Compilation - Combat Nasal vol.9

Compilation - "Combat Nasal vol.9"
chronique Compilation - Combat Nasal vol.9

Nouvel épisode en ligne et toujours en téléchargement gratuit pour les activistes de Combat Nasal. Ce volume numéro 9 arrive, et c'est une première, plus de 6 mois après son aîné. C'est que nous nous étions habitués à la fréquence des parutions en mode descente de manche façon Greg Howe.

En gros, tous les trimestres depuis l'initial volet 1 de décembre 2010. Presque 3 ans donc, pour cette brillante initiative de balayer large le spectre Metal pour ceux qui n'ont pas de grosses machines de prod derrière eux et ceux qui s'agitent pour exister, à la seule force de leur musique.
À noter que si vous avez loupé des numéros, ils sont toujours dispos sur l'excellent site des protagonistes. Un site bien complet, convivial, et riche. Et contrairement aux séries télévisées, ce qui a de bien ici, c'est qu'il n'y a pas d'ordre pour les épisodes et même, on peut en louper 1 sans que cela nous empêche de suivre... M'enfin vu que c'est gratos et toujours dispo, ce serait con de passer à côté !

 

D'emblée, le programme de cette cuvée est attirant. Au premier balayage visuel vertical, on note les noms de Osaka Punch!, Malemort, Caligula, les gentlemen de Talanas, Ultra Zook,Toumaï, Dirty Shirt, déjà croisés dans ces pages. Et ce ne serait-y pas les Motörhead-look-like de Mobütu qui sont là ? Tiens, il y a Hardcore Anal Hydrogen aussi ! Mais... mais... Ben voilà, il a réussi son coup: notre Lapin jaune préféré est dans la place... Mixeur Cglaume himself ! (Proficiaat, comme on dit chez moi). Pour ce nouvel acte de résistance au bien formatés, Arno Strobl et son pote Mazak s'entourent des oreilles expertes de Nico – kaotoxin.com – et de notre très estimé collègue.

 

Sidious, qui ouvre les hostilités et trône justement dans l'écurie Kaotoxin avec un nouvel album Ascension to the throne Ov Self, propose un death metal de très bonne facture avec l'efficace « Sentient race". Dirty Shirt rallume la lumière avec le groovy « Freak show », pas très éloigné de 6:33 sur ce titre. Les déjà vétérans franciliens de Unscarred enchaînent avec une belle banane leur « Fake Democracy », thrash un jour, thrash toujours. Mobütu est bien occupé avec son « outlaw rockers » qui parle pour lui. Ah, ça donne des gazouillis dans le ventre ce genre de titre et puis tu peux agiter la tête d'avant en arrière derrière ton écran d'ordi en étant heureux de te sentir ridicule. Déboule Ultra Zook, un cas d'école pour le genre Nawak cher à qui-vous-savez, et il n'y a pas de mesure véritable, on adhère au truc ou pas du tout. Le morceau fonctionne vraiment avec l'apport du saxo qui nous délivre un bon moment en pleine liberté. On retrouve Talanas très à leur affaire dans leur lyrisme noir progressif, un groupe qui mêle différentes influences avec une identité marquée.
 

Le second tiers de la compilation s'ouvre avec The Creature, un nouveau groupe parisien qui a grandi avec Garbage et The Creepshow. Crowhill Tales, groupe hongrois bien que le chanteur soit français, retient l'attention par la virulence du propos, une intro inquiétante, une folie toute noire maîtrisée, la voix malade de Gérome Grandpère s'inscrit durablement dans le cortex... à suivre. F Stands for Fuck You est parfait pour la déflagration hardcore de circonstance. Malemort, ah Malemort... Un nom qui circule pas mal pour un groupe qui perpétue la tradition d'un hard-rock à la française, Trust ou Anarchic System pour les plus anciens. Changement de registre avec l'énigmatique L'Apoka en pleine déclinaison hip-hop, texte cinglant, instru maousse: « à tes putains d'yeux » est une pure réussite dans une veine proche de ce que proposer le lyonnais de 90 (Noventa).
On retrouve ensuite le Mindless self Indulgence frenchy, Hardcore Anal Hydrogen au mieux de sa forme. Osaka Punch! jazzone une intro du meilleur effet où ils parlent de champagne et de cocaïne dans les 48 premières secondes. Ce « Eat Red Carpet » convoque Mike Patton et Mickaël Jackson à redéfinir la face cachée du groove, et on imagine ce qu'un Norman Whitfield ou un Quincy Jones auraient pu faire de ce groupe. Ultra efficace !

 

Les duettistes canadiens de With burning contempt croisent leurs riffs pour le tiers terminal de cette compilation. L'énergie développée par Former Life masque mal les influences, mais dans le genre « Life Blade » est efficace. En parlant d'influences, les belges de Caligula ne sont pas en reste: les liègeois développent un metal progressif dans la lignée de Dream Theater, l'envie de bousiller l'entreprise est bien présente, mais ils n'y parviennent pas réellement sur ce sage « Puzzle in the Haze. N'empêche, on sent bien le potentiel latent.
Simon Devaux apporte la touche guitar-hero à l'ensemble. Attention, le bonhomme est doué, à l'instar d'un Guillaume Pingard. Bon c'est frais grâce aux percus, à l'ambiance générale du morceau, une touche d'exotisme... En parlant d'exotisme, il se trouve en grand format dans l'excellent « Little Psycho » des Toumaï, qui apportent un souffle neuf sur le phénomène fusion... Paye-ton-groove ! Yugal fait preuve d'une rudesse conséquente dans leur mélange thrash-metalcore très solide... Là aussi, tu te dis que c'est un groupe à suivre.
Le terminus de l'heure et demi de ce nouvel opus est dévolu à Mura Hachigu, et là on remercie bien bas les réalisateurs de nous fournir une fenêtre sur ce personnage aussi énigmatique que son album My left arm est intense. On navigue, il n'y a pas d'autres mots, dans les méandres sonores d'une âme en plongée. « The Last free » en déconcertera plus d'un, c'est souvent le cas pour les musiques ciblées. Ici le tourbillon ambient-drone est ultra efficace dans son rôle de musique pour l'angoisse.

 

Les 89 minutes s'achèvent sur des clapotis et un piano funèbre, dans un souffle. Rétrospectivement, tu te rends compte, cher auditeur, de la richesse des musiques actuelles bruyantes. Le tournis s'empare de toi au moment de trouver ton chemin au milieu de tous ces riffs. Oui, ces compilations sont pédagogiques en plus de mettre en avant les nouveautés du moment.
 

 

Chronique version courte : Le combat continue pour ce nouvel épisode où les protagonistes ont pris leur temps – et bien leur en a pris. Ça fuse dans tous les sens et les sous-genres, même si le groove se taille la part belle, rapport (peut-être) au fait que notre lapin jaune favori est sorti du bois pour confronter ses idées à celles des gourous duettistes et de Nico de Kaotoxin.

Le cocktail qui mêle les belles découvertes du moment aux valeurs plus confirmées, marche toujours... Et y'a même du hip-hop dedans !

photo de Eric D-Toorop
le 30/08/2013

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 30/08/2013 à 09:55:13

Vachement mieux que ce que j'aurai pu faire, ta chro

cglaume

cglaume le 30/08/2013 à 10:34:43

En 2013, le punk est modeste... :)))

J'en profite: merci pour la chro Ericounet !

Simon

Simon le 30/08/2013 à 14:09:10

Merci pour cette belle chronique !

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 30/08/2013 à 14:51:51

Avec plaisir...

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 31/08/2013 à 12:59:15

Mura Hachigu, ça fait plaisir

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