Toehider - How Did Counterquistle Lose His Pyjamas?

Chronique Maxi-cd / EP (10:52)

chronique Toehider - How Did Counterquistle Lose His Pyjamas?

LE PROJET « 12IN12 » – OU LE MARATHON PROG / METAL / ROCK SELON TOEHIDER.

Episode 5, septembre 2009: How Did Counterquistle Lose His Pyjamas?

 

Explication du pourquoi du comment: se reporter à la chronique de Not Much Of A Man.

 

J’en connais qui ont dû tirer la tronche à l’époque… Qui donc? Eh bien ceux qui ont suivi mois après mois les péripéties Toehideresques. Déjà que septembre est généralement synonyme de rentrée – finis les strings, le surf et le sable dans la raie – et que la grise mine est de mise... Eh bien comme si ça ne suffisait pas, bam!, coitus interruptus brutalus: après l'excellent Toehider Too! qui aura illuminé nombre de séances de bronzette estivales, les australiens remplissent notre cartable d'automne avec un How Did Counterquistle Lose His Pyjamas? pour le moins… Incongru. Oui oui, "incongru", c’est le mot (et non: ce n’est pas le masculin de « une conne de grue »). Et courte, en plus, la bête.

 

C’est que ce nouvel EP est un exercice de style impliquant des performances particulièrement peu soucieuses des attentes d'un public plutôt friand de gros décibels. Que je vous raconte… How Did Counterquistle Lose His Pyjamas?, c’est un conte malicieux (et sans aucun doute scabreux vu ce que le urban dictionary nous apprend de la signification de « quistle »!) raconté à l’ancienne. Autrement dit, une fois appuyé sur le bouton Play, on se retrouve exposé à une narration enflammée entrecoupée d’interludes orchestraux. Vous n’avez jamais eu le droit à ça quand vous étiez minots? Même pas un petit coup de Pierre et le Loup? Parce que là c’est tout pareil. Et le résultat est quand même sacrément éloigné de ce que l’on attend quand on se cale du Toehider dans la platine…

 

Sur « This is Going to Get Worse Before it Gets Better », le doute peut encore planer, car on est habitué à ces mises en bouche instrumentales de la part de nos zigotos. Ce qui fait qu’on accueille avec bienveillance cet exercice orchestral qui plante avantageusement une ambiance « weird fairy tales » à la Tim Burton à coups de trilles pizzicato et de hautbois (?) sournois. Puis débarque « If You May Kiss A Quistle » où un mélange de Mr Loyal, de savant fou et du fidèle Igor – le servile laquais bossu, pas le projet baroque-core – nous conte le début de son histoire avec des excès et des intonations que nous autres – métalleux francophones pas forcément habitués à la chose –, connaissons surtout pour les avoir entendus sortir de la bouche de Devin Townsend lors de certaines de ses fanfaronnades à la Ziltoïd.

 

Bon, pourquoi pas... Mais ça manque de musique tout ça, et plus encore de punch!

 

Suit « Here’s A Picture » lors duquel l’orchestre à l’œuvre se lance dans une sorte de B.O. cartoonesque, nerveuse et bondissante, où brille notamment un piano sprinteur et infatigable. Par contre, toujours pas la moindre trace d’un début d’hymne fédérateur, d’un refrain ravageur ou d’une claque métallisée. Et ce n’est pas le retour au blabla sur « Quistle Encounters a Cowbox » qui va faire renaître un sourire de plus en plus en berne. Le duel que se livrent ensuite piano et violon sur « Another Illustration » est assez haletant, ok ok, d’autant que le morceau finit sur une petite poussée de piano rock pas vilaine. Au final cette lutte semble bien avoir été remportée par le piano, puisque celui-ci continue sa route en mode perso’ sur « There And Back », pièce assez classique (dans tous les sens du terme) mais néanmoins enlevée, au cours de laquelle l’instrument volubile semble vouloir nous prouver que Toehider a vraiment la tchatche, et que pour cela nul besoin de parler ni de chanter. Sauf que dans la foulée, « The Top Half Did Frown » annonce le retour à la narration, et que tout cela se termine finalement sur un dernier intermède musical pas franchement exceptionnel… M'enfin bon, à ce stade de l’écoute de How Did Counterquistle Lose His Pyjamas?, on a depuis longtemps abandonné tout espoir de vibrer au son de nouveaux tubes.

 

L’optique de sortir régulièrement des albums en suivant systématiquement des figures imposées comporte des avantages (la stimulation de la créativité) et des inconvénients (produire des œuvres incongrues – au mieux – ou indigestes – au pire). Sur le 5e EP du projet « 12In12 », c’est plutôt l’aspect négatif qui prédomine. Pas que le résultat soit loupé, bâclé ou inintéressant. Mais bon, si l'on se livre à un examen objectif de la situation, on est forcé de constater que pour une fois, Toehider échoue à nous secouer la moelle épinière à coups de giclettes endorpiniennes. Allez, faisons le bilan des courses… Une mauvaise note serait injuste: l’exercice est brillamment exécuté. Mais une bonne note serait trompeuse: bah oui, c'est que le fan est déçu... D’où la pirouette facile: pas de note.

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte:  les 12 EPs du marathon « 12in12 » respectent tous (ou presque) une thématique qui leur est propre. Pour How Did Counterquistle Lose His Pyjamas?, celle-ci pourrait se résumer en« Il était une fois… ». Toehider propose en effet sa version à lui de Pierre et le Loup, ce qui est intéressant, certes, mais au final peu excitant. Pyjama ça m'sieurs-dames, si vô plait...

photo de Cglaume
le 04/04/2013

2 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/04/2013 à 22:32:01

Prokofiev a bon dos !!

cglaume

cglaume le 04/04/2013 à 23:18:03

Ouaip, on est à l'aise à chevaucher sur le dos de Sergueï ! :))

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