Motocultor Festival 2013 (Uncommonmenfrommars + Gorod + Devildriver + Jumping Jack + The Exploited + Annihilator) le 16/08/2013, Kerboulard, Saint Nolff (56)

Uncommonmenfrommars + Gorod + Devildriver + Jumping Jack + The Exploited + Annihilator (report)
Changement de site cette année pour le Motocultor alias le "petit hellfest", Breton lui aussi. Espérons donc avec ce changement une évolution dans l'organisation du festival qui nous avait laissé un goût bien amer l'an passé. Si la programmation du festival est un peu moins alléchante que l'an passé où les bonnes surprises côtoyaient des bouses sorties de nul part, on espère être gratifié d'un son tout aussi correct, et bien meilleur que son homologue de Clisson.

Un festival à taille humaine, voilà qui nous change de la grosse machine de Roger et Ben, ce qui à autant d'avantages que d'inconvénients, nous en conviendrons. Pas besoin de GPS pour retrouver sa tente au camping, pas besoin non plus d'attendre 1000 heures pour trouver un buisson ou un chiotte disponible (niveau propreté et odeur par contre, ça joue au coude à coude avec son grand frère), mais vous êtes par contre certain de croiser tous les boulets du coin que vous évitez d'ordinaire soigneusement. Cette année nous n'auront pas droit aux températures atteignant les 10000° sans points d'eau pour se rafraichir..OUF!
Le site et le camping sont un peu légers, mais fournis en matière de flotte et de toilettes, au pire, il y a toujours les buissons et autres fourrés. L'autre avantage de ce fest c'est la proximité du site avec le camping, qui évite de nous ruiner les jambes une demie-heure juste pour aller de sa tente à l'entrée du fest. Les conditions sont donc relativement favorables pour passer un bon week end, à condition comme toujours d'aimer la bière et les relous qui soufflent dans des cornes de brumes jusqu’à 6h du matin.

Vendredi :

C'est les bretons de Bélénos qui ouvrent les hostilités du vendredi, suite à un remaniement de Running Order (visiblement à cause des System Divide qui auraient jouer aux divas). Un peu tôt pour les festivaliers pas encore arrivés (ou réveillés) qui seront relativement réservés face à la pourtant bonne prestation des copains. Si le son n'est pas encore au top, ça présage tout de même du bon pour le reste du festival, et le groupe n'aura pas trop souffert du premier concert test pour la sono de la Dave Mustage. De "L'enfer froid" à "Terre de Brume" les titres classiques du combo sont bien présents, mais pour ceux qui les ont vu pas mal de fois depuis que Loïc a reprit du service avec de nouveaux musiciens, on à l'impression de revoir le même set sur une scène différente. Seul bémol à une prestation honnête, comme toujours, qui nous fait commencer le festival sous de bonnes augures.

On continue dans le black metal avec les teutons d'Endstille qui selon les dire des connaisseurs ne font jamais un bon concert sans pépins. Effectivement, niveau son déjà c'est la catastrophe. Pas de caisse claire et que de la double, puis l'inverse, la batterie sera mixée n'importe comment durant tout le concert. Pareil pour les guitares, inexistantes, et une basse très moche. Globalement c'était un concert raté, avec un manque certain de charisme, de mise en place pour le batteur, et un son lamentable. Deux ou trois bons riffs ressortent péniblement du lot, et on s'en va au bar pour oublier ce désastre.

Je passerai malheureusement à côté de Voight Kampff qui n'auront pas non plus un super son, malgré des compos typiquement techno-thrash/death 90's qui sur papier ne sont pas pour me déplaire. Mais l'absence de basse est cruelle pour le style, et l'ennui se pointe assez vite. C'est donc pour le concert de Destroyer 666 que je daignerais revenir sur le site. Le black thrash ultra primitif des australiens fait en revanche sacrément mouche. Efficace et bestiale, la musique des kangourous aux bracelets à clous est aussi débile que jouissive à grands coups de bons riffs, de sueur et de bière, on s'en reprendrait bien une lampée de cette cuvée australienne.

C'est plus subtilement que la soirée continue avec Enslaved qui revient assez rapidement en France après une dernière tournée en 2012 avant la sortie de Riitiir. C’est donc un set un poil différent que va nous offrir le combo norvégien. Malgré quelques problèmes techniques sur scène, le groupe à toujours autant de charisme et tient toujours aussi bien les planches (merci Ice *musclor* Dale et la tchatche de Grutle). On aura que trop peu de vieux titres en revanche, et le set sera finalement assez court, nous laissant carrément sur notre faim (surtout que le son était relativement bon). Frustrant !

