Initiation of the Misled (Cephalic Carnage + Psycroptic + Ion Dissonance + Hour of Penance + Dyscarnate) le 19/09/2010, Le Ferailleur, Nantes (44)

Cephalic Carnage + Psycroptic + Ion Dissonance + Hour of Penance + Dyscarnate (report)
Rendez-vous à Nantes pour une soirée de brutasses en ce dimanche avec la grosse grosse affiche réunissant Cephalic Carnage, Psycroptic et tout le tourim en tournée dans toute l’europe. Me déplaçant avec surtout l’envie de voir les très bons et trop rares québécois d’Ion Dissonance, j’ai tout de même hâte de découvrir les nouveaux morceaux du rejeton de Relapse (après une prestation sympa mais sans plus avec les Hate Eternal dans la même salle il y a 2ans) et de me faire un meilleur avis sur ceux du dernier Psycroptic. Quant à Dyscarnate, inconnus au bataillon, et les ritals d’Hour Of Penance qui défouraillent bien sur album, il y a de quoi prendre sa dose de blast ce soir.

Tout commence avec le trio Anglais Dyscarnate qui ne vient pas faire dans la dentelle avec son brutal death aux relents Dying Fetus (pour les passages les plus hardcore) un poil de Suffocation (pour les mids) avec une bonne touche et un son tout à fait correct. On sent cependant que le groupe se positionne clairement dans la vague de death européen (je pense à Disavowed par exemple) plutot que dans un rouleau compresseur purement américain (qu’on retrouve pas mal en ce moment sous l’appellation slamming guttural). Et c’est un parti pris intéressant pour eux, car on sent la volonté d’envoyer le rondin tout en fouillant pas mal au niveau riffing, sans se contenter d’envoyer un beat-down avec un tapis de double et du gravity-blast avec un son de caisse claire type casserole. Très bonne surprise qui a fait son effet et qui était tout à fait a propos pour ce début de soirée.

Contrairement à Dyscarnate, les italiens d’Hour Of Penance n’ont pas eu la chance d’avoir un bon son, et leur brutal death typiquement italien (Natron, Vomit The Soul, etc...) qui pourtant fait très mal sur album n’a été qu’une grosse purée assez inaudible et pénible sur scène. On se rappelle la déception Hate Eternal… Si leur nouvel album Paradogma voit un côté Behemoth ressurgir au niveau riffing et surtout (!) avec une batterie de fou super en avant, en live on n’en voit pas la couleur et on subit une avalanche de notes et de blast (et de double…) dont on ne sent ni l’ambiance, ni là où ils veulent en venir. Et ce n’est pas leur petit chanteur au charisme insuffisant qui fera pencher la balance en leur faveur. Dommage car si leur premier album The Vile Conception était très réussi, cette prestation et leur nouvelle galette me donne moins envie d’y revenir, malheureusement.

Trêve de cheveux longs, de tee-shirt dégueu, et de head-banging à tout va, place à nos cousins d’outre Atlantique Ion Dissonance, rescapés de la scène Death à casquettes qui sévit là bas (Despised Icon, Beneath The Massacre, etc...). Fan depuis la première heure de leur son, savant mélange de Meshuggah, aux polyrythmiques d’enculés, et de The Dillinger Escape Plan avec du riff dissonant et chaotique comme il faut (pour faire simple) le groupe à fait des émules (The Tony Danza Tapdance Extravaganza pour ne citer qu’eux) et maitrise plus que jamais son sujet. La hargne de Solace est revenu, le côté catchy de Minus The Heard a laissé des traces, et la folie de Breathing Is Irrelevant nous crâme la tête comme un retour de flamme. Pour faire bref, ce nouvel album Cursed est très réussi et fait mal crâne, toujours froid, brutal et technique, la sauce prend autant sur galette que sur scène (malgré un son un peu trop caca pour la précision requise de la musique complexe du combo). Super attitude, l’accent et la bonhommie québécoise fait toujours son effet auprès du public français, et surtout cette ambiance… Lourde, pesante, glaciale avec ses coups de marteaux de piqueurs a décrocher la nuque (The Surge, Kneel, The More Things Change The More They Stay The Same, The Girl Next Door Is Always Screaming, You People Are Messed Up, She's Strychnine entre autres) la setlist efficace et complètement folle (haha c’est difficile de suivre le rythme hein, ça change du 2-step !) a laissé tout le monde sur le cul et ébahit par autant de maitrise de technicité. D’ailleurs on peut compter sur nos doigts le nombre d’auditeurs ayant bité la musique du combo. En tout cas nous, on a prit notre pied, et on aurait bien pu être encore plus fou si le son avait été plus propre et j’irai même jusqu'à clinique, pour coller parfaitement à la musique de malade des québécois. Un grand bravo, on regrettera juste un seul* morceau seulement de l’énorme Solace en guise de final, histoire d’enfoncer le clou.

