Ministry - With Sympathy

Chronique CD album (37:00)

chronique Ministry - With Sympathy

Pour bien comprendre la démarche empruntée par cette chronique, voyez par ici.

 

Pour bien vous imprégner de ce disque, oubliez tout ce que vous connaissez (musicalement parlant) de Ministry… je vous laisse quelques secondes… voilà, c’est mieux ainsi, votre disque dur agité de « Burning Inside » est vierge… on peut y aller.

Alain David Jourgensen a 25 ans lorsqu’il publie son premier album sous le nom de Ministry.  On ne compte plus le nombre de crachats que ce disque a dû essuyer depuis sa publication. Ce que, voyez-vous, les vrais fans du groupe ne peuvent pas encaisser cet ensemble disco-synthpop qui n’aurait pas dépareillé la discographie de Depeche Mode, si les morceaux étaient bien chantés ! En Europe, l’objet tant décrié sort sous le nom de Work for love avec quelques aménagements dans les titres et un remix inutile en bonus.

 

En 1981, AL Jourgensen joue encore dans  Special Affect, groupe dans lequel on retrouve Harry Rushakoff – Concrete Blonde- à la batterie et Frankie Nardiello aka futur Groovy Man chez My Life with the Thrill Kill Kult ; il y joue de la guitare et du synthé. 1981 marque la fin de l’aventure démarrée en 1978 parce que Jourgensen a envie d’aller voir ailleurs, il a besoin de maîtrise, il veut créer et produire ses propres morceaux. Dès le départ, Ministry est bien la « chose » du cubano-norvégien à l’instar d’un Trent Reznor qui se réfugie dans Nine Inch Nails.  Ce point de détail est essentiel pour bien comprendre la démarche et l’évolution du personnage au travers de ses albums. Ceux qui ont toujours vus le combo comme la résultante d’un duo avec Paul Barker  (pendant l’âge d’or) passe à côté de l’essentiel pour comprendre l’évolution.  Le son « new-wave » qui revient sur des plaques plus récentes comme Animositisomina fait partie aussi de cet édifice bâti depuis presque trente ans.

 

À l’aube des années 80, les sons industriels explosent de toutes parts avec des groupes comme Throbbing Gristle, Einstürzende Neubauten ou Fad Gadget, soit principalement en Europe. De même que les beats dansants avec Absolute Body Control ou Front 242 en Belgique. La mutinerie de l’Indus prend bien sa source en Europe et Jourgensen qui en découvre à peine les prémices signe un contrat avec le label Arista. Il signe par compromis et adoucit proprement son propos. With Sympathy n’aura pas la pertinence d’un The Land of Rape and Honey, 7 ans plus tard. Le projet est bien programmé pour entrer sur les mêmes plates-bandes que Tora Tora Tora par exemple.  Cerise sur le gâteau, Al chante avec un faux accent anglais qui accentue le ridicule de la démarche. Work for love/With Sympathy servira pourtant de bande-son d’ouverture pour les concerts de Police.

 

Alors faut-il jeter cet album aux oubliettes ?
Si l’on se réfère au contenu, les curieux trouveront leur compte avec un sourire aux coins des lèvres, surpris par la rigueur et la production  des plus lisses. Rod Stewart fait du punk rageur à côté de ce disque.  Des compilations ont bien tentés de mettre « Effigy (I’m not an) » comme single à sauver, mais c’est léger. With Sympathy trahie une belle maîtrise mélodique et une inspiration du moment (les chœurs assurés par Patty, la future femme de Al) ainsi qu’un vrai savoir-faire au niveau de la production. Sur scène, Al s’accompagne de Robert Roberts et Jon Davis aux synthés, de Stephen George (futur producteur pour Billy Ocean, R Kelly ou encore le « You are not alone » de Michaël Jackson) à la batterie. George aura un rôle d’assistant de luxe dans les premières années de Ministry.

Pas sûr que Depeche Mode se soient un jour intéressés à cet album.

photo de Eric D-Toorop
le 30/09/2012

2 COMMENTAIRES

Jull

Jull le 30/09/2012 à 15:01:02

Belle chronique! Malheureusement je ne connais pas cet album, je ne pourrais donc pas en parler... Mais putain les pochettes du debut des annees 80 etaient moches!!!!

FWF

FWF le 03/07/2013 à 15:09:51

Ca collait avec le style haha ! Mais bon, quand tu vois les deux dernières pochettes que le groupe a sorti...
Sinon, With Sympathy, finalement, c'est un album sympa si on aime la "synth pop". Par contre, il est franchement meilleur que Relapse à tout niveau, même si le style est complétement différent.

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