Melvins - Working With God (Melvins 1983)

Chronique CD album (37:45)

chronique Melvins - Working With God (Melvins 1983)

CANADA BUZZ HAS A WAY OF SEEING THROUGH MY EYES

Pour une vraie-fausse discographie des MELVINS - Chapitres 64, 65 et 66 -

 

Nous sommes en 2021 (ne me remerciez pas pour le scoop) et les Melvins sortent un pur album de sales gosses avec des tornades sur la pochette. C'est vrai qu'il ne nous manquera bientôt plus que les crickets, les météorites et Le Pen au pouvoir.

 

Jamais à court de projets, le binôme Crover-Osbourne, à la tête du vieux groupe le plus prolifique, travailleur et inclassable de ces 40 dernières années, avait réussi en moins de deux ans à sortir un album solo par tête de piaf en plus de collaborations, Epees et essais divers : comme le terrifiant disque avec Flipper, le un peu navrant Bangers avec les dispensables et infréquentables Shitkid (collab qui a débouché sur l'une des embrouilles les plus pitoyables dont j'ai pu avoir eu vent ces derniers temps) et les plus ou moins moyennement réussis White Lazy Boy avec les Mudhoney ou les reprises de Black Sabbath avec Al Cisneros.

 

N'arrivant plus à trouver le temps d'écrire, je n'ai point pu tous les commenter si habilement, ce que tout le monde regrette bien-sûr, ma modestie naturelle ne me voilant jamais ma fière face.

C'est pourquoi je profiterais bien de l'occasion pour réaliser une triple chronique encore plus illisible que d'habitude. Youpi !

 

Mais avant de me faire définitivement virer par notre rédac' chef, afin de vous remémorer le pourquoi de toute cette vanité, vous pouvez relire l’introduction du chapitre 1 de ces chroniques éhontées, même si, justement, le début de cette histoire mériterait bien d'être réécrit, au moins jusqu'au chapitre 6 ou 7. Il y avait mieux à dire, j'en ai bien peur.

Les Melvins et moi, c'est un peu le jour de la marmotte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 64 - Melvins/ Mudhoney – White Lazy Boy (2020)

 

Matt Lukin a été le premier bassiste des Melvins de 1983 jusqu’en 1987, puis forma Mudhoney où il sévit jusqu'en 2001. Mais Lukin n'est pas du tout sur ce disque. Par contre Buzz et ce dernier aiment beaucoup se lancer de la merde à la gueule par interviews interposés, Lukin étant objectivement le plus virulent.

Fin de la page Closer, mais vous n'avez pas encore eu connaissance de l'embrouille avec Shitkid, c'est du caviar de fosse septique, promis.

Mark Arm s'éclate la gueule à chanter ''My War'' avec une conviction et une détermination qui fait plaisir à entendre, la reprise est cela dit plutôt fidèle à l'originale, dans le bon sens du terme, mais sans lui apporter quoique ce soit de vraiment différent. Pas grave. Je croyais que c'était Buzzo qui hurlait, à la première écoute, ça aurait pu, mais en fait non. Bravo Mark.

Il y a une reprise de Neil Young aussi qui ne me transporte pas très loin, sans être désagréable à écouter.

Il reste à mentionner une compo Melvinsienne cool mais pas renversante, malgré les coups de bottleneck (du vrai miel à la boue !), une autre plus à la Mudhoney où je pourrais faire le même commentaire et c'est déjà fini.

Faut faire un peu abstraction du son, un peu plat et manquant de vie. C'est précisément le souci du disque ça me paraît manquer de vie (à part ''My War''!), et d'envie... pour l'instant, car j'adore changer d'avis ! Ainsi ma chronique mitigée de Freak Puke serait aussi à réécrire, tant l'album est en fait génial.

Donc, ça reste à creuser...

Surtout que la reprise de Neil Young sent un peu le bœuf – donc la vie, non ? Ou plutôt l'ennui ? Ah-ha !

Houm...

En tous cas, Mark Arm est en belle forme et ça fait plaisir !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 65 – Réédition Melvins – Hostile Ambient Besides (2002/2020)

 

Nous sommes en 2002 (Scoop ! Scoop ! Bidoo! Vous pouvez sortir où vous voulez quand vous voulez et vous agglutiner dans des caves saturées de gens puants, l'est pas belle la vie en 2002 ?!), les Meuh sortent l'un de leurs meilleurs opus, l'acide Hostile Ambient Takeover. Quand je pense que Pigforks se demandait à l'époque où était le Rock dans ce disque, je me dis qu'il existe réellement des gens sourds qui ne s'en rendent pas compte. T'y crois, toi ?! T'es sourd mais tu ne le sais pas !? Dure, ta vie...

A l'époque non plus c'est pas Lukin à la basse mais un certain Kevin Rutmanis, ex-Cows, groupe de ''Noise Rock'' génial, défiguré et cinglé dont le dernier album avait justement été produit par le King B. en chef, le délicieusement nommé « Désolé en Porc mineur », chant saoul du cygne cintré.