Et c'est seulement du camping que j'entendrais Aborted et son death brutal et un peu neuneu (quelle mauvaise langue a dit "belge"?) avoiner la main stage, ainsi que DevilDriver, mené par l’infatigable Dez Fafara à la voix si impressionnante. Quelques tubes des uns et des autres (des deux premiers DevilDriver au Goremageddon ou Archaic Abattoir d'Aborted) plutôt plaisant à entendre depuis la dernière fois que j'ai posé une oreille dessus. C'est en revanche l'atrocité folk metal d'Eluveitie qui suivra pour me détruire le peu d'audition qu'il me reste... Sympa la fin de soirée.

Samedi :

Hacride, que j'avais pas vu depuis très longtemps ne va malheureusement pas du tout se distinguer à mes oreilles ce samedi. Non pas que la prestation des poitevins fut mauvaise, ni leur son une horreur, mais leur setlist à fait un plat. Rien ne m'a accroché comme avant, je n'ai pas prit plaisir à reconnaitre les morceaux d'Amoeba qui m'avaient tant bottés à sa sortie. Je suis plus déçu de moi que d'eux finalement, de ne pas avoir accroché à leur concert alors que j'ai toujours reconnu ce groupe comme talentueux et honnête (en plus de la gentillesse extrême de leurs musiciens).

Pause déjeuné sur le côté de la scène avec les français d'Uncommonmenfrommars et leur punk-rock super énergique, qui s'avèreront un excellent amuse gueule. Je ne connaissais pas du tout leur musique, somme toute basique, mais très bien exécutée, fraiche et dynamique. Je n'en attendais rien et j'ai été agréablement surpris, même si j'ai lâché ce style musicale en même temps que la cours du collège et mon skate. Un petit retour en arrière qui ne fait pas de mal.

La suite de l'après midi sera encore française avec Gorod qui à délivré le concert le mieux réceptionné du festival auquel j'ai assisté. Un son pas mal, des compos dont je n'avais jamais entendu la moindre note, une super attitude chaleureuse, et le concert fut une réussite complète. Le public était en masse devant la main stage pour les accueillir et scandait vaillamment entre deux circle pits. Leur death technique passe plutôt bien, ça joue carrément, franchement je n'ai rien eu a redire de ce concert même si je n'accroche pas plus que ça à leurs compos. Voilà un groupe français qui après Trepalium ou Gojira prend une place de choix dans les valeurs sûres de la scène métal hexagonale.

Petite pause avant de retrouver un des bassistes les plus emblématiques du genre: Nick Oliveri et ses Mondo Generator. Le groupe dessert son mélange de stoner et de rock avec énergie et une mise en place du tonnerre. Le son est super cool et les compos que je ne connaissais que très peu sont de petites petites sur scène. J'ai vraiment prit beaucoup de plaisir à voir ce groupe de vieux briscards. D'autant plus quand on à le droit à des covers de QOTSA (comme "You Think I Ain't Worth a Dollar But I Feel Like a Millionaire"). Du heavy-rock comme on l'aime !

La suite beaucoup moins subtile avec les anglais ayant participés à l'essor du crust et du grind dans les 80's, les vieillissants Extreme Noise Terror. Aux côtés de Napalm Death et de toute la scène extrème de Birmingham, ETN a toujours fais office de second couteau, un peu comme Benediction dans un autre registre. Au vu de la prestation particulièrement débile et alcoolisée de ce samedi, on peut comprendre pourquoi. Entre le batteur en mode Dbeat non-stop, les pains à gogos, et ce chanteur aussi saoul que content d'être là (devant malheureusement trop peu de monde) le groupe fait son set n'importe comment, mais c'est ça qui reflète le mieux l'esprit de cette musique. Discours anarchiste, remerciements chaleureux, pit de mongole, riffs à fond la caisse mal joués, THIS IS GRINDCORE !

Que dire de The Exploited... Rien en fait, ce groupe est vraiment surfait, joue très mal, et est sévèrement débile. Typiquement le genre de groupe qui me fait rester avec les copains pour boire des coups pendant leur prestation. En revanche la baffle atomique infligée par Impaled Nazarene c'était une autre histoire. Un son super crade qui leur colle parfaitement, une exécution à 200kmh, une hargne sans retenue et une setlist de malade, c'était vraiment un concert d'une haine et d'une furie démoniaque. Tout collait parfaitement, de l'esprit guerrier au son de tronçonneuse, le tableau était complet.

