Compilation - Combat Nasal vol.5

Compilation - "Combat Nasal vol.5"
chronique Compilation - Combat Nasal vol.5

Après un volume 4 exclusivement consacré au meilleur du cocorico metal non signé, la Combat Nasal team réouvre sa tribune aux forces vives du metal international dont la voix peine à percer l'épaisse couche de blast du Concert des Nations. Et autant vous prévenir tout de suite: si vous attendiez de ce 5e chapitre qu’il trahisse les premiers signes de faiblesse de la paire Stan Strobl / Oliver Mazak, vous allez en être pour vos frais (pour autant que cette expression ait un sens au vu de la gratuité du produit). Les 2 compères nous prouvent en effet une nouvelle fois qu'ils comptent parmi ce qui se fait de mieux en matière de DRH métallique underground. Des preuves? Un simple fait: avec ce 5e opus, les sagouins ont encore réussi à ouvrir une brèche dans le blindage de mon portefeuille afin de participer à l'irrigation des comptes de certains des artistes ici présentés…

 

Mais revenons à nos moutons, ainsi qu’à un petit rappel: si l’éclectisme porté en étendard par les instigateurs de cette quête de la distorsion belle mais confidentielle n’est pas un vœu pieux, on aura quand même remarqué que de grandes tendances stylistiques s’esquissent au fur et à mesure que les rondelles numériques (petit rappel: pas de support physique pour cette compil) s’empilent. En effet, les groupes mis à l’honneur sur le ring nasal sont en général des satellites gravitant sur des orbites plus ou moins lointaines des planètes post-stoner prog', extreme smart metal, modern-testostérone-core et metal avant-déglingardiste. Ou d’un mélange de tout ça... 'fin en gros. Si.

Et comme à chaque fois, au gré des humeurs de l’un et des trouvailles de l’autre, les proportions de tous ces ingrédients varient. Cette fois on constate un recul certain des composantes –core et black, et une nette baisse de la représentation du casse-tête metal Klonosphere-friendly. A l’inverse, le post-prog poignant (Et viva el P.P.P.!), le death qui postillonne et le metal hybride osé se partagent la part du lion.

Et le chroniqueur de se pourlécher les babines…

 

Mais jouons les pompiers sadiques en jetant dès à présent de grosses louchées de porridge froid sur l’enthousiasme brûlant de ce début de chronique. Pourquoi? Parce que le proverbial bourre-pif de début de compil' nasale a pour une fois raté sa cible (... pour autant que j’en fasse partie). C'est que, bien que Deepshow propose un intéressant dirty stoner’n’roll vieilli en fût de Jack D. dans le garage de Phil Anselmo (si je maîtrisais le sujet, j’oserais un rapprochement avec Down) et que Rosvo se démène à tortillonner ses coreries jusqu’à plus soif, tout ça ne tartine pas aussi frontalement qu’on a pu en prendre l'habitude. Coïtus Mal Demarrus quoi…

Heureusement, le Youpimètre monte d’un gros cran sur le « You Know They'll Come » de W.I.L.D. (ex-Wild Karnivor) dont le death aéré, thrashy et groovy convainc sans mal. S’ensuivent 4 morceaux carrément magiques, proposés par Aenea – dans un registre tech-metalcore progressif excellent –,  Cartel Carnage – qui propose un modern free-jazz metal entre Pryapisme, Anthurus d’Archer et Aspirateur de Langue, faisant contraster légèreté cuivrée et rythmique moelleusement menaçante, façon evil panthère rose –, Fake Idyll – GROS craquage de slip mélangeant death martial à la The Monolith Deathcult, orchestrations enflammées, fighting fucking hardcore et glaçage nawak – et Caligula’s Horse – qui n’avait rien pour me plaire sur la papier, mais dont l’émo modern metal progressif à lead bavarde m’a conquis. Ces 4 titres à eux seuls justifient le téléchargement de la compil’. Et on n'a pas encore atteint la moitié de la bête...

 

... Car en effet, il nous reste encore 12 titres à évoquer! Taillons donc dans le gras pour ne nous attarder que sur Ze Best of Ze Very Top. Passons rapidement sur l’excellent grindcore varié et furieux de Bent Sea, puisque vous avez déjà pu lire la chronique de leur EP en ces pages. Même chose avec le fabuleux world metal progressif mais couillu de BaK, qui redonnerait le goût de vivre à un SDF eunuque et sans-papier (et qui a d'ailleurs fini en 2e position de mon TOP 2011). On braquera plus longuement les spotlights sur Oscillatör, qui nous balance une énorme baffe de death à la fois brutal et technique, mais aussi relativement mélodique et ambiancé, entre Nile, Cephalectomy et Kronos (on va dire…): léché à l’extrême, varié et passionnant! Enfin le dernier coup de projo sera pour cette grandiose fin de compil’ illuminée par les prestations de Druckfarben – et son morceau quasi-instrumental, « Smaller Wooden Frog », à la fois psyché, jazzy, expérimental et profondément zarb, entre Estradasphere, Chrome Hoof et Pryapisme – et Unsa Gbar – fort d’un titre lui aussi instrumental (mais peuplé de samples), sombre, menaçant, moderne, légèrement indus et superbement ambiancé…

 

Bordel les enfants, quel voyage, quel panard! Merci pour ces nouvelles découvertes messieurs les Nez Pieckelés! Et vivement le volume 6!

 

 

 

La chronique, version courte: déjà le 5e rejeton de la famille Combat Nasal, et la compilation garde toujours la cap initial: excellence et confidentialité. Malgré un début à mon sens plus faible que sur d’autres chapitres, on n’est pas loin de tenir ici le meilleur épisode de la saga!

photo de Cglaume
le 15/03/2012

2 COMMENTAIRES

Arno

Arno le 15/03/2012 à 10:26:15

Grand merci Monsieur Glaume !
La compilation ainsi que les 4 précédentes sont disponibles en téléchargement gratuit sur www.combatnasal.com

cglaume

cglaume le 15/03/2012 à 10:40:24

Diantre, se pourrait-il que j'ai oublié de rappeler le lieu où tout cela est disponible ... Merci du rappel !

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