Garmonbozia 20 ans (Enslaved + Carcass + Amenra + Vader + The Great Old Ones + Stoned Jesus + Misanthrope) le 26/10/2018, L'Etage , RENNES (35)

Enslaved + Carcass + Amenra + Vader + The Great Old Ones + Stoned Jesus + Misanthrope (report)

Fêter ses vingt printemps, ça peut être synonyme de petite sauterie dans une salle des fêtes en compagnie de la famille et des amis. Deux choses cools séparément, vachement moins quand les deux se réunissent pour un truc festif tant on reste toujours dans la beaufrie bien relou où on bouffe, on diffuse quelques photos dossier « mais pas trop craignos, faudrait pas choquer la famille non plus », on fout des playlists spotify à la con dignes des plus mauvais bals de mariage en attendant impatiemment que les vieux aillent se coucher afin que la beuverie puisse enfin commencer. Bref, le truc bien chiant qui s'applique d'ailleurs à tout passage d'âge important (dix-huit, vingt, trente, quarante, etc). Par chance, quand c'est une association d'organisation de concert, le tableau semble tout de suite beaucoup plus aguicheur. Parce que Garmonbozia a mis, pour souffler ses vingt bougies, les petits plats dans les grands en se réservant l’Étage à Rennes, petite – pas si petite en réalité – salle surplombant le Liberté, pourvu de bon nombre d'arguments en terme de confort (architecture, taille, matos, acoustique...). Et en faisant venir une jolie petite smala d'animateurs tels Enslaved, Carcass, Vader, Entombed A.D., Amenra, Misanthrope... et on en passe. Bref, du beau monde sur deux jours pour fêter ça dignement dans la joie et la passion. Avec tout plein de bons moments, qu'ils soient dans l'extase, la curiosité ou encore même dans la dérision la plus totale.

 

 

Journée du vendredi

 

Pour d'évidentes raisons logistiques, d'autant plus que le trajet a été vraiment chaotique en terme de trafic et de météo, j'arrive au lieu des festivités alors que les locaux d'Hexecutor, deuxième groupe de la journée après Somali Yacht Club, jouent leurs dernières mesures. Sachant que j'avais déjà fait le coup – indépendamment de ma volonté – un mois auparavant à Nantes dans le cadre du concert de Voivod, je vais finir par croire qu'il y a comme un petit quelque chose de maudit sur le fait de les revoir sur les planches depuis le Hellfest. Tant pis, une autre fois peut-être. En tout cas, cette arrivée en quasi-changement de plateau me permet d'aller m'abreuver de houblon pétillant et zyeutage des diverses affiches des concerts organisés par Garmonbozia au travers des années placardées aux murs en toute quiétude.

 

Pour mieux se prendre d'entrée de jeu le stoner/doom de Stoned Jesus dans les dents. Le hasard faisant que j'avais bouclé ma chronique de leur petit dernier, Pilgrims, la veille, autant dire que j'ai encore la tête bien dedans. Ce qui explique peut-être pourquoi Stoned Jesus m'a d'autant plus convaincue ici par rapport à leur prestation déjà bien sympathique au Motocultor en août dernier. Ou peut-être que les Ukrainiens sont plus à l'aise en configuration salle plutôt qu'un contexte en plein air. Et que les titres ne rendent pas forcément pareils dans un contexte clos également. Bref, allez savoir. En tout cas, pour cette date sur Rennes, tout est réuni pour épousseter le souvenir estival : un trio semblant plus remuant et à l'aise, un son impeccable, un meilleur relief des atmosphères dans leurs morceaux choisis qui ne sont pourtant pas si différents que leur show au Motocultor (on en retrouve pas mal en commun à peut-être une exception près, juste que la setlist n'est pas tout à fait dans le même ordre). Il y a peut-être comme un petit gain de confiance sur le fait que Pilgrims est maintenant officiellement sorti alors que ce n'était pas encore le cas au mois d'août qui pourrait expliquer également la situation. En tout cas, Stoned Jesus a subjugué, que ce soit par les nouveaux morceaux que les anciens et se sont montrés aussi charismatiques en jeu qu'adorables dans la communication. Bref, excellente entrée en matière qui montre d'autant plus que les Ukrainiens sont des figures à suivre absolument en matière de stoner/doom alliant personnalité et efficacité.

