Gohelle Fest Warmup (Benighted + Hypno5e + Leng Tch'e) le 17/12/2016, Métaphone, Oignies (62)

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C'en est trop. Tu ne l'entends pas ce vocabulaire constamment guerrier ? 
On le retrouve dans la triste actualité dont on nous rabâche les malheureux événements en continu, dans la violence des commentaires sur les réseaux sociaux, des politiques, des journalistes. 
Même lorsque tu veux te détendre, que tu t'intéresses au sport, 90% des expressions sont empruntées au domaine martial.

 

Samedi 17 décembre, j'avais donc le besoin vital d'être d'humeur choupinou. Besoin de respirer, de voir les choses du bon côté.
J'avais envie de "vivre dans le monde des Bisounours", pour reprendre la fameuse expression des nouveaux cons. Mais la chose n'était pas aisée : ce soir-là, il y avait le "Gohelle Fest-Warm Up" au Métaphone de Oignies sur mes terres de chômeurs pédophiles consanguins. Une soirée marquée par une programmation qui n'hésite pas à faire dans l'agressivité, le belliqueux, le bourrin, le méchant, le sanguinaire, le violent. 

Qu'importe, je verrai la vie en rose, en mielleux, du côté positif, coûte que coûte. (Mais si j'exagère, je te le ferai savoir)

 

Déjà, il y a un premier bon point : retrouver le Gohelle Fest, événement qui a bien failli grignoter les pissenlits par la racine et qui s'offre une résurrection...
J'ai passé une journée magnifique, sans impatience, puisque je profitais de la meilleure journée de travail de toute ma carrière ce samedi là.(1)

 

17h.
J'ai pu rangé mon sac à dos, prendre la route aux côtés d'automobilistes soucieux de la sécurité de tous, calmes, à la conduite raisonnée, responsable* avec comme bande-son un disque des tendres Meshuggah.

17h35.
Je me gare. Il y a bien longtemps que je ne me suis pas offert un concert. Derrière moi se gare une voiture transportant 4 personnes. A peine sorti on m'adresse la parole. Comme je suis de bonne humeur, je réponds. Etant un personnage sympathique aux yeux de mon interlocuteur, ce dernier me propose de partager sa bière et de tirer sur sa cigarette du bonheur. Je me vois forcé de refuser, bien que j'adore la démarche.(2) 

17h59 : 
Après avoir fait la queue dans un ordre germain(3) pour retirer ma place, je rentre dans la salle. 
Le mec au micro lance : "Merci pour l'accueil, ce sera notre dernière !". Ok, j'ai raté Death Control. Je vais me chercher une bière. Un peu plate. 
Ok.
Ne pas sombrer. "Tu es tendresse aujourd'hui, ne retiens que le bon" me dis-je.
Je me raisonnais : "Les mecs à l'accueil et au bar étaient vachement agréables et puis t'as déjà vu Death Control 2-3 fois, c'est un bon groupe, mais rien de grave. Allez patiente, en plus c'est Leng Tch'e qui arrive."

 

Pour moi, la soirée commence avec Leng Tch'e.
Positif ou pas, faire un compte-rendu "rose-bonbon" devient alors assez délicat. Entre les grands moments de poésie sur le sexe turgescent du chanteur qui regrette de ne pas être plus bourré et la sauvagerie de la performance, il faut être sous ecstasy pour causer du concert des belges avec le champ lexical de la douceur. 

Des mecs qui se connaissent par coeur, avec un public qui les connait tout aussi bien, ça donne près de 45 minutes de grind'n'roll à faire juter de la bière. 
Si c'est la déconne entre les morceaux, sur scène ça ne rigole pas...mais ça n'empêche pas ce bon vieux Serge (ouais, après un concert en simple spectateur on devient copain de ces musiciens) de faire tourner son micro à tous les fans collés à la scène. Là encore, j'émets de sérieux doutes sur le sens hygiénique de la démarche, mais tout le monde y prend plaisir et se défend même pas si mal parfois (mon voisin qui avait du coffre et un camarade rédacteur de Metal Cunt en tête).
Tout ceci est bien mignon, mais si je ne m'efforçais pas de limiter mon vocabulaire, je parlerais de "carnage". Le groupe y tape une blinde de morceaux que l'on a eu le temps d'apprendre depuis 10 ans...et quelques autres de l'album à venir qui devraient permettre d'échanger encore des câlins et les mots doux sur scène.


La seconde bière est encore trop fraîche et bien trop plate, mais Svart Crown s'échauffe.
J'avais déjà beaucoup aimé leur passage à The Saint Go Hell Festival en 2013 (oui, on aime les jeux de mots dans le 6-2), et bien...j'ai vu le même concert qu'à l'époque, les réflexions "evil" en moins. Du coup c'était encore mieux.
Gros son, grosse setlist et grosse séance de gymnastique.
Des soleils pour nous faire admirer des cheveux pleins de vitalité et détendre les cervicales, des génuflexions du chanteur, plutôt grand, qui règle toujours son micro au niveau de la teub, quelques petits sauts : le groupe tient à notre santé en nous faisant manger-bouger. 
C'est pro, parfois même un peu trop dans la scénographie trop calculée, mais ça pète bien.
Ils seront néanmoins victimes de l'ordre de passage : beaucoup sont partis mangés...ou ne sont pas encore arrivés...