Propulsés depuis quelques années par l'écurie de leurs amis d'Ipecac, ils décident alors de sortir tous les titres de l'album en singles 45T, avec en face B une reprise (ou une version accélérée d'un titre lent, encore de l'auto-reprise, ah-ah!).

Et ces cons attendent 2020 pour enfin les rééditer en les compilant ensemble, ces petites facettes B. Heureusement qu'à une époque je chargeais beaucoup l'e-mule !

 

Car je le dis tout pas net, voici certaines des meilleures reprises que les Melvins aient jamais enregistrées. Pour ça, voir Lysol et Electroretard aussi, ouais...

Celle de l'Alice Cooper Band (Easy Action, Margoth reviens-nous!), avec le batteur Crover au chant, est terrible, fidèlement passée à l'acide, celle de Mott The Hoople, c'est encore pire, et celle du Gun Club, superbe. Avec cette douce voix à Buzzo en mode calme qui fait toujours mouche, et ces bourdons de gratte perpétuels, là, mettant une tension toute ambiguë dans ce qui devient une étrange ballade. Ce bourdon rappelle l'originale mais la rythmique et l'ambiance sont très différentes. C'est beau.

L'hymne ''White Punks On Dope'' (1975) de The Tubes (avec ''Arnie'' des Warlock Pinchers en ouverture!) se transforme en teigne dangereuse et perd complètement son côté Rocky Horror Picture Show ainsi que sa fin prog/opérette, alors que ''Today Your Love, Tomorrow The World'' des Ramones est méconnaissable. Elle tape l'absurde, le comique et le glauque, Buzzo chante « I'm a nazi baby, I'm a nazi, yes I am. I'm a nazi baby gonna die for the Fatherland », dépassant les limites du sérieux à un niveau cosmique. Le refrain sera adapté en une partie séparée du reste du corps, conclusion Pop moquée sous hélium.

Le tout bénéficie d'un son souple et agressif qui facilite encore plus l'engouement pour une mini-compile des plus revigorantes, pure incarnation de Rock et de Punk-Rock dans son meilleur sens : le plus LARGE, et dans les fesses !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 66 – Melvins 1983 – Working With God (2021)

 

Et c'était une super transition pour évoquer le nouvel album qui commence... avec une reprise adaptée des Beach Boys dénommée ''I Fuck Around'' que je trouve vraiment drôle, les « YEACH » super sérieux et investis de Dale Crover me faisant mourir de rire à chaque fois.

C'est typiquement la chanson que t'as envie de chanter à un con. Histoire de te foutre de sa gueule. Pareil pour le ''Fuck You'' qui viendra plus tard, adaptation aussi, presque aussi drôle et commençant par un hurlement cartoonesque des plus déments.

Notons qu'il s'agit là de véritables morceaux de musique, entraînants et énergiques, interprétés avec dignité et exigence, et qu'il ne s'agit en aucun cas de blagues stupides seulement. C'est de musique dont il s'agit ici, bordel, tenez-vous bien, merci.

Ouah comment ils se sont fait chier pour les harmonies vocales de ''I Fuck Around'' (nous recensons au beau milieu une authentique voix de canard idiote... « Dillard !, est-ce vous au fond de la classe qui foutez ce bordel? Veuillez cesser de suite ! Et rangez-moi ça, en plus il vous en manque une ! C'est une tare familiale ? ») !

 

Autour de ces deux reprises (et d'une troisième a capella en fin de parcours où cette fois Buzzo laisse entendre dans son chant un coin de sourire pas loin du fou [rire]) s'articulent un petit lot de nouvelles compositions pas piquées aux canetons, nos vieux de la vieille (Buzzo prétend être heureux de ressembler de plus en plus à... une vieille dame) faisant plutôt preuve de vigueur dans cette version « 1983 » voyant donc Crover quitter les fûts pour la basse, et leur tout premier batteur historique revenir à la caisse. Rebonjour Dillard !

Comme la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés les trois, l'âge mental de nos quinquagénaires semble brutalement chuter et le ton est sardonique, irrévérencieux et le tout nage dans des couches de harsh guitare très bruyantes, Buzzo contrebalançant la relative simplicité des morceaux de la formule 1983 par des re-re guitaristiques singulièrement barrés.

Le Punk est donc de sorti, mais aussi le Post-Hard-Rock kitsch, le Thrash et le Metal retrofuturistes (mêmes couleurs agressives que certaines choses de Basses Loaded, tiens...). ''Negative No No'' a même un chant digne d'un Ozzy Osborne qui aurait mangé un coffre. ''Brian The Horse Faced Goon'' est un tube (y'en a quelques-uns sur ce disque, pfiou!), le premier riff est tellement lourd et pilonné et catchy qu'il en devient ahuri. Tout dans ce morceau sent le générique de dessin animé mettant en scène des branleurs méchants et stupides. Ceux-là même qui faisaient du footing dans ''Bouncing Rick''.