 

En terme de disposition d'affiche, il faut reconnaître que l'on ne pouvait certainement pas faire de meilleure transition entre Stoned Jesus et Vader que les vieux briscards d'Entombed A.D. A comprendre, conserver l'aspect graisseux tout en s'enfonçant dans le vénère du death. J'avoue ne pas trop avoir suivi les histoires de divorce des Suédois, lequel du Entombed tout court ou du Entombed A.D. est le vrai, le mieux, le plus représenté en terme de rescapés d'origine ou que sais-je encore. Et je ne veux pas trop le savoir tant on a dû avoir affaire au mieux tant le show s'est révélé trippant. L'effet première fois peut-être d'un groupe que j'adorais écouter quand j'étais une jeune pousse dans le metal et ce, même si cela fait bien longtemps que j'ai lâché niveau de ce qui peut se faire en terme discographique – avec ou sans A.D. – depuis Same Difference (1999) au bas mot. En tout cas, les Suédois se sont faits plaisir et nous ont fait plaisir par le même temps. Au point de faire éclater les premiers et timides pogos et son premier slammeur (le seul pour ainsi dire du festival d'ailleurs). Le groupe envoie, tant dans le matériel neuf que je ne connais pas et qui rend super bien sur les planches que dans les vieilleries qu'on se reprend en pleine face avec un plaisir nostalgique énorme. Qu'elles soient dans la veine la plus death'n roll (« Wolverine's Blues ») que death tout court (« Left Hand Path » bon sang de bonsoir !!!). Le tout avec un son aux petits oignons : caverneux, gras, cracra tout en se permettant d'être audible bien comme il faut. Du Entombed pur jus en somme. Du coup, je rejoins le constat qu'a posé notre cher Cromy dans son report du Sylak : tuerie !

 

Si Entombed A.D. a remporté de jolis suffrages parmi l'assistance, il est clair que ça allait être la même pour les Polonais de Vader, visiblement attendus par beaucoup de pied ferme. Et accueillis de bout en bout comme il se doit, faisant monter la température d'un cran, d'autant plus que le son était encore une fois monumental et puissant comme il fallait. Question de goût personnel, j'ai mis du temps avant de rentrer dans la vibe. A peu près la moitié du show à vrai dire. Parce qu'on époussette pas Entombed si facilement ma bonne dame. Ce n'est pas faute d'avoir un combo carré et rôdé scéniquement parlant pourtant. A moins que la setlist y soit également un peu pour quelque chose, montrant en premier lieu la part la plus banale et dispensable de Vader. Jusqu'à progressivement partir vers l'excellent à partir de la mi-parcours, comme si la très courte entracte était porteuse d'un message intrinsèque comme quoi les hostilités pouvaient réellement commencer (en même temps « This Is The War !!! » quoi). Et autant la première moitié m'a totalement laissée sur le carreau, autant la seconde était intense. A boire et à manger si on veut résumer grossièrement...

 

Je m'octroie une pause pendant les Tchèques de Master's Hammer, histoire de me remplir l'estomac et surtout, ramener ma voiture vers le centre-ville tant l'idée de me coltiner plus de quarante minutes de trajet à pied à 2h30 du matin ne m'enchantait guère. Parce que bon, aucune idée de qui ils étaient, même si j'ai l'impression que le combo représentait comme une petite rareté en soi sur scène de par chez nous.

 

Au final, je m'engouffre de nouveau dans la salle pile poil pour les premières notes des Belges d'Amenra. Qu'il en soit bien clair, voilà bien un groupe qui joue un style que je n'aime pas. Pire encore, que je ne comprends pas. Mais vu tous les échos qu'il peut avoir dessus, je tenais quand même à y jeter un coup d’œil. Et moi qui pensais y rester le temps d'un titre, voire deux à tout casser, j'y suis finalement restée jusqu'à ses dernières notes, tranquillement posée en fond de salle, profitant ainsi de l'écran diffusant la scène (dans un plan global unique). Certes, musicalement, rien n'y fait, mon avis n'a pas changé : c'est lent, c'est long, et ça a beau jouer sur les extrêmes d'intensité, je trouve que ça le fait de manière grossière et redondante sans variante niveau relief. Et un bon nombre de réfractaires criant des Entombed ou Vader (voire « enculés » pour le colérique le plus ivre qui ne manquera pas de se prendre des « ta gueule » affectueux) impatiemment avant de se décider à déserter. Mais je comprends que ça puisse plaire – et ça a été le cas d'une bonne part de l'assistance – car en soi, en terme de spectacle visuel, il y avait des choses clairement intéressantes qui fascinent et magnétisent, même si l'on regrettera la redondance d'un petit nombre de procédés, originaux certes, répété et usé jusqu'à la moelle pendant cette heure de prestation. The Great Old Ones le lendemain montrera qu'on peut jouer sur des effets visuels intéressants avec davantage de variantes pour ne pas lasser trop rapidement le spectateur, même si les motifs ne sont finalement pas si nombreux non plus. Mais il faut reconnaître que la scène plongée dans l'obscurité durant les passages calmes avec un simple écran gris éclairant des jeux de fumée, dessinant des silhouettes humaines, voire de paysages flous et lointains, ça fascine. Et voir l'éclairage s'allumer abruptement au même titre que la brutalité musicale qui explose, éclairant le groupe à contre-lumière en totale synchro (histoire de ne pas trop montrer que le vocaliste aura de bout en bout tourné le dos au public, parti-pris qui me laissera toujours pantoise), ça impressionne et en impose un max. Une ou deux fois seulement malheureusement tant ça perd de son attrait au bout de dix fois. En tout cas, mon avis sur Amenra n'aura certes pas changé. Néanmoins, j'ai été fort heureuse d'avoir pu assister au spectacle afin de confirmer qu'effectivement, il y avait peut-être bien quelque chose de particulier autour de ce groupe. Quand bien même cela ne me parle pas personnellement.