 

Petite parenthèse qui a son importance dans la qualité de la soirée : entre le son de qualité et les lights, on se régale et ce sera le cas jusqu'au dernier groupe. C'est d'ailleurs une excellente habitude de la salle (en plus de sa ponctualité).

 

Voilà quelques années que je n'avais plus écouté Carcariass qui succède aux deatheux. Les franc-comtois sont dans la même positive attitude / démarche de politesse avec son prochain que moi...mais l'expriment à leur manière. 

Voici l'accueil avec une voix brutale, bien grasse du chanteur bassiste : 
-Est-ce que ça va ? 
Nous, comme des cons beuglons : "Ouaaiiiisss" en levant nos verres, perdant par la même occasion la moitié de leur contenu.
-TANT MIEUX.

Et BIM, le groupe envoie avec le même toucher depuis plus de 20 ans. Au début on rigole des facéties du chanteur, mais une fois que le trio commence à chatouiller son instrument...bah ça calme. 
Carcariass, c'est le métal dans tout ce qu'il a de plus mélodique, de technique, de fin, de bien foutu. Les mots peuvent être rares avec des instruments et un touché aussi particulier du guitariste et du bassiste dont les postures sont uniques.
C'est comme voir une licorne faisant caca des arc-en-ciel : ces mecs sont rares et fabuleux dans leur genre(4)...qu'il faut aimer bien sûr. La technique, les soli, le son de la basse, le quasi-mutisme des compos peuvent rebuter. Sauf que les Carcariass ont beau avoir 25 ans de carrière, ils avaient un petit quelque chose de particulièrement..."rafraîchissant" et énergisant.

 

Les déodorants commencent à s'estomper, le houblon s'installe dans les haleines et les oreilles commencent à siffler : il est l'heure d'Hypno5e.


4ème live, 4ème claque, 4ème slip qui colle. Contrairement au concert de Février , les panneaux qui permettent de profiter de la vidéo sont tous bien installés et rendent vraiment l'expérience scénique complète.
C'est beau, impressionnant, l'interprétation est parfaite : le groupe est ce qui se fait de plus minutieux, profond, passionnant, riche depuis des années en France. 
Parler de ce live est complexe. Si j'avais eu un Nobel de Littérature, peut-être aurais-je su transmettre le 1/10ème de ce qu'on peut ressentir face à ce panaché des deux albums du groupe, mais mes mots seront ici bien vains et ne peuvent laisser passer toute l'énergie et la puissance du groupe.
De toute façon, les limites de mes propos ne seraient pas atteintes quant à leur sincérité, mais plutôt pour leur pertinence : Hypno5e ça se voit pour se vivre.

 

Les fûts continuent de se vider, les vessies aussi et Benighted entre sur scène.
Et là, user d'un vocabulaire pacifique est impossible.


Benighted, c'est la boucherie. 
C'est un énorme couteau à viande qui retire délicatement chaque nerf d'un morceau de barbac et te le fait manger tout cru en te le collant bien profond dans la tronche. 
Le groupe a beau jouer dans un genre bourrin, tout tombe juste, la partition est jouée avec une perfection clinique, et même si la musique est un énorme broyeur : il y a une chaleur qui se dégage entre le public et le groupe.
Ce moment, je ne vais le vivre que pendant 40 minutes. Tel Cendrillon qui doit partir avant minuit, ma Hyundai I20 allait reprendre une forme de citrouille et Benighted avait réveillé le sombre personnage un poil misanthrope et légèrement chonchon qui dormait en mois depuis 17h. Mais, voir les stéphanois met en relief un paradoxe : ils jouent avec la patate de puceaux en pleine adolescence et la maîtrise de leurs 20 ans de carrière.

 

Pour conclure, je souhaiterais donc citer un certain Pascal. Haaa non, pas le philosophe. 
Il s'agit d'un retraité, plutôt sympathique, qui, bien qu'il commence certaines phrases foireuses par "J'suis pas raciste mais", en sort parfois des bonnes.
Il me disait donc en 2009 : "C'est pas parce qu'on ne reste pas pour le digestif que le repas ne fut pas bon".
Malgré ses 7 canons de rouge dans la gueule et 3 tâches de gras sur son tee-shirt blanc, il m'offrait une image parfaite pour la soirée que je venais de passer au Métaphone...avec l'espoir de la revivre l'année prochaine.


PS : Comme d'habitude, les photos sont sans retouche (on fait avec les moyens du bord)


(1)C'est du mytho.
(2)Non, non, non et non c'est complètement dégueulasse. J'ai passé l'âge de ces conneries.
(3)C'était le bordel, les français sont des latins.
(4)Je suis d'un enthousiasme débordant, mais cela n'empêche pas le jugement d'être sincère.

photo de Tookie
le 22/12/2016

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