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Melvins - "Nude with boots"

Melvins - "Nude with boots"
chronique Melvins - Nude with boots
9/10 0
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CD album CD album (42:16)

 

Style musical : 

Rock barré

 

Année : 

2008

 

Tracklist :

1 The Kicking Machine
2 Billy Fish
3 Dog Island
4 Dies Iraea
5 Suicide In Progress
6 The Smiling Cobra
7 Nude With Boots
8 Flush
9 The Stupid Creep
10 The Savage Hippy
11 It Tastes Better Than The Truth

 

Label : 

Ipecac

groupe Melvins
Melvins

Chroniques :

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Gluey Porch Treatments (1987)
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Love Canal/Someday (1990)
Live Flexi Single (1990)
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King Buzzo EP (1992)
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Dale Crover EP (1992)
Night Goat 7'' (1992)
Houdini (1993)
Melvana EP (1993)
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Prick (1994)
Stoner witch (1994)
Stag (1996)
Singles 1-12 (1996)
The Bit EP (1996)
Honky (1997)
Alive At The Fucker Club Australia (1998)
The Bootlicker (1999)
The maggot (1999)
The Crybaby (2000)
Electroretard (2001)
Colossus of destiny (2001)
Hostile Ambient Takeover (2002)
Millennium Monsterwork (2002)
26 Songs (réédition) (2003)
Message Saved / Thank you! (2004)
Pigs Of The Roman Empire (2004)
Never Breathe What You Can't See (2004)
Sieg Howdy (2005)
Pigskin / Starve Allready (2006)
(A) senile animal (2006)
A Live History Of Glutony And Lust (Houdini Live 2005) (2006)
Split Tour Double 7 (2007)
Smash The State EP (2007)
Nude with boots (2008)
Pick your battles (2009)
Hurray For Me Fuk You / Paraquat Plus (2010)
The Bride Screamed Murder (2010)
Black Betty Split 7'' (2011)
Amphetamine Reptile Records Cage Match Tour Split 7 (2012)
The Bulls And The Bees (2012)
1983 (2012)
Freak Puke (2012)
Everybody Loves Sausages (2013)
Tres Cabrones (2013)
Melvins 1983 - Gaylord (2013)
Live At Third Man Records (2013)
Hold It In (2014)
Basses Loaded (2016)
Three Men And A Baby (2016)
Dans le même style :
Melvins + Halo Of Flies - Split Tour Double 7

CANADA BUZZ HAS A WAY TO SEE THROUGH MY EYES

Pour une vraie-fausse discographie des MELVINS. - Chapitre 6 -

Pour comprendre le pourquoi de la démarche boiteuse, se référer à l'introduction du chapitre 1...

Hé, c'est bon, hein, je me suis lancé dans les chroniques des albums des Melvins, j'ai le droit de ressortir des trucs que j'avais déjà écrits. Cet album, je l'avais chroniqué pour notre blogzine de potes, « SupermarketRiot », aujourd'hui défunt. L'article n'était d'ailleurs jamais paru. Je le ressors donc aujourd'hui, ah-ha, rien ne se perd vraiment, même si tout meurt un jour, ma bonne dame. Allez, c'est parti.

« J’ai failli descendre. Descendre ce disque. Déçu j’étais. Pauvre petit...  Ouaip, aux premières écoutes, ce disque m’avait complètement désorienté, déçu, même, oui-oui. Pas de plaisir immédiat, mais un sentiment d’incohérence, l’impression d’écouter deux albums mélangés en un, avec des morceaux qui n’en finissent pas ou sont coupés brutalement, les laissant sans résolution, envol ou développement, comme une fille chauffée humide brusquement oubliée par son compagnon (parti chercher un paquet de cigarettes et jamais revenu, jamais revu, jamais pris). Le son paraît quelque peu plat, mais en même temps, il ne cherche pas à en faire des caisses, et c'est assez chouette, finalement. Même l’artwork de Mackie Osborne  est moins beau (ou moins débile, selon les goûts) que d’habitude. Booooh…

Et pourtant, après une douzaine d’écoutes, il apparaît clair que les deux morceaux d’ouverture, « The Kicking Machine » et « Billy Fish » sont d’excellents hymnes Hard-Rock, le second plus détendu que le premier. Ici frappent à nouveau les voix en chœurs, magnifiées par le bisounours Jared Warren de Big Business. Merci Jared. Oui, ils deviennent de très bons morceaux qui trottent longtemps où j’pense… une fois assimilées les structures biaisées et les jeux de chausse-tripes cachés. Pervers ils étaient ? Les Melvins le sont toujours. C’est plus dissimulé qu’auparavant, mais du coup, c’est bien plus sournois.