 

Je l'avoue d'emblée : Enslaved, c'était l'argument principal qui justifiait ma présence à la fête ce weekend. Pas que les Norvégiens soient très durs à choper sur les routes mais j'ai toujours eu la poisse avec eux. Manque d'argent pour me rendre à un concert pas si éloigné, autres priorités en festival, voire simplement portions de shows, le coup du sort à toujours fait que ça m'empêche de profiter d'Enslaved dans une prestation complète. Même au Hellfest cette année, j'ai dû me résigner à en louper quelques louchées alors que le combo jouait pourtant dans des conditions optimales. Il était donc grand temps que je prenne un peu ma revanche à ce niveau. Et pour le coup, j'ai plutôt bien choisi puisque les Scandinaves nous livrent ce soir un show tout particulier en revenant sur ses premières années de carrière, l'ère black pre-progressive. Voilà qui a de quoi faire plaisir à la frange de son public qui lâche peu à peu le morceau tellement Enslaved se plaît à partir vers des directions totalement différentes aujourd'hui. Malgré tout, les manies ont la vie dure et deux titres de son nouvel album, E, sont joués ce soir. Mauvaise idée de leur part dans le sens où le son ne les flatte pas des masses car totalement inadapté au nouveau registre (voix claire, clavier et autres parties non-saturées de guitare sous-mixées notamment), faisant perdre ainsi tout l'impact émotionnel qu'ils sont sensés générer. En revanche, passé ces parenthèses, la mise en son prend tout son sens tant elle met en valeur le registre black des jeunes jours d'Enslaved, rappelant par la même occasion qu'ils parvenaient déjà à des choses vachement classieuses et sophistiquées à l'époque. Parce que mine de rien, les années filent, le groupe a opéré sa mutation il y a un moment déjà, faisant quelque peu oublier au fil des albums qui passent son registre originel. Et, en soi, ce soir, la piqûre de rappel a été plus que salvatrice : réentendre ces vieux titres fait bien plaisir et honnêtement, ils n'ont pas pris une ride, clairement ! Et le public ne s'y laisse pas prendre et accueille ce chouette cadeau comme il se doit tant il bouge de manière subjuguée, qu'il soit fan/sympathisant de la première heure, de la dernière heure, voire en découverte totale. D'autant plus que les Norvégiens eux-mêmes semblent également dans ce même état de plaisir depuis la scène, et ne manquent pas de sympathie dans la communication, accueillant même en bout de course la figure de proue de Garmonbozia pour lui souhaiter comme il se doit un joyeux anniversaire. Un grand moment, assurément ! Qui permet de rentrer avec tout plein d'étoiles dans les yeux, même s'il s'avérera que la nuit était encore loin d'être finie...

 

 

Journée du samedi

 

… Enfin, je dirais plutôt : s'est-elle terminée ? Pour moi, pas vraiment. C'est bien là tout ce qu'il faut savoir avec Rennes : lorsqu'on te propose un after, tu peux être sûr qu'il s'agit d'un beau guet-apens bien fourbe. C'est ainsi que je me retrouve au bout de ma vie, vers 11h du matin, sans avoir fermé les yeux ne serait-ce qu'une fois, à éliminer les spores éthyliques récalcitrantes chez ces putains de malbouffeux de Macdonald. Et que de fil en aiguille, la bière se retrouve remplacée par une bonne cure de café en règle puisqu'au final, je reviens à l’Étage sans avoir dormi du tout. Bravo le veau !

