis, c’est quoi cette pseudo-tentative de pop énervée (et éraillée)  sur « Brick Windows » en clôture d’album.  Tiens, c’est peut-être ce titre qui a jeté l’opprobre sur l’album… Cette espace de guitar-hero song comme si Jimmy Page s’était acoquiné avec Paul Mc Cartney, le tout explosé par Martin Rev de Suicide.  En plus, ça semble long comme un dimanche, lorsque l’on scrute par la fenêtre et qu’il pleut.

 

Filth Pig verse à nouveau dans le malsain. Les samples et bidouillages ont laissés la place à des parties de guitares chauffées à blanc, mélodieuses aussi. La basse atteint une profondeur rare alors que la batterie joue sur des tempos lents. C’est lent (la plupart du temps), c’est profondément lourd et désespéré. Les philosophes jactent sur la touche « personnelle » de cet album, comme si Jourgensen entrait en psychanalyse.  Sur « Game show », Jourgensen revient sur son divorce – Our live was just a joke - ; - I don’t even know what life is – sur “Crumbs”…sur “The Fall”, il se réjouit de la chute de ses semblables… au fil des écoutes, un homme debout qui se déteste et un rouleau compresseur qui nous passe dessus, le contraste est saisissant… ça pue le trip de l’autosuffisance à plein nez et on en redemande.

 

En parlant de trip, réécouter cet album, 16 ans après sa sortie pousse l’auditeur à cesser, science tenante, toutes activités… pour se laisser pénétrer par cette transe insidieuse. Le fait que cela soit si lourd, orageux, malsain a tôt fait d’aplanir toute volonté de révolte… encore un album à subir avec plaisir.

 

Trois titres emportent tout sur leur passage, le titre éponyme, le colossal « Lava » et le subtil et lancinant « The Fall »… on aura fait rarement aussi désespéré… et l’auditeur avide de s’y complaire encore et encore.

Sur 10 titres, seuls le premier et le dernier n’apportent rien à la prise de pouvoir… ils sont anecdotiques. « Crumbs » montre la voie pour ce qu’on appellera, bien plus tard, le Néo-Metal.  « Useless » est fameux.  "Filth Pig" où quand Jourgensen se meut en prince noir du Doom. Rappelez-vous, cet album a été réalisé dans le désert du Texas ! L’enchaînement qui suit jusqu’au majestueux « The Fall » n’a rien a envié aux canons du genre.

 

Oui, sur cet album, il y’a une reprise de Dylan, bien plus bandante que l’originale. 

photo de Eric D-Toorop
le 02/09/2012

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/09/2012 à 09:43:37

Pas compris cet album à sa sortie comme beaucoup je crois.
Va falloir m'y remettre !!

Sam

Sam le 02/09/2012 à 09:53:22

moi je l'avais écouté en boucle à sa sortie, parce qu'il fallait bien patienter sur le suivant. Et pourtant, avec le temps, c'est celui que j'écoute le moins... mais je vais me le ré-enfiler juste pour voir si j'avais raison :)

Sam

Sam le 02/09/2012 à 09:57:43

...ce que je fais là, et ceci dit Reload n'est pas si anecdotique que ça, si on le considère comme intro d'album...

Jull

Jull le 04/09/2012 à 16:44:58

mon album prefere de Ministry. "Gameshow" est enorme!

FWF

FWF le 03/07/2013 à 15:22:22

Cet album est dantesque. Une facette plus "organique" de Ministry par rapport à Psalm ou Mind, mais nom d'un chien, THE FALL ou LAVA sont des hymnes.

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