Sournois encore, « Dog Island » et son absence de logique dans son évolution, euh, absence d’évolution tout court, dirait-on. OK, le riff fait dans le déjà entendu (cf l’acide LP « Hostile Ambient Takeover » [Ipecac/2002]), mais le titre est en fait bien pensé. Les singes sont trompeurs, la logique de ce titre linéaire et juxtaposé est souterraine. C’est une histoire narrée dans le plat, avançant d’un air assuré, sur un ruban d’autoroute du nulpart. Etrange…

Puis le quatuor à deux batteries nous sort une interprétation à la Morricone du grégorien « Dies Irae ». L’intro est glaciale, Buzz Osborne nous démontre que cela n’est pas un hasard s’il joue dans Fantômas (qui n’existerait pas sans Naked City et… les Melvins). Le « Suicide In Progress » (quel titre !) est en fait deux morceaux accolés, un super instru, enlevé, carrément catcheur, enchaînant sur un mid-tempo sudiste dans la veine de « Lizzy », « Houdini » [Atlantic/1993].

On l’avait déjà repéré dès la première écoute, « The Smiling Cobra » est une tuerie, cruelle, tyrannique. Les voix font mouche, le riff à la fois thrash et bluesy est à la hauteur des meilleurs moments de la bande à Buzzo. Parfaite illustration sonore d’un massacre au fusil à pompe dans un Mec Donnard, avec un boogeyman qui prend tout son temps. Alors « Nude With Boots » qui suit, joyeux et lumineux, pâti un chouille de la comparaison. Mais son charme estival et seventies opèrera peu à peu. Ce qui arrive ensuite ne vaut pas grand-chose, « Flush » est un interlude inutile et « The Stupid Creep », stupide en effet, est nul. Stoppé violemment à 01 :28, ce machin parodique et absurde n’est pas drôle une seconde. A oublier.

Le disque, globalement ensoleillé et plutôt mélodique, agonise dans le bruit avec le menaçant « The Savage Hippy » et ses voix cauchemardesques puis le répétitif « It Tastes Better Than The Truth ». Je le déconseille à ceux qui auront abusé du café (j’ai testé pour vous, ça rend dingo). Queue de poisson, fin.

Alors voilà, tout n’est pas vermeilleux dans ce disque, c’est certain. Mais c’est bien au dessus de beaucoup de choses. Les Melvins manipulent toujours l’absurdité et leurs morceaux cachent des tiroirs secrets qui s’ouvriront à qui aura la patience de tâter. Écouter. Vraiment. Laisser courir son imagination. Refuser l’entertainment (comme ils disent là-bas aux Amériques) primaire. Tout ça, ce n’est que du Rock, ma bonne dame, mais du Rock à mille vieux du fonctionnement de notre société : ça n’a rien à voir avec la consommation effrénée, le plaisir rapide et jetable, vain. Rien que pour ça…
Mais c’est tout simplement un bon disque.
Qui ne mettra pas grand monde d’accord.
Et j’en vois quatre qui doivent bien se marrer. »

Voilà donc ce que je pouvais en dire lors de sa sortie. Je pourrais ajouter deux-trois choses, désormais:

 

  • Cet album est l'exact contraire du petit dernier « The Bride Screamed Murder » qui, lui, s'essouffle un peu au fil des écoutes. « Nude With Boots » se bonifie encore avec le temps, je l'aime plus aujourd'hui qu'hier et je vous le conseille vivement si vous aimez le Rock'n'Roll bizarre.
  • Le travail de composition est tout simplement bluffant, il y a quelque chose de scientifique, savant et jusqu'au boutiste dans la construction biaisée.
  • Le groupe est désormais capable (depuis « A Senile Animal », en fait) de faire passer un feeling rock joyeux sur certains morceaux, et ça c'est assez surprenant.
  • Du coup, j'aurais pu réécrire complètement cette chronique, mais la spontanéité, y'a que ça de vrai. Tac.
photo de El Gep
le 27/03/2011

Note des commentateurs : 8/10 (sur 1 votes)

Commentaires

mat(taw)

mat(taw) le 27/03/2011 à 23:45:26

IP : 84.99.206.119

cet album tue, j'approuve.

vkng jzz

vkng jzz le 28/03/2011 à 15:11:08

IP : 92.144.185.74

le son de gratte est nul, je désapprouve. par contre les titres sur scènes sont monstrueux, le coté "joyeux" comme tu dis déboite et apporte vraiment quelque chose.

frolll

Sa note : 8/10

frolll le 11/04/2011 à 08:28:39

IP : 217.136.78.4

Un album essentiel du rock pertinent, récent, qui sent bon l'Amérique (façon NOLA scene ou stoner-like dans ma tête), mais comme en plus c'est les Melvins, c'est un peu barré quoi ;p
A noter que ça donne de furieuses envies de air drums, cet album. Une belle réussite !

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