 

En tout cas, l'heure n'est pas aux jérémiades parce que j'ai beau avoir fait l'impasse sur The Vintage Caravan, je me retrouve d'entrée confrontée aux joyeux lurons d'Insanity Alert. Et entendre directement une vieille musique d'un jeu Game Boy qui a bercé mon enfance et voir débouler un sumo avec un micro à la main, c'est tellement surréaliste que ça fait passer d'emblée tout coup de pompe. Et pour « commencer » la journée, le thrash aux relents coresques totalement débridé des Autrichiens s'avère une mise en jambes on ne peut plus décapante. Dans le joie, la bonne humeur et la pitrerie la plus totale. Quand bien même on ne peut pas bénéficier de la même compréhension qu'un Ultra Vomit vu qu'ils se cantonnent à des textes – pas très évolués je pense – dans leur langue natale, difficile de ne pas se faire happer dans cette spirale délirante, tant le groupe joue sur les gimmicks fédérateurs (joints et alcool donc...) et autres pancartes karaokesques invitant l'assistance à briser la barrière de la langue. Même si cela montrera toutefois ses limites sur la fin, Insanity Alert, contrairement à nos clowns nantais, se cantonnant à son style de prédilection premier sans jamais quitter sa zone de confort. A part peut-être vaguement pour sa reprise survitaminée d'Iron Maiden rebaptisée « Run To The Pit » pour l'occasion. Sympathique donc mais uniquement sur de courtes prestations comme c'est le cas ici.

 

On revient maintenant à un cas autrement plus sérieux avec nos Hexagonaux de Misanthrope. Moi qui nourrissais l'espoir de les voir avec un son flatteur, d'autant plus qu'il n'y a pas spécialement eu de problèmes sur ce plan-là jusqu'à maintenant, ce sera encore loupé pour cette fois puisque les protections auditives s'avéreront indispensables pour résister à l'assaut de médiums surflattées. Tant pis, une prochaine fois peut-être... En tout cas, cela fait peut-être la troisième fois que je les vois en un an – deux fois et demi dirons-nous plutôt – il faut reconnaître que pour le coup, contrairement à un Tagada Jones par exemple, difficile de s'en lasser vu que la setlist a complètement changé par rapport à celle du Hellfest. Le groupe fête ses trente ans, autant dire que l'occasion a été bonne pour défricher des vieux titres plus rejoués depuis des lustres, voire jamais jouées en live du tout. Et à ce niveau, on sent en notre interlocuteur, Philippe Courtois, comme un peu coup de pression couplé à une certaine émotion à de nombreuses occasions. C'est d'ailleurs un fait amusant de cette prestation en particulier : si Misanthrope a toujours dépeint l'image d'être un groupe quelque peu hautain, à fond dans son délire un brin aristo porté par les vieilles lettres, on peut dire que tout ça a été balayé à grand coup de kärscher cette fois-ci tant l'heure était à la simplicité et à la convivialité en terme de communication. Ce qui a toujours été le cas en réalité mais aujourd'hui plus que d'accoutumée encore. Alors, certes, pour apprécier la setlist à sa juste valeur, nul doute qu'il fallait être au taquet sur la discographie du combo, ce qui est très loin d'être mon cas – et celui de beaucoup de monde dans la salle apparemment – mais il s'est vraiment dégagé quelque chose de sympathique. Bon anniversaire les gars !

 

Passons à quelque chose de moins avant-gardiste avec The Great Old Ones. Qui a sans mal réussi à tirer son épingle du jeu, quand bien même son répertoire reste plus conventionnel que ses prédécesseurs de scène. Un petit coup de pompe a peut-être pu jouer mais toujours est-il que dès lors que j'ai eu la bonne idée de poser mes yeux sur l'écran du fond de salle, je ne suis pas parvenue à m'en détacher jusqu'aux dernières mesures. Je suis rarement sensible à ce genre de détails en général mais là, pour le coup, le jeu de lights m'aura totalement magnétisée et happée dans l'atmosphère particulière du groupe (bien que je la trouve davantage pagan que médiévale comme le groupe se plaît à le prétendre). Cela joue sur les rythmiques, les couleurs, le fait de dessiner via silhouettes, dispositions des lights des motifs sous-jacents. Un peu comme Amenra la veille mais dans un autre délire mais surtout plus de subtilité en terme de musical et de variété en terme visuel, quand bien même on s'aperçoit que le nombre de procédés utilisés n'est pas non plus mirobolant. Mais cela s'enchaîne avec assez de variantes pour qu'on ne ressente nullement de redondance et de lassitude. En soi, The Great Old Ones s'est révélé être une curiosité qui mérite pleinement d'être vue en live, même si on n'est pas trop au fait de sa discographie comme ça peut être le cas pour moi.