Il y a aussi un je-ne-sais-quoi de Poppy au beau milieu de tous ces grognements de guitare, quelque chose un peu à la Sparks ou à la Pixies sous stéroïdes ! Ça se situerait je crois au niveau des structures et des mélodies. En fait, le premier riff est tellement un riff de catch, oui le sport, que ça en devient ridicule et obscène : le combat de catch tourne au plan cul hardcore.

Mais sinon, ça joue du Thrash-Rock méprisant à la pelle, à de multiples reprises les guitares font le son des sirènes de l'apocalypse en slip et tout ne nage pas dans le comique, non, non, car ça devient parfois carrément menaçant comme sept tornades, spécialement ''Boy Mike'' (peut-être ma préférée) qui rappelle méchamment les ambiances noires et la cruauté rencontrées dans The Maggot. Et cette fin imprévisible qui se noie dans le bruit et ces lamentations de prédicateurs passées à l'envers est l'une des meilleures idées du disque !

De l'invention il y en a toujours, malgré les quelques ressemblances frappantes avec des morceaux antérieurs : y'a même dans ''Negative No No'' un anti-refrain instrumental (mouah!), confectionné avec des crissements et un motif sonique malingre qui propose quelque chose de tout à fait inattendu.

Et ce son... ah cette basse qui se mélange avec la guitare pour croustiller et gargouiller dans les médiums, c'est à vomir de plaisir !

D'ailleurs, comme d'hab' Dale fait du bon job derrière la basse, même si son jeu de batterie de gogol me manque un peu... (Faut avouer que son jeu sur les disques récents est de moins en moins gogol et que ça me chagrine parfois un peu.) … … … si bien que même Dillard se permet de le citer en introduction de ''The Great Good Place'', reprenant à son compte le faux solo de batterie fantôme qui revenait plusieurs fois au cours du H.A.T. précédemment cité, notamment au début de ''Black Stooges'' !

(Z'avez vu un peu la cohésion de ces foutues chroniques ?!? Tout est lié, putain, lié !)

Je disais sur son dernier album solo que Buzzo montait dans les aigus comme jamais, mais l'excellente et groovy ''Caddy Daddy'' le voit rechopper de la hauteur surprenante, au beau milieu de ces tirés de cordes de maboul qui ajoutent une couche de bêbêtes démoniaques sans lesquelles le morceau serait bien plus terne.

''Hot Fish'' me paraît être la même version que celle sur leur formidable EP avec Flipper, ou alors ils l'ont scrupuleusement réenregistrée note-à-note. Mais j'en doute. On s'en fout. Ce morceau perforant n'en est pas moins génial, prouvant encore une fois que les Melvins ont absolument et totalement compris le délire de Flipper et dépassent de très loin la singerie pour faire le plus bel hommage qui soit : l'appropriation pure et simple.

 

En fait, tout est bien bondage et cohérent dans ce disque, contrairement à ce que pourraient croire les crédules qui ont tort. Les trois reprises rétros cernent le disque au cœur d'un délire « Retour Vers Le Futur », une version du film où Biff aurait gagné et se baladerait dans la DeLorean pour foutre le bordel dans les paradoxes. Ce disque en serait la bande-son évolutive au gré des époques perturbées et déformées. Années 50, 80, 60, X10, X53, 90... Et tout mélangé !

Sinon, vous aurez compris que les clins d’œil et les blagues privées fusent mais on ne se sent pas pour autant comme des intrus à une fête de mariage. Non : c'est carrément les mariés et leurs potes d'enfance qui détruisent tout dans la salle, aspergeant de neige carbonique murs et plafonds, fracassant leurs canettes dans les fenêtres et terrorisant tout ce qui n'est pas eux en se marrant comme des baleines.

_ Bon... on va p't'être vous laisser quand-même, hein, à la prochaine ! (Chérie !, vite on s'en va ! Et ma puce : n'écoute pas ce qu'ils disent, bouche-toi les oreilles !)

_ Mais Papa pourquoi ils t'ont appelé Gepetto quand ils t'ont demandé de rester pour euh... couper le bar avec la tronçonneuse ?

_ Oh c'est rien ma fille, Gepeto, c'était mon surnom quand j'étais jeune, (fais pas attention à eux).

_ C'était vraiment tes amis, papa ?

_ Euh, oui, oui, (c'était).

_ Ils sont rigolos.

_ … … … !

photo de El Gep
le 05/05/2021

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 05/05/2021 à 11:44:45

Ça fait plaisir de retrouver ce vieux Gepetto !!!!!
Et oui: Margoth reviens-nous!

el gep

el gep le 05/05/2021 à 13:12:32

GepeTo, un seul T, c'est très très important!
Hmpf, ça me manque ces conneries (pas Margoth, enfin si, mais euh, bref).

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