Waltari - Release Date

Chronique CD album (1:10:50)

chronique Waltari - Release Date

On est des fous, on est des gros gue-dins! Mais ouais. Déjà parce que s’attaquer à la discographie des finlandais de Waltari sans filet ni aucune autorisation officielle de sa maman, de son médecin de famille ou du Responsable du Service « Psychiatrie lourde » de l’Hôpital St Anne, c’est prendre de gros risques. ‘z’avez qu’à voir mon collègue El Gep qui s’est coltiné tout le palmarès des Melvins (groupe guère moins nocif pour les neurones): aujourd’hui il n’est plus qu’une loque bredouillant des Areuh-areuh au milieu des ch’tites fleurs et des p'tits nenfants… Paix à son âme, bruit à ses oreilles et sédatifs à ses nuits!

 

« On est des fous on est des gros gue-dins » disais-je à l'instant, dans l'espoir de vous accrocher l’œil en début de chro. Parce que nous continuons cette fois encore à parcourir la discographie de la bande à Kärtsy avec aussi peu de cohérence chronologique qu'un Père Noël en tongs à La Grande Motte. Quoique je dise ça pour faire le-gros-malade-t’as-vu, mais en fait, lors du dernier épisode (… flashback, fondu enchaîné, voix off…), on s’était attaché à vous chanter les louanges de Blood Sample. Et en bon 10e album du groupe qu’il est, Release Date lui cavale derrière avec seulement 2 années de retard. Du coup, pour le record du monde de dynamitage d’axe des temps chroniquatoires, tu repasseras pépère!

 

« Bon alors, oh: tu nous parles de l’album bonhomme, ou tu rédiges un papier pour l'Almanach Vermot? »

 

Ça vient, ça vient... Pour son 21e anniversaire, Waltari s’est donc offert un album au nom bien débile (« Release Date » = date de sortie. Pourquoi pas « Tracklist » ou « Covert Art » aussi pendant qu’on y est!) mais au contenu une fois encore aussi excellent que typiquement atypique. Parfaitement. Parce que les Finlandais sont – et maintenant il faut se rendre à l’évidence: « resteront éternellement » – les papes de l’iconoclasme métallique. Sur les 13 titres dont on cause ici, le groupe continue de fusionner gros Metal avec tout un gloubi-boulga de musiques autres pour un résultat pétillant et plus qu’occasionnellement dansant. Si l’on devait se contenter de ne souligner qu'une coloration plus particulièrement caractéristique de l'atmosphère de ce disque, on mettrait en avant sa dimension Electro-Indus, laquelle booste une bonne part des 13 morceaux en question. L’introductif « Get Stamped » est d’ailleurs le meilleur exemple qui soit de la tuerie danceflooresque dont peut occasionnellement accoucher le mélange de grosses guitares, de machines qui Bidipibent et PoumTchakent, et de bonne humeur rageuse. Mais cela n’empêche pas « Hype » de s’inscrire plus nettement dans le Punk Rock mécanique et insouciant, ou « THD » de faire dans le dandy Punk Rock speedé. Ni les finnoiseries de se ménager une petite place au milieu des saveurs EBM du bonus « Spokebone » – auquel ont d'ailleurs participé Värtinnä, ainsi que des membres d’Amorphis (ce dernier featuring ne transpirant pas vraiment à l’écoute du morceau).

 

Tiens et puisqu’on évoque les gardiens des 1000 lacs, profitons-en pour entamer ici le chapitre où sont abordées toutes ces menues choses qui grippent un peu dans les rouages, et expliquent in fine pourquoi l’album n’atteint pas les mêmes sommets que nombre de ses congénères sur le podium de la discographie Waltarienne. "Profitons-en", oui, car « Big Sleep », morceau accrocheur s’il en est – c’est vrai –, n’est pas qu’accrocheur: il est aussi un poil trop sucré à mon goût, caractéristique qu’un synthé légèrement Amorphissien contribue à expliquer (hop: ça c'était pour la transition évoquée en début de paragraphe). Mais le gros de ce qui coince sur cet album ne réside pas là. Non. C’est plutôt le gros mammouth « Cityshamaani » qu’il faut blâmer. Car ce mastodonte de 36 minutes découpé en 5 morceaux n’est pas qu’un beau challenge plein de jolis recoins (miam « Night Flight », arf le « To be freeeeeeeeeeee, in jail » trognon de « Sympathy ») et de trouvailles osées (mmmh l’Electro limite Transe de « The Incarnation Party »). C’est malheureusement aussi de groooooosses longueurs parfois salement pesantes… Puisque j'vous l'dis!

 

Par contre, c'est vrai, ça thrashe méchamment du riff sur un « Let’s Puke Together » carrément bonnard. De son côté, « Sex in The Biergarten » nous met plein de mousse dans le caleçon au cours d’une brûlante séance de Hardcore Thrash à grosses balloches (… dirons-nous, pour simplifier). Et puis l’on finit l’aventure sur un nouveau hit à la rythmique hautement stratégique, à l’abrasivité minutieusement étudiée et à la mélodie férocement insidieuse: « Wish I Could Heal »  celui-ci montant la garde de la tracklist avec l'aplomb et l'efficacité du couple de chiens de faïence qu'il forme avec son homologue « Get Stamped ». Du coup il est impensable de reléguer Release Date au rang d’« album mineur », ou de 2nde division. Et ça commence à bien faire ('façon de parler...), parce que la pile des galettes waltariennes indispensables finit par peser sacrément lourd dans le cabas de la ménagère nawakophile… En même temps ça fait de l’exercice, hein! Allez ma p’tite Dame, je vous en remets 500g?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: un poil plus Metal Electro/Indus que certains de ses congénère, Release Date continue de combiner gros refrains, mélodies qui font mouche et impérieuses injonctions à aller suer sous la boule à facettes. Ce 10e album de Waltari n’est peut-être pas dans la liste des 5 albums majeurs du groupe – notamment du fait de quelques longueurs –, mais cela ne l’empêche pour autant pas d’être quasi-indispensable. ‘sont fort ces Finnois, crénom!

photo de Cglaume
le 03/06/2016

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