Au bar durant tout le concert des canadiens d'Annihilator, je n'ai décidément pas l'âme d'un thrasher. Et ce n'est pas mon pote Seb qui soutiendra le contraire: "tu diras dans ton report qu'on était au bar a boire une bière pendant ce concert, et que c'était pas bien du tout". Voilà, malgré un public en masse devant la scène, des vieux et des nouveaux titres, rien à faire je n'aime pas ça du tout.

Final en beauté avec les finlandais de Rotten Sound et leur grindcore de mammouth. Je n'ai jamais été déçu par leurs prestations scéniques, et les derniers EP du groupe m'ont plutôt emballé, ce qui fait de très bonnes raisons pour braver la météo et assister à la performance du combo qui à attendu toute la journée pour nous la coller. Un son gargantuesque et une setlist alternant parfaitement titres ultra bourrins (même des vieilleries période Murderworks), aux titres lourds des derniers albums (Cycles, Cursed) feront une recette parfaite pour un concert de grindcore réussi. Précis et efficaces, les musiciens ne perdent jamais le fil et envoient du vilain. On est bien loin de la prestation old-school d'ExNxTx dans l'après midi, et on se dit que si Rotten Sound avait décidé de ne jouer que des morceaux en mid-tempo, les Trap Them et autres pourraient aller se coucher la queue entre les jambes. Une prestation endiablée, aussi puissante et crétine que le grindcore peut l'être, faisant mal aux cervicales et redonnant le sourire après la grisaille de la journée. De quoi vider le festival avec pertes et fracas.

Dimanche :

C'est Ataraxie qui ouvre le dimanche sous un soleil de plomb, ce qui ne sied pas très bien à leur doom-death caverneux. Les rouennais sont malgré tout content d'être enfin de la partie après deux annulations consécutives au Motocultor. Avec un nouvel album dans les pattes: L'être et la nausée lorgnant toujours vers le doom-death mélancolique et désespéré, mais également vers un death old-school Autopsiesque, le groupe déroule un set bien fat de 4 morceaux pour presque une heure de show. Plus de morceaux du nouvel album auraient d'ailleurs été le bienvenu tant la puissance alternée des parties lentes et rapides est monstrueuse. Des morceaux de toute leur discographie seront interprétés, et un petit bonus leur sera même alloué. Bénéficiant d'un excellent son le combo à réussi son pari malgré des conditions de jeu loin d'être idéales pour leur style. Malgré un manque de présence sur scène et quelques blancs inconfortables, c'est une bien bonne performance à laquelle nous avons assisté.

Suite au show des copains de Rouen nous apprenons via un membre de l'organisation qu'Eyehategod ne sera pas présent aujourd'hui, pour "problème de routing". Autrement dit les poivrots de NOLA se sont trompés d'un jour dans leur planning et se retrouveront à Clermont-Ferrand le soir même au lieu d'être devant nous. Infamie ! Le seul groupe pour lequel je m'étais déplacé annule, et je ne les reverrai pas de sitôt, Joey Lacaze décédant peu de temps après leur retour de tournée... RIP.

C'est dont bien dégouté (et d'autant plus à l'heure où j'écris ces lignes que l'annonce du décès de leur batteur est tombée) que je vais continuer ma journée. Et la déception continue avec les nantais de Jumping Jack que j'ai vu de nombreuses fois, qui vont faire un show assez mauvais, la faute à un son dégueulasse surtout, et une mise en place assez crade. Dommage, mais je ne m'inquiète pas pour eux, le public les suit bien, et ils méritent leur place ici depuis le temps. La prochaine fois sera meilleure j'en suis persuadé, je ne me ferai pas une mauvaise opinion d'eux sur cette prestation fort heureusement, sinon elle sera catastrophique.

On poursuit donc avec Ufomammut, qui m'a toujours déçu sur scène, et qui finalement me laisse toujours un peu sceptique même sur album. Le problème (bien que leurs dyptique "Oro" soit plutôt bon) c'est que les reproches que je leur fait sur album sont les mêmes sur scène. Un son assez mou et pas si bien que ça, surtout la guitare qui manque de vie (malgré le stack Green), même si la basse sera relativement cool aujourd'hui. Le jeu du batteur n'est pas très intéressant, et les samples jouent trop sur les textures, alors qu'ils devraient à mon sens nous faire beaucoup plus décoller dans l'espace ou des bizarreries psychédéliques. Et surtout, le point faible de ce set, comme de la seconde moitié de leur discographie: Ufomammut n'a PAS de riffs. Quelques notes qui tournent, des patterns rythmiques essentiellement, mais pas une once de riffing catchy ou groovy de la mort. Rien de me restera en tête après ce concert pour ainsi dire. Si pour une fois le public était très réceptif (ce qui avait l'air de surprendre les membres du groupe transalpins d'ailleurs) ce n'était ni la claque que j’espérais secrètement, ni la déception que j'attendais inévitablement. En demie-teinte comme d'habitude donc.

