Melvins + Mike & The Melvins - Three Men And A Baby

Melvins + Mike & The Melvins - "Three Men And A Baby"
chronique Melvins + Mike & The Melvins - Three Men And A Baby

CANADA BUZZ HAS A WAY OF SEEING THROUGH MY EYES

Pour une vraie-fausse discographie des MELVINS - Chapitre 58 -

Pour tenter d'approcher une vague compréhension de l'obsession chronique à l'origine de ces textes vaniteux, se référer à l'introduction du chapitre 1...


 

Oh ça alors ! Encore une sous-formation-déclinaison des Melvins ! Après Melvins Lite (là-bas), Melvins 1983 ( ou ) ou le Fantômas Melvins Big Band (ici, Milord!)!!! Après les affectueusement renommés « Jelvins » Melvins with Jello Biafra (ici et ici, bon chien-chien) ou le terrifiant Melvins/Lustmord (ici, damn' it !). J'en passe et j'en oublie certainement.

Ce que je vais passer et vous épargner pour le coup, c'est le paragraphe d'introduction sur l'hhhhHHHistoire du disque, puisque de toute manière tout le monde a copié-collé la bio partout sur le net. Pas dur à retrouver, hein... Y'a Mike Kunka de Godheadsilo et ça devait sortir en 1999 mais ça sort maintenant seulement. Yallah, ça ira bien comme ça, ça suffit.

 

Mais le truc, justement, c'est que les Melvins sortaient de l'enregistrement de leur dantesque TRI - LOGIE, donc on se prépare sans faire gaffe au meilleur, alors que, tout comme d'autres affres telles que Everybody Loves Sausages ou justement The Crybaby, il s'agissait surtout d'une récréation entre amis.

 

Et ça se sent un peu, mon neveu.

 

Non ce n'est pas un putain de chef d’œuvre de niqués, avec l'univers torturé et noisy de Godheadsilo (c'était du bon!) qui se retrouve pris en rebonds entre deux raquettes-totems Melvinsiennes. A dire vrai ça sent souvent le bœuf.

Spécialement « Art School Fight Song » qui fera bien ricaner les grindeurs, « A Friend In Need Is A Friend You Don't Need » (indeed!) qui place un solo de batterie à l'ancienne avec un faux public et Mike Kunka qui fait le martial en racontant n'importe quoi (« I'd divorced you if you had insisted »!) ou une reprise carbone du « Annalisa » de PIL.

 

Il y a de bons morceaux... mais qui ne le sont pas totalement, comme « Limited Teeth », transcription musicale d'un petit bonhomme effrayé qui courrait affolé en mettant des petits coups de poings à des trucs pas clairs qui voleraient vers lui. Mais le bousin est un peu défiguré par un break genre « Le Metal pour les Nuls ». Dommage ! Et bien trop facile pour des mecs de cette trempe. Il y a aussi un titre Hip-Hop, ou presque, qui semble faire la nique à quiconque attendrait quoi que ce soit de profond ou d'abouti de cette collaboration. King Buzzo entonne à nouveau son chant de Chucky et on rigole bien pendant deux minutes, cela dit. Rire frigorifique car Buzzo sait s'y pendre dans les atermoiements de serial killer pour nous faire passer un mauvais quart d'heure. Dale Crover, lui, chante tout le long de « Lifestyle Hammer », titre psychédélique millésime 1968 beaucoup trop court, avec une voix de fausset doucereuse et traînante du plus bel effet, ainsi que sur « Bummer Conversation » où on se croirait dans Altamont, sauf que c'est un morceau Noise-Rock avec un refrain Nirvanesque. Traduction : un refrain un peu chiant. On notera des guitares – rares dans le disque puisqu'il y a trois basses à la place – qui font leur « Manky » ou « See How Pretty, See How Smart ».

 

Donc ouais, il y a de la bizarrerie aussi. Étonnant, non ? Et de la bonne ! Quasiment toutes les voix sont sous effets ou doublées légèrement décalées à la Megan Michèle styley. Version light, quand elles susurrent leurs insultes avec les voix de ta mère et de ta sœur en guise de Sweet Summer Megamix 666. Tout Three Men And A Baby a bien un bon enrobage psychédélique un peu malsain. Et surtout y'a leur bassiste de l'époque, le sur-déglingué Kevin Rutmanis qui jouait à coups de bottleneck sur sa basse et se déhanchait comme un poulet bouffé de l'intérieur par un serpent. Là il commet l'irréparable avec peut-être le meilleur morceau du disque, le très éthylique « A Dead Pile Of Worthless Junk », qu'il chante et a très certainement composé. Blues/Berceuse à Boire qui utilise le fameux décalage des double voix à des fins de représentativité schizoïde. Et la ligne de basse de « Dead Canaries », miam !, j'ai chié dans la bassine, puis j'ai vomi et j'ai mangé et je sais plus dans quel ordre ! Ma ! « Pound The Giants » est une humble ode Metal/Rock aux géants verts sous acides, avec des voix outrées qui symbolisent bien les géants. Et une signature rythmique dans le break qui démonte tes articulations de poulet, complètement casse-gueule. Mais bon, cette dernière n'est pas très mémorable : une fois les champignons déjectés on ne se rappellera pas grand chose. Sauf qu'ils avaient vraiment de très très gros pieux, les géants. Pic-nique !

 

Et enfin il y a juste du bon, comme le premier titre, qui me faisait « mouaif... » au début et qui en fait s'installe et se love dans mon petit cœur comme une ritournelle imparable. Kunka sonne souvent comme un Perry Farrell version canard, c'est touchant. Tout comme l'utilisation du triangle. Discrète, ouaip, forcément. Y'a de la subtilité dans les sous-couches du mix, des petits sons rampants en spirales, hélicoïdaux, des petits trucs pas droits, comme un coït dans un hélicoptère en rade, et ce tout le long du disque. De la finesse dans le bizarre qui compense un peu les compos parfois éventuellement torchées trop vite - ou trop bœufs, disais-je... Ainsi « Read The Label (It's Chili) » est un régal, rayon voix de grues démoniaques qui voient double. Ambiance poisseuse qui fait des bulles. Dénote aussi positivement « Gravel », avec des petits airs de Fœtus, non ?
Ah bon...

 

Voilà, voilà.

Ah bah la conclusion tu la veux ? Du bon et du moins bon, hé ducon !

 

 

Arf.

J'attends impatiemment Basses Loaded qui sera au moins un cran au-dessus d'après ce que j'en ai entendu, mais on verra bien en temps et en heure. Mais cette question me tripatouille : quand vont-ils ressortir un GRAND album ? Y'en a eu des bons, Tres Cabrones, Hold It In, des EPees cools, The Bulls and The Bees, mais rien de vraiment totalement scotchant depuis Nude With Boots... Les méchants diront depuis H.A.T., mais ils ont tort – et ils sont méchants.

Moi j'ai raison – et je suis gentil.

Tellement gentil, que hop, petit remerciement au passage : merci pour le VRAI disque reçu dans ma boîte, les gens de PIAS France, ça fait plaisir. Y'en a marre des liens pour écouter et se casser le scrotum à écrire des billevesées.

D'ailleurs... moi aussi j'envoie des VRAIS disques.

photo de El Gep
le 18/04/2016

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