 

Je ne connaissais pas My Sleeping Karma et je dois bien admettre avoir pris son patronyme au mot. A peine me suis-je rendue compte qu'il s'agissait d'instrumental qui manque cruellement de renouvellement de propos au sein de ses titres – pas comme des Animal As Leaders ou encore Step In Fluid j'ai eu tôt fait de m'octroyer un petit temps de repos. Si, vous savez, le fameux « non, je dors pas, je repose juste mes yeux ». C'est qu'un trajet chaotique et deux jours de concerts sans avoir dormi, ça commençait quelque peu à tirer, je l'avoue.

 

Une petite sieste qui n'en était pas vraiment une sous fond lointain d'instrumental psychédélique qui m'a fait le plus grand bien. Et m'attaquer à Tormentor avec toutes les bonnes volontés du monde. Non sans une petite parenthèse hommage avec Voight Kampff qui aurait dû jouer ce weekend si son regretté guitariste n'était pas décédé un mois auparavant. Une fois ce petit moment émotion passé, les Hongrois entrent en scène. Et dans mon incultisme le plus total, moi qui m'attendais vis-à-vis du patronyme à tomber sur du thrash ou du death, quelle surprise de tomber sur du black. Et pas n'importe lequel en plus tant Tormentor ferait passer Immortal et son côté dérisoire comme de simples blancs-becs sans saveur. Et Attila Csihar, son frontman et chanteur du mythique De Mysteriis Dom Satanas de Mayhem donc, y joue à fond, tant avec sa cape cheapos (digne d'un drap-housse glané dans l'armoire de maman) que son casque kitsch à mi-chemin entre stormtrooper des ténèbres et Daftpunk et surtout ses interventions ridiculement surjouées un max en mode « eviiiiilllll » profondément guignolesque. A ce niveau, c'était poilant de bout en bout. Très différent des bouffonneries un peu beaufs d'Insanity Alert mais autrement plus efficace. Sans doute parce qu'à côté du caractère dérisoire du personnage à prendre au millième degré, il faut reconnaître que le bougre envoie en terme de modulation de cordes vocales. De la même manière que le répertoire du groupe peut autant s'inscrire dans une veine classique du black que sur des choses autrement plus avant-gardistes loin d'être inintéressantes. Et franchement, je me suis sentie bien conne de ne pas connaître ce nom dans ma culture. Chose maintenant réparée avec ce show qui représente tout de même leur tout premier passage en France. En espérant que ce ne soit pas le dernier !

 

On arrive à la dernière ligne droite pour moi avec Carcass. Parce que l'idée, encore une fois, de me taper le chemin de retour à pied à cause d'un simple cover-band de Motörhead ne m'enchantait guère. Et qu'il valait mieux s'arrêter sur cette bonne note pour choper un métro bien que les petits retards accumulés au cours de la journée feront que je n'en verrais pas les derniers titres. Et dieu sait que ça a été frustrant ! Qu'importe, Carcass a envoyé sec ce soir ! Avec ou sans Amott, on s'en branle, ça n'empêche pas que le répertoire du groupe dégage une sacré aura qui impressionne et n'a de cesse de laisser sur le cul. Et ce, même si je l'ai toujours préféré sous sa configuration en trio – vaste débat – ce qui n'est pas le cas ce soir. Et qu'à la manière d'Entombed A.D., point de souci de rides à reprocher au répertoire, notamment le plus ancien, déjà fort inventif pour l'époque. Une excellente clôture donc, même si la fatigue commence clairement à se faire pas mal ressentir. C'est ainsi que je finis par pallier à ça en prenant la fuite, non sans un pincement au cœur tant je sais que les moments manqués auraient mis en lumière les plus gros classiques du groupe. Mais il y a un moment, il faut être raisonnable et rattraper le manque de sommeil un bon coup. Ce n'est pas que je devais être de concert sur Nantes le lendemain pour Vodun mais un peu quand même...

photo de Margoth
le 13/11/2018

3 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 13/11/2018 à 12:42:09

Beau petit fest' !!

cglaume

cglaume le 13/11/2018 à 12:42:09

Beau petit fest' !!

Jus de cadavre

Jus de cadavre le 23/11/2018 à 18:55:18

Un bien bon report :)

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