Toehider - Never Mind the Hallux

Chronique Maxi-cd / EP (11:01)

chronique Toehider - Never Mind the Hallux

LE PROJET « 12IN12 » – OU LE MARATHON PROG / METAL / ROCK SELON TOEHIDER.

Episode 11, mars 2010: Never Mind The Hallux

 

Explication du pourquoi du comment: se reporter à la chronique de Not Much Of A Man.

 

J’avoue: avec pour seuls indices le titre (pourtant évident après coup!) et la pochette de l’EP de mars, je n’avais pas tilté. Je ferais un flipper du tonnerre vous me direz… Mais un piètre détective. Et puis finalement – quand même! –, en constatant la virulence sauvage de certains titres, et en remarquant l’étonnante brièveté de morceaux restant parfois sous la barre des 2 minutes, tout est enfin devenu beaucoup plus clair. Ce visuel à l’arrache, ce clin d’œil au Never Mind The Bollocks des Sex Pistols (« Hallux » étant ici chargé de faire le lien avec la thématique Toehideresque)… Bon sang mais c’est bien sûr: on tient ici le manifeste anarcho-punk de la bande à Mike Mills!

 

N’empêche, on ne peut pas dire que l’intro « I’Ve Never Had Sex Before, What’s It Like? » fasse de son mieux pour nous mettre la puce à l’oreille. Sa touche old school country minimaliste nous donne plutôt envie de commander un whisky au saloon du coin. M’enfin c’est vrai qu’à partir de 0:36, tout ça prend un virage plus punk rock, sans parler de la furieuse séance de martelage de fûts qui s’ensuit. Mais arrivé au terme de cette petite mise en bouche, on a plus l’impression d’avoir assisté à un interlude décalé extrait d’un film de Tarantino que d’avoir franchi les grilles d’un squat où fleurissent crêtes et épingles à nourrice. Et la suite ne joue pas plus cartes sur table, « Heard It Before » sonnant comme un titre de Iron Maiden (disons… « Aces High ») interprété par un vieux groupe de hard’n’blues qui essaierait de convaincre les responsables artistiques de chez Epitaph. Mais OK, avec un peu de recul, on se dit que les australiens ont peut-être tenté de sonner comme ces groupes qui, jadis, punkaient joyeusement sans pour autant mépriser leur héritage rock – genre The Clash.

 

Puis arrive « I’d Like You More » et là, forcément, tout devient beaucoup plus clair. Coups de rasoir guitaristiques, impatience chronique, chant hypersonique d’un pseudo Tom Araya ayant perdu 15 ans (au moins), simplicité agressive du propos, break hardcore: on vérifie aussi sec que notre player n’est pas passé en mode random, injectant un extrait du Undisputed Attitude de Slayer dans notre playlist Toehider. Mais non, ce sont bien les australiens qui montrent aussi sauvagement les crocs! Ouawh! Puis on continue avec le visage plus rock, plus ado’, plus californien de la scène – même si mon collègue Crom-Cruach réfutera avec véhémence une quelconque affiliation de ce courant au mouvement punk… Quoi qu'il en soit, cette configuration stylistique correspond à une composante essentielle de l’univers musical de nos australiens. D’où « Secure Your Load », morceau classique et juteux de punk’n’sun rock qui va comme un gant au répertoire des cacheurs d'orteils.

 

« Comment Mike Mills va-t-il se débrouiller pour pondre l'habituelle conclusion sucrée sur un EP aussi teigneux? » se demande-t-on alors que la visite du Museum of NoFuture approche de son terme. Facile: entorse à la règle, ni Dieu ni Maître, il ne respectera pas le schéma classique. Eh, on est des anarcho-nihilistes oui ou zut? « Purple Ped-Head » se révèle donc être un pur morceau de punk révolté, sans sucre teenager ajouté, sans finesse ni sans la grosse artillerie de l’arsenal metal. Un vrai petit coup de boule qui fait du bien là où ça tabasse. Merci Mike Rotten!

 

Avec 5 titres pour seulement 11 petites minutes, Never Mind The Hallux propose donc un bon petit panorama des musiques punk (dans la limite de ce que Toehider peut raisonnablement jouer – n’attendez ni grind, ni crust!). Les australiens relèvent une fois de plus avec succès ce nouveau défi thématique, accouchant de vrais bons titres tout en respectant la figure de style imposée. Là c'est sûr; le souvenir mitigé de 9 est définitivement loin derrière nous!

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: les 12 EPs du marathon « 12in12 » respectent tous (ou presque) une thématique qui leur est propre. Sur Never Mind The Hallux, Toehider nous propose un cocktail iroquois allant des Clash au punk metal, des skaters californiens aux Sex Pistols. Pas de quoi rassasier les plus brutaux des crêtus, mais une bonne occasion de mesurer à nouveau l’excellence songwritinguesque de nos caméléons du metal/rock.

photo de Cglaume
le 25/10/2013

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 25/10/2013 à 10:15:29

Je ne réfute jamais, j'affute toujours. :-)

cglaume

cglaume le 25/10/2013 à 11:24:08

Tu quoi ? Joues de la flûte ?

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 25/10/2013 à 15:35:57

Du pipeau

cglaume

cglaume le 25/10/2013 à 21:39:49

De la pipe à eau ? Ca ne m'étonne pas de toi, 'spèce de drogué !! :)

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