Waltari - Global Rock

Chronique CD album (57:08)

chronique Waltari - Global Rock

Waltari aurait-t-il décidé de mettre le paquet pour séduire le marché nippon? Mystère Abdul de gomme… C’est vrai que les visuels successifs de You Are Waltari et Global Rock pourraient éventuellement le laisser penser. Mais que ceux qui dégainent la kalach’ quand ils entendent le mot « kawaii » ne se renfrognent pas trop vite: la mangaïfication des 2 dernières pochettes en date n’a aucune conséquence sur la musique des Finlandais. Pas de rire de collégienne farouche à courte jupette ni de coït avec des poulpes à la mode hentaï sur les 13 pistes du 14e album du groupe. Par contre on y retrouve cette inaltérable volonté de métisser les genres sous l’égide de refrains Pop à l’accroche insolente – approche nawako-anarcho-fusionesque à laquelle ces merveilleux dingos restent fidèles depuis trente-quatre ans déjà.

 

Au menu de Global Rock, donc, du Global, effectivement, vu l’absence de frontière au sein du terrain de jeu dans lequel s’ébat le groupe. Et du Rock, en effet, voire même du Metal, les 4 guitaristes à l’œuvre balançant du gras sur 1/2 - 2/3 des morceaux, la chose prenant le plus souvent la forme de bon vieux Thrash (à la Nevermore, à la Metallica, à la est grand), ou alors de Cyber Metal "dansant" (Sybreed, Pain, Fear Factory). A l’opposé, les loustics ne s’interdisent jamais l’usage du canon à barbe-à-papa pour tartiner leurs rondelettes compos de grosses couches de sucre rose bonbon. Cela peut faire peur dit comme ça – on comprendra d’ailleurs que Herr Necro-Crucifikator soit pris de haut-le-cœur – pourtant dans le style ces équilibristes chevronnés réussissent à pondre de véritables pépites qui vont faire se lever les briquets dans l’assistance. Sur « Sick’n’Tired » par exemple, d’où sourd un je ne sais quoi de rétro circa fin 80s / début 90s, et dont le refrain fait couler de grosses larmichettes en regardant le ciel. Sur le merveilleusement velouté « Skyline » – dont le « Ignite the sky like a supernova » va s’inscrire profondément en vous. Ou encore sur le tout mignon, tout Radio Rock « Had It all », qui aurait tout à fait pu faire partie du répertoire de Gwen Stefani.

 

Mais il est presque déplacé de mettre l’accent sur tel ou tel aspect de la musique de Waltari tant celle-ci peut prendre de visages différents, tout en contrastes juteux. Ainsi sur « No Sacrifice » Thrash rugueux, coreries véhémentes, Rap sur fond de larges orchestrations mais aussi Sympho Death/Black blasté virevoltent, se mêlent et s’entrecroisent avec enthousiasme, laissant l’auditeur nostalgique sur quelques lointaines réminiscences du célèbre Yeah! Yeah! Die! Die!. « Going Up The Montain » est la fraîcheur et l’enthousiasme incarnés sur 3 minutes dix: un vieux cowboy baroudeur y prend la route, filmé par la caméra d’un cinéaste américain indépendant, et accompagné par les Who-oh-oooh de chœurs ado semblant sortis du « Tubthumping » de Chumbawamba. « Orleans » annihile tout début de protestation à l’aide de saccades de cyber-bûcheron, avant d’enfiler son chapeau Folk pour aérer l’atmosphère, de la jouer plus Blues/Rock, puis de s’adonner à des Spoken Words rappés sur fond de piano. Le tout sans oublier de ménager de la place pour quelques solos et leads classieux.

 

Le tour d’horizon ne serait pas complet si l’on omettait de mentionner l’exceptionnel « Boots » qui revisite dans un contexte Eurodance Metal qu’on-s’y-croirait le classique « These Boots Are Made For Walkin’ » de Nancy Sinatra (…mais sans doute connaissez-vous mieux la version de Megadeth ?). Même chose pour le conclusif « Beloved », titre à la fois fort et doux, qui – bien que les corbeaux de l’assistance grimaceront face à un titre aussi crémeux – appuie sur le sternum avec l’intensité nécessaire pour en faire un tomber de rideau idéal.

 

« Nothing’s impossible » nous dit Kärtsy sur « Boots ». Et en effet, les trublions du Metal prouvent une fois de plus qu’en terme de musique tout est permis, et qu’on peut être toujours aussi pertinents et séduisants après 3 décennies et demi. Global Rock remplit donc à 100% son contrat de foutteur de joyeux boxon sans frontière, en réussissant à faire quasiment aussi bien que son exceptionnel prédécesseur. Allez, c’est décidé: je me teins la tignasse en rouge vif!

 

PS: vous m’excuserez de ne pas m’attarder sur les multiples featurings offerts par cet album. Les invités étant essentiellement issus de la scène finlandaise – et il n’est pas ici question de Demilich ou d’Impaled Nazarene – cela m’évite de multiplier les trémas, les N et les K, et d’ajouter des lignes et des lignes de noms ici inconnus…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Metal qui tranche, refrains ensoleillés, Rap joyeux, mélanges improbables, cabrioles facétieuses et mélodies entêtantes: Waltari fait une fois encore du Waltari. C’est foisonnant, enthousiaste, Nawak, accrocheur et plein de vitamines. On a envie d’en prendre un grand bol tous les matins au petit-dej' et d’en imposer l’écoute dans l’open space pour secouer amicalement les bretelles des collègues. Si vous avez aimé You Are Waltari (et ses prédécesseurs), vous n’avez aucune raison de ne pas signer à nouveau!

photo de Cglaume
le 16/03/2020

1 COMMENTAIRE

8oris

8oris le 18/03/2020 à 12:32:20

"à la est grand", tu m'as tué...
En tout cas, ça a l'air d'être un bordel, du coup ça donne envie...De quoi s'aérer la tête en plein confinement!

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