Place aux Tanzaniens de Psycroptic, qui sont venus, dixit le chanteur d’Ion Dissonance « nous péter la gueule » avec leur death/thrash technique et inspiré. Père de plusieurs albums déjà, c’est Symbols Of Failure qui a fait décoller le groupe, et depuis, il a le vent en poupe avec la sortie l’an passé de Ob(servant) qui à l’air d’avoir un certain succès. Si j’avais trouvé les nouveaux morceaux trop mélodiques à mon goût, malgré LA touche du groupe dans le riffing, la bonne palette vocale et un bon agencements des structures, ils passent super bien le cap scénique. Avec un super son (le meilleur de la soirée), un parterre plein a craquer (le public semble s’être déplacé surtout pour le combo austral) et une setlist carrée, efficace (pas assez de titres de Symbols Of Failure pourtant) les musiciens ont démontré (avec le sourire en prime) qu’ils maitrisaient parfaitement leur sujet. Bonne exécution, bonnes intentions, on ne peut rien trouver à redire à la prestation du groupe, malgré le côté très metal (qui ressort plus sur scène que sur album d’ailleurs) que j’aurai pu trouvé de trop. Pas mal du tout ! Il va falloir passer après tout ça, Cephalic Carnage a du pain sur la planche.

Et ils ne vont pas nous décevoir les américains, avec un nouveau guitariste, un nouvel album et l’envie de bien faire. Energie, puissance, grosse purée, morceaux bourrins comme c’est pas permis, bonne ambiance et bon esprit, voila comment on peut résumer ce concert. Les nouveaux titres tirés de Misled By Certainty passent comme une équipe de foot dans une vierge, ça avoine plus qu’il n’en faut et nos oreilles se font diaboliquement violer. Une setlist piochant dans tous les albums du groupe, de Anomalies avec le tube « Dying will be the death of me », à Lucid Interval (le morceau éponyme) en passant par Xenosapiens avec l’autre tube « Endless circle of violence », et surtout dans le petit nouveau, avec entre-autres « Raped by an orb» « Abraxas of filth » et l’excellent grindesque « P.G.A.D. » à l’image de la soirée. Rapide, brutal dans une urgence et une cacophonie communicative, qui laisse des traces dans le caleçon et un petit filet de bave au coin de la bouche. Les nouveaux titres passent largement le cap scénique, et donnent un petit côté death bien senti à l’ensemble, au cas ou la folie furieuse et chaotique de tous les autres titres ne vous suffisent pas. Le tout, avec une maitrise, une technique qui fait pleurer, plus les conneries du bassiste énergique au possible. Ca donne la banane et on en redemande, avec le désormais classique « Black Metal Sabbath » en rappel, avec les masques, la chorégraphie, et le chanteur de Psycroptic en slip qui fait de la guitare sur un manche à balai avec un gant en main géante… Du grand n’importe quoi oui, mais du bon n’importe quoi qui blast, qui fait mal à mamie et qui fait pleurer les emos. Cephalic Carnage, vainqueur par chaos.
photo de Viking Jazz
le 30/09/2010

3 COMMENTAIRES

kurton

kurton le 30/09/2010 à 16:48:14

sympa ton report.
Hate de voir Iondissonance sur mes terres...

kronos59

kronos59 le 01/10/2010 à 21:25:45

Ha on a pas eu "Black metal Sabbath" à Comines :'(

ukhan kizmiaz

ukhan kizmiaz le 08/10/2010 à 22:31:18

l'équipe de Foot, c'est du foot américain dont tu parles ;-)

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