On passera bien évidemment à côté du set de The Old Dead Tree qui n'était pas du tout en place, avec de vilaines faussetés au chant, et toujours ces mélodies un peu niaiseuses qui ne me plaisent pas du tout, et on apercevra de loin le set de Lutece. Black metal d'un classicisme artistique égalant la réputation d'usine à pains du style, je n'y ai trouvé absolument aucuns intérêts. Mustasch, et son rock heavy au possible en revanche sera revigorant par cette chaleur, et apportera humour et fraicheur à notre après-midi. Les suédois enchainent les tubes pop et les hymnes typiquement Queenesques, ce qui semble ravir l'assistance venue en masse se rassembler devant la main stage. Decrepit Birth ne fera par contre pas mouche, du moins pas avec leur penchant mélodique à la Death un peu trop prononcé à mon goût depuis le départ de Derek Boyer pour Suffocation.

Dying Fetus lui n'est pas venu pour enfiler des perles, et commence son set d'emblée par "Grotesque Impalement". Le son n'est pas fou, mais potable du moins, et la formation américaine déroule son set comme d'habitude: en mode rouleau compresseur, mais en mode automatique également. C'est le seul reproche qu'on puisse faire à la nouvelle mouture en trio du groupe. Autant elle gagne en efficacité, et le son est toujours au rendez-vous, mais le manque cruel de charisme des membres restants (et ce n'est pas le statique Gallagher qui va changer la donne) n'aide pas le concert à prendre une dimension furieuse. Si tous les tubes sont au rendez-vous, de Killing On Adrenaline au nouvel album Reign Supreme, on leur préferera tout de même les anciens. Et c'est "One Shot One Kill" qui cloturera le set, de l'excellent Stop At Nothing, assez peu représenté sur scène depuis les changements de line-up du groupe. Une bonne grosse baffe dans la gueule, sans surprise et sans âme, mais l'hématome sera tout de même là.

Le temps que le set d'Exodus se termine, me voilà devant la Dave Mustage pour mon dernier concert du festival. Les anglais d'Orange Goblin terminant leur longue tournée européenne sont bien décidés à mettre tout le monde par terre, et ce n'est pas la blessure de leur guitariste et son remplacement par son guitartech qui va y changer quelque chose. Mention spéciale d'ailleurs à ce dernier qui a parfaitement rempli son job. Des tubes des tubes des tubes, et de l'énergie à revendre; voilà ce qui à constitué le set des Londoniens. Une bonne grosse purée de stoner lorgnant parfois vers un metal de biker, bien épaisse et dynamique, puant les dessous de bras et le Jack Daniels. J'ai toujours été un peu déçu par leurs prestations que je trouvais justement trop metal, mais ce soir, c'est au contraire ce que j'ai apprécié. Une super ambiance, du monde, des circle pits, un wall of death énorme, bref un concert qui bouge et qui file la patate ! Une fin de festoche en beauté avec du riff en veux tu, en voilà, un son grassouillet et un Ben Ward aux anges. De quoi passer une bonne nuit, les acouphènes en prime.

Bilan :

Une édition mitigée pour ma part, non pas comme l'an passé à cause d'une organisation faiblarde, mais plutôt un manque d'entrain dû à une programmation un peu en dent de scie. Et je ne vous le cache pas l'annulation d'Eyehategod m'a filé un coup au moral. Si les erreurs de la précédente éditions ont été corrigées (grand bien lui fasse malgré le manque de poubelles sur le site) le Motocultor cuvée 2013 ne m'a pas fait autant plaisir que l'an passé, j'attendais plus de bonnes surprises. En revanche je n'en ai pas eu de mauvaises, ce qui est somme toute un très bon point !
Si l'affiche de la prochaine édition est alléchante je serai sans doute présent. Un festival à cette échelle est tout de même plus agréable que le Hellfest, et le son y est bien meilleur, ou ne serait-ce que moins pire selon les groupes, alors à a peine une heure de route de chez nous, on ne va pas se priver.

Kenavo donc, et à la revoyure !
photo de Viking Jazz
le 01/10/2013

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